vendredi 15 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2307473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HOLTERBACH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 août 2023, et un mémoire, enregistré le 1er septembre 2023, la société TPF Utilities, représentée par Me Robillard, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) avant-dire-droit, d'enjoindre à la commune d'Aix-Noulette de lui communiquer les motifs détaillés du rejet de son offre déposée pour l'attribution du marché ayant pour objet l'exploitation des installations de chauffage, ventilation, climatisation, de production d'eau chaude sanitaire et de traitement des eaux des bâtiments communaux, ainsi que les caractéristiques et avantages de l'offre retenue, dans le délai de huit jours à compter du dépôt de sa requête, et de surseoir à statuer dans l'attente de la communication de ces éléments ;
2°) en tout état de cause d'annuler la décision du 10 août 2023 par laquelle le maire de la commune d'Aix-Noulette a rejeté son offre pour l'attribution de ce marché ainsi que la procédure d'attribution de ce marché ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-Noulette une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a pas reçu tous les éléments d'information exigés par les articles R. 2181-3 et R. 2183-4 du code de la commande publique ;
- la commune a modifié la pondération des sous-sous-critères de sélection des offres en cours de procédure.
La requête et le mémoire ont été communiqués à la commune d'Aix-Noulette qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 4 septembre 2023 à 10h30, en présence de M. Potet, greffier, M. Robbe, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- Me D'Halluin, substituant Me Robillard, représentant la société TPF Utilities, qui reprends ses écritures ;
- et Me Hotlerbach, représentant la commune d'Aix-Noulette, qui indique qu'il est loisible à la commission d'appel d'offres de s'écarter de l'analyse faite par l'assistant à maîtrise d'ouvrage et qu'il n'est pas établi avec certitude que la pondération des sous-sous-critères aurait été modifiée en cours de procédure.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La commune d'Aix-Noulette a lancé une consultation pour l'attribution d'un appel d'offres ouvert ayant pour objet l'exploitation des installations de chauffage, ventilation, climatisation, de production d'eau chaude sanitaire et de traitement des eaux des bâtiments communaux. La société TPF Utilities, dont l'offre a été rejetée au profit de celle déposée par la société Idex, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'une part avant-dire-droit d'enjoindre à la commune de lui communiquer les motifs détaillés du rejet de son offre ainsi que les caractéristiques et avantages de l'offre retenue, dans le délai de huit jours à compter du dépôt de sa requête, et de surseoir à statuer dans l'attente de la communication de ces éléments, et d'autre part et en tout état de cause, d'annuler la décision du 10 août 2023 par laquelle le maire de la commune d'Aix-Noulette a rejeté son offre pour l'attribution de ce marché ainsi que la procédure d'attribution de ce marché.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique () ". Aux termes du I de l'article L. 551-2 du même code : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations ". Aux termes de l'article L. 551-10 de ce code : " Les personnes habilitées à engager les recours prévus aux articles L. 551-1 et L. 551-5 sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat ou à entrer au capital de la société d'économie mixte à opération unique et qui sont susceptibles d'être lésées par le manquement invoqué () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge du référé précontractuel de se prononcer sur les manquements aux règles de publicité et de mise en concurrence incombant à l'acheteur, invoqués à l'occasion de la passation d'un contrat. En vertu de ces mêmes dispositions, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements de l'acheteur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient dès lors au juge du référé précontractuel de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant une entreprise concurrente.
4. Il résulte de l'article 16.3 du règlement de la consultation que la commune d'Aix-Noulette a fixé deux critères de sélection des offres : la valeur technique (60 points) et le prix (40 points). Il résulte également de ce même article que le critère de la valeur technique est apprécié à travers trois sous-critères, chacun affecté de 20 points : le sous-critère " poste énergie ", correspondant à la valeur des engagements de consommations (10 points) et à la cohérence et justification de ces engagements (10 points), le sous-critère " P2 " (20 points), correspondant au nombre et à la cohérence des heures annoncées de manière globale et par composante P2 et à la qualité de la stratégie de maintenance (8 points), à la qualité et à l'adéquation des moyens humains et matériels affectés au marché (5 points), à la qualité de la compagne et des moyens de sensibilisation à l'optimisation énergétique auprès des usagers (3 points), à la qualité des différentes méthodologies proposées pour les différents diagnostics demandés (2 points), et à la qualité des moyens de diffusion et de suivi de l'information interne et externe (2 points), et le sous-critère " P3 ", correspondant à la qualité du plan de renouvellement P3/2 et pertinence et cohérence des remplacements (13 points) et à la cohérence de la redevance P3/1 (7 points).
