mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2307640 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PORCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 août 2023, M. C D, représenté par Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 1er août 2023 du préfet du Nord en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Homehr, avocat de M. D, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le requérant soulève des moyens qui ne sont pas fondés.
M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 9 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-camerounais relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au développement solidaire, signé à Yaoundé le 21 mai 2009 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Lançon a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant camerounais né le 15 octobre 1998, est entré en France le 29 septembre 2018, muni d'un visa de type D portant la mention " étudiant ", valable du 20 septembre 2018 au 20 septembre 2019. Il s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " valable du 21 septembre 2019 au 20 septembre 2021 puis d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable du 15 mars 2022 au 14 mars 2023. Le 31 janvier 2023, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 1er août 2023, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler l'arrêté précité du 1er août 2023.
2. En premier lieu, par un arrêté du 27 juin 2023, régulièrement publié le même jour au recueil n°158 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme A B, cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers et signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la situation du requérant, non régie par les stipulations de l'accord franco-camerounais visé ci-dessus : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ".
4. Le renouvellement de la carte de séjour portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Il appartient ainsi au préfet, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de rechercher à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de la progression de l'étudiant dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant avec sérieux les études entreprises.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. D s'est inscrit en mise à niveau de brevet de technicien supérieur (BTS) mention Hôtellerie à Ecosup Hôtellerie de Tourcoing au titre de l'année 2018-2019, et a obtenu une moyenne générale de 6/20 au premier semestre et de 8,4 /20 au second. Au titre de l'année 2019-2020, il s'est inscrit dans le même établissement en 1ère année de BTS mention Hôtellerie Restauration et a obtenu la moyenne de 6,1/20 au premier semestre et n'a pas fourni le bulletin de notes du second semestre. Pour l'année scolaire 2020-2021, M. D s'est inscrit en 2ème année de BTS mention Management en hôtellerie restauration, qu'il a redoublée l'année suivante en obtenant 9,14/20 et 9,42 aux premier et second semestres de son année de redoublement. Le requérant a changé de cursus en s'inscrivant en certificat d'aptitude professionnelle (CAP) de Cuisine au titre des années 2022-2023 et 2023-2024, signant un contrat d'apprentissage courant du 5 septembre 2022 au 31 août 2024. S'il justifie de progrès relatifs à l'occasion de cette première année de CAP, ayant obtenu une moyenne générale de 10,35/20 (apprenant), et une moyenne générale de 10,38/20 (groupe) au titre du premier semestre, ainsi qu'une moyenne générale de 11,13/20 (apprenant), et une moyenne générale de 11,14/20 (groupe) au titre du second semestre, il reste que cette formation, relevant du second degré et non de l'enseignement supérieur, correspond à un niveau inférieur au cursus poursuivi précédemment de BTS qu'il a échoué à obtenir. Dans ces conditions, M. D ne démontre pas de progression dans son parcours d'études.
6. D'autre part, il est établi que l'état de santé de M. D nécessite un suivi médical tant au plan physique que psychologique depuis 2019. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas des ordonnances de prescriptions médicamenteuses ni des courriers de médecins ni du certificat médical du 4 août 2023, rédigé en des termes généraux, que celui-ci justifierait les résultats obtenus en BTS et son inscription en CAP, alors que les appréciations des enseignants au cours des années 2018 à 2022, mentionnent son manque de travail. Dès lors, et bien qu'il soit titulaire d'un contrat d'apprentissage et qu'il ne ressorte d'aucune pièce du dossier qu'il ne donnerait pas satisfaction à son employeur, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation ni erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet du Nord a considéré que M. D ne démontrait pas la réalité et le sérieux de ses études. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, en soutenant que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, le requérant doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux termes desquelles : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. D, célibataire sans enfant à charge, est arrivée en France le 29 septembre 2018. S'il produit une attestation présentée comme émanant de deux cousines, dont l'une, de nationalité française, est présentée dans l'inventaire des pièces jointes comme sa soeur et d'un cousin, cette attestation, collective et non signée, est insuffisante à caractériser des liens intenses, stables et durables sur le territoire français. Dans ces conditions, et bien que son père réside en Angleterre, en prenant la décision attaquée, le préfet du Nord n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er août 2023 portant refus de titre de séjour. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Homehr et au préfet du Nord.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
L.-J. Lançon
Le président,
signé
J.-M. Riou
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026