LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2307325

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2307325

vendredi 7 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2307325
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a examiné la requête de M. B, ressortissant algérien, contestant le refus du préfet du Nord de lui délivrer un certificat de résidence en qualité de commerçant, assorti d'une obligation de quitter le territoire français, d'une fixation du pays de destination et d'une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a relevé d'office que l'activité de M. B, soumise à autorisation, relevait du c) de l'article 7 de l'accord franco-algérien et non du a) comme initialement considéré, ce qui a conduit à un réexamen de la base légale. La solution retenue n'est pas explicitée dans l'extrait fourni, mais le jugement s'appuie sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et le code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 août 2023, M. A B, représentée par Me Zaïri, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 7 juillet 2023 par lesquelles le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un certificat de résidence en qualité de commerçant, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur ce territoire pendant deux ans ;

2°) d'enjoindre à ce préfet de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- sa requête n'est pas tardive ;

S'agissant de la décision lui refusant la délivrance d'un certificat de résidence :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- le préfet du Nord n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la délivrance du certificat de résidence sollicité n'est pas conditionnée par la cohérence entre ses études et son activité professionnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son entreprise est économiquement viable ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- la décision contestée doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- le préfet du Nord n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- la durée de cette interdiction est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2023, le préfet du Nord, représenté par la Selarl Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés dans la requête sont infondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que l'activité de l'intéressé, soumise à autorisation, est régie par les stipulations du c) de l'article 7 de l'accord franco-algérien et non par celles du a) de l'article 7 de ce même accord.

Des observations, enregistrées le 13 janvier 2025, ont été présentées pour M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Piou,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est entré en France le 24 octobre 2016 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant valable du 16 octobre 2016 au 14 janvier 2017. Il s'est vu délivrer un certificat de résidence en cette même qualité valable du 23 janvier 2017 au 22 janvier 2018, renouvelé jusqu'au 22 janvier 2019, puis un certificat de résidence en qualité de commerçant valable du 24 mars 2020 au 23 mars 2021, renouvelé jusqu'au 23 mars 2022. Le 13 juin 2022, il a de nouveau sollicité la délivrance d'un certificat de résidence en cette même qualité de commerçant. Par l'arrêté litigieux du 7 juillet 2023, le préfet du Nord a refusé de faire droit à cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur ce territoire pendant deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis ". Et, aux termes de l'article 7 de cet accord : Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : a) Les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent après le contrôle médical d'usage un certificat valable un an renouvelable et portant la mention " visiteur " ; () c) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité ; () ".

3. Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que soient appliqués aux ressortissants algériens les textes de portée générale relatifs à l'exercice, par toute personne, de l'activité professionnelle envisagée. En revanche, cette circonstance fait obstacle à ce que la condition des moyens d'existence suffisants ou celle de l'adéquation des compétences, qui ne sont pas prévues pour la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " commerçant " et qui ne relèvent pas de textes de portée générale relatifs à l'exercice par toute personne d'une activité professionnelle, leur soient opposées. L'autorité administrative, saisie par un ressortissant algérien d'une demande de renouvellement d'un certificat de résidence en qualité de commerçant, peut cependant, dans tous les cas, vérifier le caractère effectif de l'activité commerciale du demandeur et, dans le cas où ce caractère n'apparaît pas établi, refuser de l'admettre au séjour.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a de nouveau sollicité la délivrance d'un certificat de résidence en qualité de commerçant, en vue d'exercer son activité professionnelle sous le statut d'auto-entrepreneur. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier que l'entreprise de l'intéressé, qui porte, d'une part, sur la livraison à vélo et, d'autre part, sur l'installation de fibre optique, constitue une activité professionnelle soumise à autorisation au sens des stipulations précitées, dès lors qu'elle doit faire l'objet d'une immatriculation au répertoire des métiers, formalité accomplie par l'intéressé le 11 mars 2021. Sa situation relève, par suite, par renvoi de l'article 5 de l'accord franco-algérien, du champ d'application des stipulations de l'article 7 c) de cet accord et non de celles de l'article 7 a). En excluant l'application à la situation de l'intéressé des stipulations de l'article 7 c) au profit de celles de l'article 7 a), alors qu'il ne ressort au demeurant d'aucune pièce du dossier qu'il aurait sollicité un certificat de résidence en qualité de visiteur, le préfet du Nord a méconnu le champ d'application de cet accord et a, ce faisant, commis une erreur de droit.

5. En deuxième lieu, il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le préfet du Nord s'est notamment fondé pour prendre la décision litigieuse sur l'inadéquation de l'activité professionnelle de M. B avec ses études suivies sur le territoire français. Il résulte de ce qui a été rappelé au point 3, comme le soutient à bon droit le requérant, que les stipulations de l'accord franco-algérien ne subordonnent pas l'octroi du certificat de résidence sollicité à l'adéquation de l'activité professionnelle du demandeur à son parcours scolaire. Par suite, le préfet du Nord a entaché sa décision d'une seconde erreur de droit.

6. En dernier lieu, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.

7. Il ressort des termes de la décision contestée que le préfet du Nord s'est également fondé sur la menace à l'ordre public que représenterait le comportement de l'intéressé, se fondant sur des condamnations pour des faits de conduite sans permis de conduire français et sans assurance. Toutefois, pour regrettables que soient ces infractions réitérées, elles ne suffisent pas à caractériser l'existence d'une menace à l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur d'appréciation commise à cet égard par le préfet du Nord doit également être accueillie.

8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision contestée refusant à l'intéressé la délivrance d'un certificat de résidence doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions du même jour l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire français pendant deux ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. Compte tenu de ce qui précède et des seules conclusions formulées par le requérant, il est seulement enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa demande de délivrance d'un certificat de résidence dans un délai deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente un récépissé de demande.

Sur les frais liés au litige :

10. Dès lors que M. B n'a pas sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet du Nord du 7 juillet 2023 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de la demande de certificat de résidence de M. B dans le délai deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente un récépissé de demande.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Zaïri et au préfet du Nord.

Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,

Mme Piou, première conseillère,

M. Boileau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2025.

La rapporteure,

Signé

C. Piou

La présidente,

Signé

A-M. LeguinLa greffière,

Signé

S. Sing

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions