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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2306945

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2306945

mercredi 2 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2306945
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantNAMIGOHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 juillet 2023 et le 2 août 2023, M. E B, représenté par Me Namigohar demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de procéder à u nouvel examen de sa situation ;

4°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à l'effacement aux fin de non admission sans le système d'information Schengen à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.

M. B soutient que :

- La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est illégale à raison de l'illégalité de la décision du 27 juillet 2023 portant refus de titre de séjour ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 512-1 du code de justice administrative dès lors que l'autorité administrative ne lui aurait pas communiqué l'ensemble des pièces sur la base desquelles elle été prise ;

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- est entachée d'une erreur de fait ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

- La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;

- méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'existe pas de risque de fuite et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

- La décision fixant le pays de renvoi :

- est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

- La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ;

- a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en méconnaissance des dispositions de l'article R. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée et quant aux circonstances humanitaires ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Dang en application de l'article L 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dang, magistrate désignée ;

- les observations de Me Gabory, substituant Me Namigohar, pour le requérant qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens à l'exception des moyens tirés de l'exception d'illégalité tirée de l'illégalité du refus de titre de séjour et du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les observations de Me Salard, représentant le préfet du Nord ;

- et les observations de M. B assisté de M. A, interprète assermenté en langue arabe.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 12 mai 1999, conteste l'arrêté du 27 juillet 2023, par lequel le préfet du nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, lui a interdit le retour sur le territoire français avant l'expiration du délai d'un an et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté du 27 juin 2023, publié le même jour au recueil spécial n° 158 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D C, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, l'ensemble des décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne avec suffisamment de précisions les circonstances de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Ces considérations sont suffisamment développées pour mettre utilement M. B en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

4. En dernier lieu, les irrégularités affectant les conditions de la notification d'une décision administrative, si elles peuvent faire obstacle au déclenchement du délai de recours contentieux, sont, en revanche, sans incidence sur sa légalité. Le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté n'aurait pas été notifié à M. B dans une langue qu'il comprend, ne peut dès lors qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : (..) 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () " Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

6. En premier lieu il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord, qui n'était pas tenu de faire mention de tous les éléments de la vie privée du requérant ne se serait pas livré à un examen approfondi de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. B doit être écarté.

7. Pour soutenir que le préfet du Nord a méconnu les dispositions précitées, M. B soutient que le préfet du Nord ne pouvait prendre à son encontre une mesure d'obligation de quitter le territoire dès lors qu'il remplissait les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, d'une part il ne ressort ni des pièces du dossier ni des débats de l'audience que M. B ait formé le projet de s'établir en France et d'y régulariser sa situation administrative, dès lors, notamment qu'il justifie sa présence en France par la nécessité d'y accomplir des démarches visant notamment à clôturer son compte bancaire avant de regagner l'Espagne. D'autre part, il est constant que M. B dont la dernière entrée en France est extrêmement récente, était démuni de tout document lui permettant d'y séjourner régulièrement, après qu'une mesure portant obligation de quitter le territoire français sans délai a été prise à son encontre le 27 avril 2023. Enfin, si M. B justifie à l'audience de la présence de deux sœurs sur le territoire français dont l'une résidant dans l'Essonne propose de l'héberger, il ressort des pièces du dossier et notamment de ses deux auditions, qu'il a déclaré être sans domicile connu, que sa famille réside au Maroc et qu'il se trouvait à Lille pour récupérer des affaires importantes chez un ami demeurant rue de la Justice à Lille. Dans ces conditions, le préfet a pu prendre une mesure d'obligation de quitter le territoire à son encontre, sans méconnaître les dispositions et stipulations précitées, ni entacher sa décision d'une erreur de fait ou d'une manifeste d'appréciation. Ces moyens doivent être écartés.

8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision de refus d'un délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

10. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : ()/1° L'étranger qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français;/ 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ()/ 8° L'étranger, qui ne présente pas de garanties de représentation suffisantes notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

11. Pour soutenir que le préfet du Nord a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il existe un risque de fuite, M. B soutient avoir exécuté l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre le 27 avril 2023 par le préfet du Nord, qu'il est en possession d'un passeport valide, qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes. Toutefois ainsi qu'il a été dit au point 7 il est constant que M. B est entré sur le territoire français, sans être muni des documents réglementaires et s'y est maintenu sans engager de démarche en vue de régulariser sa situation. Quant aux garanties de représentation dont il se prévaut à l'audience, il n'en avait pas fait mention lors de ces deux auditions par les services de police. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

14. En second lieu, en se bornant à invoquer les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. B n'assortit pas le moyen tiré de leur méconnaissance des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen doit être rejeté.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays de renvoi.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

17. Il ressort de ces dispositions précitées que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

18. Si M. B soutient que le préfet du Nord n'a pas tenu compte de ses attaches familiales sur le territoire, de ses garanties de représentation et qu'il conteste ne pas avoir exécuté une précédente obligation de quitter le territoire, il ressort des termes de l'arrêté contesté que le préfet du Nord a pris en compte les critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il avait connaissance pour fixer la durée de l'interdiction de retour à un an. M. B qui est entré sur le territoire français, sans être muni des documents réglementaires, qui s'y est maintenu sans engager de démarche de régularisation de sa situation ne justifie, a certes quitté le territoire français le 6 juin 2023, avant d'y entrer à nouveau de façon irrégulière. M. B qui ne peut utilement soutenir avoir été privé d'une garantie procédurale en méconnaissance des dispositions des articles R. 511-4 et R. 511-5 n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet du aurait commis une erreur d'appréciation, en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'une année.

19. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celui, tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées en application de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le jugement sera notifié à M. E B, à Me Namigohar et au préfet du Nord.

Prononcé en audience publique le 2 août 2023

La magistrate désignée,

signé

L. DANG Le greffier,

signé

B. NIEUWJAER

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2306945

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