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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2305970

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2305970

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2305970
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantNAVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 juin 2023, 27 mars 2024 et 8 avril 2024, Mme A C, représenté par Me Navy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le titre de séjour sollicité, et à défaut de réexaminer sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Navy, avocat de Mme C, de la somme de 1 500 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne toutes les décisions :

- elles ont été édictées par une autorité incompétente

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à défaut de dérogation à l'obligation de visa de long séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 233-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à l'objectif poursuivi par la décision ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que, au regard des préconisations de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 du Parlement européen et du Conseil, l'autorité préfectorale se devait de lui octroyer un délai supérieur à trente jours ou, à tout le moins, d'examiner cette possibilité ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 13 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 avril 2024.

Un mémoire produit pour Mme C a été enregistré le 29 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Jaur a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante tunisienne, née le 20 septembre 1996 à El Hamma (Tunisie) est entrée en France le 16 décembre 2014 sous couvert d'un visa court séjour. Par courrier du 14 avril 2023, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, à titre principal portant la mention " vie privée et familiale " et à titre subsidiaire, en qualité d'étudiant. Par arrêté du 31 mai 2023, dont Mme C demande l'annulation, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

2. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par arrêté du 14 avril 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département n° 92 du même jour, le préfet du Nord a donné délégation à M. B D, adjoint à la cheffe du contentieux et du droit des étrangers, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

3. En premier lieu, la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour mentionne les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord n'ait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme C avant de prendre la décision attaquée.

5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ".

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. " L'article L. 422-1 du même code dispose : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an./ En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".

7. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'en cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, le préfet peut délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " à un étranger entré régulièrement sur le territoire français, alors même que ce dernier ne justifie pas avoir bénéficié du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est toutefois pas tenu, en l'absence de demande en ce sens de l'étranger, d'examiner d'office si celui-ci remplit les conditions pour bénéficier d'une telle dérogation. Le juge de l'excès de pouvoir exerce, sur la décision de refuser le bénéfice de la dérogation, un contrôle restreint à l'erreur manifeste d'appréciation.

8. D'une part, alors qu'il est constant que Mme C n'est pas entrée sur le territoire français sous couvert d'un visa de long séjour pour études et qu'elle n'en était pas davantage détentrice à la date à laquelle elle a présenté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, le 14 avril 2023, elle n'établit pas non plus avoir alors sollicité le bénéfice d'une dérogation et exposé les motifs susceptibles de la justifier. Il s'ensuit qu'en vertu des principes rappelés au point précédent, le préfet du Nord n'était pas tenu d'examiner d'office si elle remplissait les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article L. 422-1 pour en bénéficier. Il ressort en tout état de cause des termes mêmes de l'arrêté du 31 mai 2023, que le préfet du Nord, préalablement au prononcé des décisions attaquées, a pris en compte les conditions d'entrée et de séjour de l'intéressée en France, sa situation familiale sur le territoire et dans son pays d'origine mais aussi les conséquences que le délai nécessaire à la délivrance d'un visa de long séjour pourrait avoir sur les projets de l'intéressée, à l'encontre de laquelle il n'a au demeurant pas prononcé d'interdiction de retour sur le territoire français.

9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, si Mme C est entrée régulièrement en France en septembre 2014, elle s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire, en détournant l'objet du visa de court séjour qui lui avait été délivré. Par ailleurs, même si elle poursuit une scolarité en France : elle a obtenu un brevet d'études professionnelles " métiers des services administratifs " en 2017, un baccalauréat professionnel " gestion administration " avec mention assez bien en 2018, un DUT " gestion des entreprises et des administrations " en 2021, une licence professionnelle " collaborateur social et paie " en 2022 et justifiait d'une inscription en troisième année de licence parcours économie et management des entreprises en 2023, à la date de la décision attaquée et que depuis, elle a obtenu ce diplôme, elle était inscrite en Master " Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation " second degré Sciences économiques et sociales en 2023-2024 et produit un avis favorable d'admission au Groupe GEMA - ESI Business School pour l'année 2024-2025 et qu'elle démontre aussi, par la production de son compte-rendu de stage et des lettres de recommandation de ses professeurs, son assiduité et son sérieux dans ses études, elle n'établit pas que ce cursus ne pourrait pas être poursuivi dans son pays d'origine et conduire à la délivrance d'un diplôme équivalent au diplôme qu'elle préparait jusqu'alors en France. Également, elle se déclare célibataire et sans charge de famille. Elle se prévaut de son hébergement chez son oncle maternel de nationalité allemande qui la prend en charge financièrement, sa tante et ses cousins depuis qu'elle a 18 ans, de la présence également de plusieurs oncles, tantes et cousins sur le territoire national, d'un stage réalisé dans le cadre de son cursus, d'un emploi d'été en tant que secrétaire de direction et d'avoir suivi une initiation aux premiers secours auprès de la Croix rouge. Pour autant, elle ne serait pas isolée dans son pays d'origine où résident toujours son père, sa mère, sa sœur et son frère.

