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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2306870

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2306870

jeudi 10 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2306870
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCLEMENT D'ARMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 et 31 juillet 2023, M. D B, représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord a décidé de son transfert aux autorités bulgares ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, d'enregistrer sa demande d'asile en procédure dite " normale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;

4°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) en cas de refus d'admission ou de renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 3 paragraphe 2 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, de l'article 21 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Des pièces, enregistrées le 27 juillet 2023, ont été produites par le préfet du Nord.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. Bourgau en application de l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bourgau, magistrat désigné ;

- M. B n'étant ni présent, ni représenté ;

- le préfet du Nord n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant afghan né le 1er février 2004 à Nangarhâr (Afghanistan), est entré irrégulièrement en France le 25 mai 2023. Il s'est présenté à la préfecture du Nord le 7 juin 2023 afin de solliciter le statut de réfugié. Le préfet du Nord, après avoir constaté que ses empreintes décadactylaires ont été enregistrées lors de sa demande d'asile en Bulgarie le 3 mai 2023 et en Autriche le 21 mai 2023 et obtenu un accord explicite de prise en charge du requérant le 14 juin 2023, a décidé son transfert, par la décision contestée, aux autorités bulgares.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président./ () ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 14 avril 2023, publié le même jour au recueil n° 92 des actes administratifs de la préfecture du Nord, le préfet du Nord a donné délégation à Mme A C, cheffe du bureau de l'asile, à l'effet de signer, en particulier, la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée manque en fait et doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle vise notamment les règlements n° 603/2013 et n° 604/2013 du 26 juin 2013, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles L. 571-1 et L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet mentionne que M. B a été identifié dans la base Eurodac lors de l'enregistrement de sa demande d'asile en Bulgarie le 3 mai 2023, puis en Autriche le 21 mai 2023. Le préfet indique que la Bulgarie, premier État membre traversé par le requérant et dans lequel il a présenté demande d'asile, est responsable du traitement de sa demande d'asile en application des dispositions des articles 3, 18.1.b et 23 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Le préfet indique que le 14 juin 2023, la Bulgarie a donné son accord explicite pour assumer ses obligations. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable./ 2. Lorsque aucun État membre responsable ne peut être désigné sur la base des critères énumérés dans le présent règlement, le premier État membre auprès duquel la demande de protection internationale a été introduite est responsable de l'examen./ Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable./ Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable./ () "

7. La Bulgarie étant membre de l'Union Européenne et partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de la convention de Genève ainsi qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette présomption est toutefois réfragable lorsqu'il y a lieu de craindre qu'il existe des défaillances systémiques de la procédure d'asile et des conditions d'accueil des demandeurs d'asile dans l'État membre responsable, impliquant un traitement inhumain ou dégradant. Dans cette hypothèse, il appartient à l'administration d'apprécier dans chaque cas, au vu des pièces qui lui sont soumises et sous le contrôle du juge, si les conditions dans lesquelles un dossier particulier est traité par les autorités répondent à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile.