5. Par une première lettre, en date du 10 août 2023, le maire d'Aix-Noulette a informé la société TPF Utilities du rejet de son offre. Cette dernière a demandé à être informée du " détail de l'ensemble de la pondération obtenue par sous-critères, ainsi que les commentaires justifiant la pondération ". Par une seconde lettre, en date du 25 août 2023, le maire d'Aix-Noulette, après avoir indiqué que l'assistant à la maîtrise d'ouvrage proposait d'attribuer à la société TPF Utilities les notes de 46,54/60 sur le critère de la valeur technique, et 26,89/40 sur le critère du prix, soit un total de 73,43/100, et à la société Idex un total de 70,26/100, a répondu qu'il a été décidé de ne pas suivre le rapport d'analyse des offres établi par l'assistant à la maîtrise d'ouvrage, qui classait ainsi première l'offre déposée par la société TPF Utilities. Cette lettre justifie le choix de s'écarter de cette proposition en relevant que l'économie financière réalisée serait de 11 406,08 euros avec l'offre déposée par la société TPF Utilities, et de 19 230,40 euros avec celle déposée par la société Idex, et qu'ainsi " la valorisation des économies d'énergie est plus pertinente chez Idex ", ce qui a conduit la commission d'appel d'offres à retenir " une nouvelle répartition des points ", et à retirer deux points à l'offre déposée par la société TPF Utilities, passant de 73,43/100 à 71,43/100, et à en ajouter deux à celle déposée par la société Idex, passant de 70,26/100 à 72,26/100. Il ne résulte pas de l'instruction, dès lors qu'il n'est pas allégué en défense que la méthode de notation du sous-sous-critère " valeur des engagements de consommations ", prévue à l'article 16.2 du règlement de la consultation, aurait été utilisée pour procéder à cet ajout et à ce retrait, que cette double modification aurait concerné la note à attribuer à ce sous-sous-critère. La société requérante soutient, sans être sérieusement contredite, que cette double modification a concerné le sous-sous-critère " cohérence et justification des engagements de consommation ". Or, ce sous-sous-critère ne porte pas sur une appréciation quantitative des engagements de consommation, et la société requérante est ainsi fondée à soutenir qu'en se fondant, pour apprécier ce sous-sous-critère, sur une analyse quantitative des engagements de consommation, la commune d'Aix-Noulette a modifié en cours de procédure la pondération des sous-sous-critères. Ce manquement est susceptible d'avoir lésé la société TPF Utilities, qui n'a pas été mise en mesure d'adapter son offre au regard de la pondération effectivement mise en œuvre par l'acheteur public.
6. La société TPF Utilities est par suite fondée à demander l'annulation de la procédure de passation du marché en litige à compter de l'examen des offres. Eu égard au stade auquel est prononcée l'annulation, il appartiendra à la commune d'Aix-Noulette, si elle entend conclure le marché, de reprendre la procédure au stade de cet examen.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Aix-Noulette une somme de 1 500 euros, à verser à la société TPF Utilities, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La procédure engagée par la commune d'Aix-Noulette pour l'attribution du marché ayant pour objet l'exploitation des installations de chauffage, ventilation, climatisation, de production d'eau chaude sanitaire et de traitement des eaux des bâtiments communaux, est annulée à compter de l'examen des offres.
Article 2 : Il est enjoint à la commune d'Aix-Noulette, si elle entend poursuivre la conclusion d'un marché ayant le même objet, de reprendre la procédure de passation au stade de l'examen des offres conformément aux motifs de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune d'Aix-Noulette versera à la société TPF Utilities une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société TPF Utilities et à la commune d'Aix-Noulette.
Fait à Lille, le 15 septembre 2023.
Le juge des référés,
Signé
J. ROBBE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026