mercredi 2 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2306947 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LUTRAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 juillet 2023 et le 1er août 2023, M. E A B, représenté par Me Lutran demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros qu'il versera à son conseil, Me Lutran, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A B soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est entachée d'incompétence ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 611-1-5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 611-3 5°du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il pouvait de plein droit bénéficier d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ;
- méconnait les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- est entachée d'incompétence ;
- est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
La décision fixant le pays de renvoi :
- est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
-est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dang en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dang, magistrate désignée ;
- les observations de Me Lutran pour le requérant qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Salard, représentant le préfet du Nord ;
- et les observations de M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 2 décembre 1999, conteste l'arrêté du 27 juillet 2023, par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, lui a interdit le retour sur le territoire français avant l'expiration du délai d'un an et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Compte tenu des circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Par un arrêté du 27 juin 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 158 en date du même jour, le préfet du Nord a donné délégation à Mme F D, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, l'ensemble des décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu d'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ()/3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents/ () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public (). Aux termes de l'article L. 611-3 de ce code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ". Aux termes de l'article L. 423-7 du même code : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ".
4. Pour soutenir que le préfet du Nord a méconnu les dispositions précitées,
M. A B soutient d'une part que le préfet du Nord ne pouvait prendre à son encontre une mesure portant obligation de quitter le territoire faute de caractériser une menace à l'ordre public résultant de son comportement. Il ressort toutefois des pièces du dossier et des débats de l'audience que M. A B a été mis en cause à de multiples reprises pour des faits de vols aggravés durant sa minorité entre 2015 et 2017, puis en 2018 pour des faits d'actes d'intimidation envers une personne chargée d'une mission de service public. Au mois de janvier 2023, M. A B a fait l'objet d'une procédure pour des faits de violences commises par le conjoint ou le concubin de la victime en présence d'un mineur dans laquelle une mesure de sûreté sous forme de contrôle judiciaire lui a été imposée, sans qu'il s'y conforme, nécessitant l'émission d'un mandat d'arrêt. Incarcéré sous le régime de la détention provisoire il a été condamné par jugement contradictoire le 26 juillet 2023 à une peine de dix mois d'emprisonnement assorti d'un sursis probatoire comportant notamment des obligations particulières de soins et d'interdiction de paraitre au domicile de la victime, ainsi que d'entrer en contact avec elle en dehors des contacts avec leur enfant commun. Dans ces conditions, en dépit de l'ancienneté des mises en cause retenues par l'autorité administrative, compte tenu de leur nombre, de la nature et de la gravité des faits ayant donné lieu à une condamnation par le tribunal correctionnel de Lille, le préfet a pu retenir sans méconnaitre les dispositions précitées que M. A B constituait une menace à l'ordre public.
5. D'autre part, M. A B soutient qu'étant éligible à l'octroi de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ne pouvait sans méconnaître les dispositions précitées du 5° de l'article L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prendre à son encontre une mesure portant obligation de quitter le territoire français. Pour justifier de ce qu'il contribue effectivement à l'entretien et l'éducation de l'enfant Calvin C né le 7 octobre 2020 qu'il a reconnu le 2 février 2021, M. A B se prévaut d'une attestation établie par Mme C établie postérieurement à sa condamnation par le tribunal correctionnel de Lille, faisant état en des termes généraux qu'il est présent dans la vie de l'enfant Calvin, sans aucune référence à une éventuelle communauté de vie passée. Par ailleurs, les photographies, tickets de caisse produits et le certificat médical dont la date n'est pas lisible, mentionnant sa présence lors d'une consultation ne sauraient établir une contribution effective à l'entretien de l'enfant depuis sa naissance ou depuis au moins deux années. Ainsi, les moyens tirés de ce que M. A B pouvait bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français et de ce qu'il ne pouvait dès lors faire l'objet d'une mesure portant obligation de quitter le territoire doivent être écartés.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
7. D'une part, si M. A B justifie de l'ancienneté de son séjour sur le territoire français, ayant été confié à l'aide sociale à l'enfance par une décision judiciaire du 16 avril 2016, ainsi que de certaines démarches d'insertion sous forme de formations et d'une période d'emploi, ces éléments datent de plusieurs années. Alors qu'une première demande de titre de séjour formulée alors qu'il était majeur a été rejetée, la Cour administrative d'appel de Douai a annulé cette décision le 8 juillet 2019, enjoignant au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation. M. A B s'est montré défaillant, ne répondant pas aux sollicitations de l'autorité administrative afin de justifier de sa situation. Une décision de rejet de titre de séjour étant intervenue le 4 décembre 2020 et notifiée le 12 décembre suivant, M. A B n'a pas cherché à régulariser sa situation avant le printemps 2023, en dépit de la reconnaissance de l'enfant Calvin au mois de février 2021. Ainsi qu'il a été dit au point 4, il a été mis en cause puis condamné pour des faits de violences commis à l'encontre de la mère de l'enfant, très récemment. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 5, M. A B ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et l'éducation de l'enfant Calvin C. En outre, la juge des enfants près le tribunal judiciaire de Lille s'est saisie de la situation, ordonnant l'ouverture d'une procédure d'assistance éducative sur le fondement de l'article 375 du code civil. Ainsi,
M. A B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de la convention internationale des droits de l'enfant, ni qu'il aurait entaché sa décision d'une atteinte manifestement disproportionnée quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision de refus d'un délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ().
11. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
14. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision fixant le pays de destination, sur sa situation personnelle doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays de renvoi.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. Compte tenu de ce qui a été dit au 7, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
18. Il résulte de ces dispositions précitées que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
19. Pour fixer à trois années, la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet du Nord a mentionné la situation de famille de M. A B, le fait qu'il n'avait pas fait l'objet d'une précédente mesure portant obligation de quitter le territoire ainsi que le fait qu'il était défavorablement connu de services de police et de la justice. Dans ces circonstances, compte tenu de l'ancienneté de son séjour et de l'existence d'attaches personnelles, M. B est fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation quant à sa durée.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B est seulement fondé à demander l'annulation du 27 juillet 2020, en ce que le préfet du Nord lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991, doivent être écartées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Nord du 27 juillet 2023 est annulé en tant qu'il fait interdiction à M. A B de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Article 2 : Le surplus des conditions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le jugement sera notifié à M. E A B, à Me Lutran et au préfet du Nord.
Prononcé en audience publique le 2 août 2023.
La magistrate désignée,
signé
L. DANG Le greffier,
signé
B. NIEUWJAER
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026