10. Dans ces conditions, en opposant à Mme C, pour lui refuser la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", la circonstance qu'elle ne présentait pas le visa de long séjour pour études requis et en s'abstenant de lui permettre de déroger en l'espèce à cette condition, le préfet du Nord n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, ni méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / () ".

12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

13. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L.233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. Il en va de même pour les ressortissants de pays tiers, conjoints ou descendants directs à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées au 3° de l'article L. 233-1. ". Aux termes de l'article L. 233-3 du même code : " Les ressortissants étrangers mentionnés à l'article L. 200-5 peuvent se voir reconnaître le droit de séjourner sur l'ensemble du territoire français pour une durée supérieure à trois mois dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 233-2 ". Aux termes de l'article L. 200-5 du même code : " Par étranger entretenant des liens privés et familiaux avec un citoyen de l'Union européenne on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, ne relevant pas de l'article L. 200-4 et qui, sous réserve de l'examen de sa situation personnelle, relève d'une des situations suivantes : / 1° Étranger qui est, dans le pays de provenance, membre de famille à charge ou faisant partie du ménage d'un citoyen de l'Union européenne ; / 2° Étranger dont le citoyen de l'Union européenne, avec lequel il a un lien de parenté, doit nécessairement et personnellement s'occuper pour des raisons de santé graves ; / 3° Étranger qui atteste de liens privés et familiaux durables, autres que matrimoniaux, avec un citoyen de l'Union européenne ".

14. Mme C se prévaut de son hébergement chez son oncle maternel de nationalité allemande qui la prend en charge financièrement, sa tante et ses cousins depuis qu'elle a 18 ans. Au soutien de sa requête, elle produit une attestation de cet oncle s'engageant à s'occuper de ses besoins financiers jusqu'à la fin de ses études, des bulletins de paie et l'avis d'imposition de ce dernier. Ces éléments ne permettent pas à eux seuls d'établir la réalité de liens privés et familiaux durables, autres que matrimoniaux, avec un citoyen de l'Union européenne de Mme C. Dans ces circonstances, la requérante, qui en outre ne justifie pas avoir présenté une demande de titre de séjour sur ce fondement, n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Nord aurait méconnu les dispositions citées au point précédent.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté.

16. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 14 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision de refus de titre de Mme C, doit être écarté.

17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation eu égard à l'objectif poursuivi par la décision et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire :

18. En premier lieu, la décision octroyant un délai de départ volontaire mentionne les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté.

19. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 et 15 à 17 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

20. En dernier lieu, aux termes du deuxième paragraphe de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 : " Si nécessaire, les États membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux ".

21. En se bornant à soutenir que le préfet aurait dû prendre en considération sa scolarité et de son temps de présence depuis près de neuf ans sur le territoire national, Mme C, qui a disposé d'un délai de départ volontaire de trente jours pour quitter le territoire français, ne se prévaut d'aucune circonstance de nature à justifier l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

22. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 et 15 à 17 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

23. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

24. En se bornant à soutenir qu'elle encourt des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, Mme C n'assortit pas le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

25. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mai 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que par voie de voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'elle a présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Jaur, première conseillère,

- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.

La rapporteure,

Signé

A. JaurLe président,

Signé

J.-M. RiouLe président,

La greffière,

Signé

S. Ranwez

La greffière,

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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