mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2306115 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LOKAMBA OMBA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 et le 6 juillet 2023, M. F B, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
2°) de procéder sans délai au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, et ce sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît le principe du droit à être entendu ;
- elle méconnaît le droit à demander l'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français et une décision de refus de délai de départ volontaire elles-mêmes illégales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Des pièces, présentées par le préfet du Pas-de-Calais, ont été enregistrées le 5 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bergerat en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bergerat, magistrate désignée ;
- les observations de Me Lokamba Omba, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Capuano, représentant le préfet du Pas-de-Calais, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- les observations de M. B, assisté de Mme D, interprète assermentée en langue turque, qui répond aux questions posées par le tribunal.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc né le 10 mai 1982, demande l'annulation de l'arrêté du 3 juillet 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées ;
2. Par un arrêté du 10 août 2022, publié le même jour au recueil spécial n° 97 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. A C, chef du bureau de l'éloignement et adjoint au directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français ;
3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne avec suffisamment de précisions les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
5. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
6. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police le 3 juillet 2023, le requérant a été invité à présenter ses observations sur la perspective de son éloignement du territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Pas-de-Calais aurait méconnu le droit de M. B d'être entendu doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande (). ". En outre, aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " L'enregistrement a lieu au plus tard trois jours ouvrés après la présentation de la demande d'asile à l'autorité administrative compétente () ". L'article L. 521-7 de ce code précise que : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile () La délivrance de cette attestation ne peut être refusée au motif que l'étranger est démuni des documents et visas mentionnés à l'article L 311-1. Elle ne peut être refusée que dans les cas prévus aux c ou d du 2° de l'article L. 542-2. ". Aux termes de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin et l'attestation de demande d'asile peut être refusée () lorsque : / () / 2° Lorsque le demandeur : / () / c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; / d) fait l'objet d'une décision définitive d'extradition vers un Etat autre que son pays d'origine ou d'une décision de remise sur le fondement d'un mandat d'arrêt européen ou d'une demande de remise par une cour pénale internationale. () ". Aux termes de l'article R. 521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger se présente en personne auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, des services de police ou de gendarmerie ou de l'administration pénitentiaire, en vue de demander l'asile, il est orienté vers l'autorité compétente. () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police, le 3 juillet 2023, M. B a indiqué qu'il a quitté la Turquie en raison d'un " problème politique " mais n'a fait état, contrairement à ses allégations, d'aucune crainte particulière ou volonté de solliciter une protection internationale. Par suite, il ne peut être regardé comme ayant sollicité l'asile lors de son interpellation. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 521-1, L. 521-7, L. 542-2 et R. 521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, le préfet du Pas-de-Calais aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre le refus de délai de départ volontaire ;
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
10. En second lieu, s'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ne s'est pas soustrait de façon intentionnelle à une décision de l'autorité administrative, il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et ne justifie pas de garanties de représentation suffisantes. Dans ces conditions, le préfet du Pas-de-Calais pouvait légalement refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination ;
11. En premier lieu, la décision attaquée mentionne avec suffisamment de précisions les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
14. D'une part, il ressort des sources publiques que depuis la rupture du processus de paix entre le PKK et le gouvernement turc en juillet 2015, les militants kurdes et ceux assimilés comme tels sont victimes d'une violente répression de la part des autorités. Cette répression s'est considérablement durcie depuis la tentative de coup d'État de juillet 2016, comme le rappelle notamment le " 2020 Country Reports on Human Rights Practices: Turkey " du Département d'État américain publié le 30 mars 2021. Le Home Office britannique dans sa " Country Policy and Information Note - Turkey : Kurds " de février 2020 relève par ailleurs qu'au-delà de l'expression politique des problématiques propres à la nation kurde, l'expression culturelle kurde fait l'objet d'interférences étatiques régulières. La continuation et l'aggravation de la persécution des personnes kurdes identifiées comme étant politisées ou s'opposant à la politique du régime turc conduisent à considérer que des craintes en cas de retour peuvent exister actuellement pour des personnes amenées à retourner en Turquie qui ont entretenu une activité politique ou d'opposition. À plus forte raison, selon le rapport " Turkey: Kurds, the HDP and the PKK " publié en octobre 2019 ou la " Country Policy and Information Note - Turkey : Kurdistan workers party (PKK) " de février 2020 du Home Office, les membres et anciens membres du PKK sont maintenus sous surveillance informatique par les autorités turques et peuvent facilement être repérés et subir une arrestation arbitraire en cas de retour. Human Rights Watch, dans le chapitre " Turkey Events of 2019 " du World Report 2020 rappelle l'incarcération de plusieurs milliers de citoyens d'origine kurde accusés d'avoir entretenu des liens avec le PKK.
