lundi 21 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2307374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CUILLIEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 et 16 août 2023, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais daté du 12 août 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à l'effacement du signalement dans le fichier européen de non-admission le concernant ;
3°) d'enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation et, dans l'attente, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit à être entendu et à faire des observations, en méconnaissance du 3° du I de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour et de la garantie de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour dès lors qu'il est mineur et de ne peut, par conséquent, faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision de fixation du pays de destination :
- elle est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les dispositions combinées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa vie sera en danger dès son retour en Egypte.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée.
Des pièces ont été enregistrées les 15 et 16 août 2023 pour le préfet du Pas-de-Calais.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Quint pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quint, magistrat désigné ;
- les observations de Me Cuilliez, représentant M. C, qui indique abandonner les moyens de légalité externe tirés de l'absence de compétence de l'auteur de l'acte, du défaut de motivation et de la violation du droit d'être entendu mais développe, notamment, le moyen tiré de ce que M. C est mineur.
- les observations de Me Kerkeni, représentant le préfet du Pas-de-Calais, qui fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés ;
- les observations de M. C assisté de Mme B, interprète assermentée en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant égyptien, demande l'annulation de l'arrêté du 12 août 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour pour une durée d'un an.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 1° L'étranger mineur de dix-huit ans ; () ". Il appartient à l'administration d'établir que l'intéressé était majeur à la date de la décision portant obligation de quitter le territoire et, en conséquence, qu'il ne pouvait bénéficier de la protection prévue par ces dispositions.
3. M. C soutient qu'il est né le 11 juillet 2007 et qu'il est donc âgé de moins de dix-huit ans. Il ressort toutefois des pièces du dossier, d'une part, qu'il a, lors de son audition par les services de police, assisté par un interprète en langue arabe, langue qu'il a indiqué comprendre, déclaré être né le 11 juillet 2005, d'autre part, qu'il a signé le procès-verbal de cette audition après qu'il en pris connaissance par le truchement d'un interprète en langue arabe présent lors de l'audition. Dans ces conditions, dès lors que M. C qui indique être dépourvu de tout document d'identité, se borne à se prévaloir d'une erreur lors de son audition, le préfet du Pas-de-Calais doit être regardé comme apportant la preuve que l'intéressé n'est pas mineur et ne pouvait, par suite, bénéficier de la protection des dispositions du 1° de l'article L. 611-3 précité.
4. En second lieu, dès lors que M. C se borne à soutenir qu'il est présent en France depuis un mois environ et qu'il envisageait de se rendre auprès d'un parent résidant au Royaume-Uni, pays pour lequel il ne dispose d'aucun document de voyage, le préfet du Pas-de-Calais a pu, sans erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant, obliger M. C à quitter le territoire français.
5. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 août 2023 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais l'a obligé à quitter le territoire français.
Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :
6. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que la décision refusant d'accorder d'un délai de départ volontaire serait illégale du fait de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé l'octroi d'un délai départ volontaire doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
8. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait illégale du fait de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
9. En deuxième lieu, si M. C soutient qu'il craint pour sa vie en cas de retour en Egypte où qu'il serait la cible de la vengeance d'un crime d'honneur commis par son frère, il n'apporte aucune précision au soutien de ses allégations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. En troisième et dernier lieu, compte tenu de ce qui précède, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
12. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français serait illégale du fait de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
14. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que le préfet du Pas-de-Calais a pris en compte les critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour fixer la durée de l'interdiction de retour à un an et notamment les conditions d'entrée et de séjour de M. C sur le territoire français. Compte tenu de ce qui précède, et compte tenu de la nature et de l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France, quand bien même l'intéressé n'aurait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que son comportement ne serait pas constitutif d'une menace pour l'ordre public, c'est sans méconnaître les dispositions précitées et sans erreur d'appréciation que le préfet du Nord a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 août 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Pas-de-Calais.
Lu en audience publique le 21 août 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
A. QUINTLa greffière,
Signé
N. CARPENTIER
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026