mercredi 3 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2306281 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | MAYOMBO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 8 juillet 2023, M. C A D, représenté par Me Mayombo, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 13 juin 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder à un nouvel examen de sa demande dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens de l'instance ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Mayombo, avocat de M. A D, de la somme de 1 500 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'opportunité de son admission exceptionnelle au séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2023, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 25 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le
26 janvier 1990 ;
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République gabonaise relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au codéveloppement, signé le 5 juillet 2007 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fougères,
- et les observations de Me Mayombo, représentant M. A C D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, ressortissant gabonais né le 6 avril 1990 à Mouila (Gabon) et déclarant être entré sur le territoire français le 21 novembre 2019 sous couvert d'un visa de court séjour valable 90 jours, a présenté le 26 septembre 2022 une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 13 juin 2023, le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. A D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation des trois décisions contestées :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. A D, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles sont fondées les décisions qu'il comporte, de manière suffisamment circonstanciée pour, d'une part, mettre l'intéressé en mesure d'en discuter utilement les motifs et, d'autre part, permettre au juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant refus de séjour doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A D avant d'adopter les décisions attaquées.
4. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. D'autre part, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A D a séjourné en France de septembre 2009 à juin 2016, travaillant comme footballeur professionnel pour le Football Club de Metz, puis pour l'Union sportive Jeanne d'Arc Carquefou Football et pour le Football Club d'Istres Ouest Provence avant de quitter le territoire national pour mener sa carrière à l'étranger. Il est revenu en France le 21 novembre 2019 mais il reconnaît, aux termes de son recours gracieux, avoir de nouveau quitté le territoire national fin 2020, pour garder une condition physique dans un contexte où les compétitions en France étaient interrompues du fait de la pandémie liée au COVID-19. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A D serait dépourvu de famille au Gabon, où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 19 ans. Son passeport témoigne de plusieurs séjours au Gabon, son pays d'origine, et au Mali. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré pour la dernière fois en France le 26 juillet 2021 sous couvert d'un visa de court séjour expirant le 11 août 2021. M. A D s'est ainsi maintenu en situation irrégulière sur le territoire postérieurement à cette dernière date, et pendant plus d'un an, ne sollicitant la régularisation de sa situation administrative que le 26 septembre 2022. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le requérant a conclu un pacte civil de solidarité, enregistré le 17 septembre 2021 à la mairie d'Angres, avec Mme B E, ressortissante gabonaise née le 6 août 1995, titulaire d'un titre de séjour portant la mention " salariée " expirant, à la date de la décision attaquée, le 24 août 2023. De sa relation avec Mme E sont issus deux enfants : Kaylin, F A D, né le 13 avril 2017 à Paris et reconnu par ses deux parents, et Enhora, Tahira A D, née le 22 décembre 2021, également reconnue par ses deux parents. Il ressort des propres écritures du requérant que ses deux enfants n'ont jamais vécu ailleurs qu'en France, ce qui implique qu'ils ont subi des périodes de séparation lors des longs séjours de leur père à l'étranger. M. A D, qui ne produit au soutien de sa requête aucune attestation justifiant un lien familial ou amical d'une particulière intensité sur le territoire français, en particulier quant à la stabilité de sa relation avec Mme E, ne démontre pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Enfin, à la date de la décision contestée, M. A D ne justifie, en dépit d'un contrat d'apprentissage conclu le 5 août 2021 et devant s'achever le 28 avril 2023, d'aucune insertion professionnelle en France. Dans ces circonstances, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels il a été pris, ni à soutenir que cet arrêté porterait atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations de l'article du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A D n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 13 juin 2023. Sa requête doit donc être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction, d'application au profit de son conseil des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et celles relatives aux dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A D, à Me Mayombo et au préfet du Pas-de-Calais.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
V. FOUGERES
Le président,
signé
J.-M. RIOULa greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026