15. D'autre part, le rapport de la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe du 19 février 2020, faisant suite à sa visite en Turquie du 1er au 5 juillet 2019, ou les rapports annuels publiés en 2021 par les organisations non-gouvernementales (ONG) Human Rights Watch et Amnesty International soulignent la dégradation continue de l'État de droit, avec notamment la subordination du système judiciaire turque au gouvernement et à la volonté politique du président Erdogan. Il ressort aussi du rapport de la Commission européenne publié le 6 octobre 2020 et intitulé " Turkey Report, 2020, Communication on EU Enlargement Policy " ou encore de la note du Home Office britannique, datant de mars 2020 et intitulée " Country Policy and Information Note Turkey : Peoples' Democratic Party (HDP) " que la situation de l'indépendance de la Justice est très fortement dégradée en Turquie. Ces sources font ainsi état d'une large surveillance de la population par les autorités, d'arrestations arbitraires et du recours fréquent à des lois supposées anti-terroristes ou à des mesures de maintien de l'ordre public aux fins de mieux contrôler les opposants au régime ou les groupes considérés comme tels. De même, le rapport du Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, du 8 juillet 2019 sur la Turquie fait état de défaillances graves du système judiciaire turque et indique que " La Turquie doit mettre fin à l'arbitraire dans le système judiciaire et protéger les défenseurs des droits de l'homme ". Le rapport observe notamment que " les garanties et procédures entourant normalement la destitution, le recrutement et la nomination des juges et des procureurs ont toutes été suspendues " depuis la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016 ce qui place la Turquie " en claire contradiction avec les normes du Conseil de l'Europe ". Le rapport du Conseil de l'Europe ajoute que " la tendance du système judiciaire turc à placer la protection de l'État au-dessus de la protection des droits de l'homme s'est nettement renforcée et la procédure pénale semble n'être souvent qu'une formalité, en particulier dans les affaires de terrorisme ". La Commissaire indique que " les lois turques donnent une définition excessivement large du terrorisme et de l'appartenance à une organisation criminelle, et que les magistrats ont tendance à interpréter ces dispositions d'une manière qui étend encore leur champ d'application, comme la Cour européenne des droits de l'homme l'a constaté dans de nombreux arrêts " et que " les procureurs, et de plus en plus souvent aussi les juges, considèrent des déclarations et des actes légaux et pacifiques bénéficiant de la protection de la Convention européenne des droits de l'homme comme des preuves d'activités criminelles, sans essayer de trouver un équilibre entre la nécessité d'écarter les menaces censées peser sur la sécurité et la nécessité de préserver les droits de l'homme ".
16. Il ressort des pièces du dossier, notamment des pièces produites par l'intéressé, non contestées en défense, traduites en français et relatives aux poursuites judiciaires dont M. B fait l'objet en Turquie, qu'il est membre " actif " du " People's Democratic Party " connu sous le nom E ", parti issu du mouvement politique kurde, qu'il est visé par une mesure de perquisition et qu'il est sous mandat d'arrestation du 25 juin 2023 pour participation à une organisation terroriste armée et pour propagande. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 14 et 15, M. B doit être regardé comme établissant être personnellement et actuellement exposé au risque de subir dans son pays d'origine des traitements prohibés par les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, il est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle fixe la Turquie comme pays de destination.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". En outre, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
18. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
19. La décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a fait interdiction à M. B de revenir sur le territoire français, pour une durée d'un an, mentionne les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et atteste de ce que l'ensemble des critères énoncés par ces dispositions a été pris en compte. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
20. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et du refus de délai de départ volontaire doit être écarté.
21. En dernier lieu, si les craintes de M. B en cas de retour en Turquie font obstacle à ce qu'il soit éloigné à destination de ce pays, elles ne sauraient constituer des circonstances humanitaires justifiant qu'une interdiction de retour sur le territoire français ne soit pas prononcée à son encontre. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 juillet 2023 du préfet du Pas-de-Calais est annulé en tant qu'il fixe la Turquie, pays dont il a la nationalité, comme pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
23. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de M. B à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 juillet 2023 du préfet du Pas-de-Calais est annulé en tant qu'il fixe la Turquie, pays dont M. B a la nationalité, comme pays de destination.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au préfet du Pas-de-Calais.
Lu en audience publique le 12 juillet 2023.
La magistrate désignée
Signé
S. BERGERAT
La greffière,
Signé
N. CARPENTIER
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026