8. D'une part, si M. B soutient qu'il existe une incapacité des institutions bulgares à traiter les demandeurs d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le droit d'asile, s'appuyant sur la mise en demeure que la Commission européenne a adressée aux autorités bulgares le 8 novembre 2018 sur le fondement de l'article 258 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, sur un rapport du Conseil de l'Europe du 13 avril 2018, sur des rapports d'Amnesty international publiés en 2017/2018 et en 2021, sur des articles de presse publiés entre 2013 et 2018 ainsi que sur de précédentes décisions de justice annulant des décisions de transfert vers la Bulgarie, ces éléments ne suffisent pas à établir que la situation générale qui y règne, ni que l'organisation mise en place par les autorités bulgares ne permettraient pas d'assurer, à la date à laquelle l'arrêté en litige a été pris, un niveau de protection suffisant aux demandeurs d'asile. S'il se prévaut également du très fort taux de rejet des demandes d'asile des ressortissants afghans dans cet Etat, cette seule donnée, alors que le traitement de la demande d'asile est, par nature, casuistique, n'est pas de nature à caractériser une défaillance systémique des autorités bulgares dans le traitement de la demande d'asile afghane. D'autre part, la demande d'asile de M. B a pu être enregistrée en Bulgarie. S'il soutient que cet enregistrement aurait été opéré de force, après des mauvais traitements de la part des autorités bulgares et ce sans qu'il bénéficie d'un interprète, d'une assistance juridique ou soit informé ni de la procédure qui s'ensuivrait, ni de ses suites, ces simples affirmations, qui ne sont étayées par aucune pièce et dont la véracité n'a pu être vérifiée en l'absence du requérant à l'audience, ne peuvent être tenues pour établies. Et les autorités bulgares ont accepté par un accord explicite de prendre en charge le requérant. Ainsi, il ne ressort des pièces du dossier ni que la demande d'asile de M. B ne serait pas traitée par les autorités bulgares dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'il existe un risque réel et avéré que le requérant subisse des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Bulgarie. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions du paragraphe du 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article 29 du règlement n° 603/2013 (UE) : " 1. Toute personne relevant de l'article 9, paragraphe 1, de l'article 14, paragraphe 1, ou de l'article 17, paragraphe 1, est informée par l'État membre d'origine par écrit et, si nécessaire, oralement, dans une langue qu'elle comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend :/ () b) de la raison pour laquelle ses données vont être traitées par Eurodac, y compris une description des objectifs du règlement (UE) n o 604/2013, conformément à l'article 4 dudit règlement, et des explications, sous une forme intelligible, dans un langage clair et simple, quant au fait que les États membres et Europol peuvent avoir accès à Eurodac à des fins répressives ;/ () ". Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par les dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile concernés.

10. Par ailleurs, aux termes de l'article 21 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, les personnes vulnérables sont notamment " les mineurs, les mineurs non accompagnés, les handicapés, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes ayant des maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes ayant subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, par exemple les victimes de mutilation génitale féminine. ".

11. M. B, entré sur le territoire français le 25 mai 2023, soit moins de deux mois avant la décision attaquée, se déclare célibataire, sans charge de famille en France et n'y justifie par ailleurs d'aucune situation stable. S'il soutient n'avoir reçu en Bulgarie aucune explication sur la raison pour laquelle ses données allaient être traitées par Eurodac, aucune description des objectifs du règlement (UE) n° 603/2013 ni explications quant au fait que les Etats membres et Europol pouvaient avoir accès à Eurodac à des fins répressives et s'il se prévaut également de violences subies en Afghanistan et d'un parcours migratoire difficile, il ne produit aucun élément au soutien de ces allégations. Dès lors, et compte tenu de ce qui a été dit au point 8, le préfet du Nord, qui, ainsi qu'il ressort des énonciations de l'arrêté contesté, a examiné s'il y avait lieu de faire application des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, n'en a pas méconnu les dispositions en estimant que la situation de l'intéressé ne justifiait pas de conserver l'examen de sa demande d'asile. Par suite, les moyens tirés de la violation des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, de l'article 29 du règlement (UE) n° 630/2013 du 26 juin 2013, de l'article 21 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 et des stipulations des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par les dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile concernés.

13. M. B se prévaut de la présence en France de son cousin, titulaire d'une carte de résident en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire et d'une attestation d'hébergement de ce dernier. Toutefois, d'une part, il ne produit aucun élément attestant de l'intensité des liens qui le lient à son cousin. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le requérant était hébergé par une association à la date de la décision attaquée et que l'attestation d'hébergement par son cousin a été établie postérieurement à l'arrêté attaqué. Dès lors, et compte tenu de ce qui a été dit au point 11, la décision contestée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement n° 604/2013 et n'a pas porté au respect du droit à la vie privée et familiale de M. B une atteinte disproportionnée au regard des objectifs poursuivis. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 17 du règlement n° 604/2013 (UE) du 23 juin 2013, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

14. En sixième et dernier lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités bulgares. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet du Nord et à Me Clément.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 août 2023.

Le magistrat,

signé

T. BOURGAULa greffière,

signé

O. DEBUISSY

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2306870

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