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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2308175

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2308175

vendredi 22 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2308175
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMBOGNING

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 septembre 2023 et 22 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Mbongning demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 13 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles ont été prises par une autorité incompétente ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise en méconnaissance de son droit à faire des observations ;

- elle méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est illégale dès lors que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 septembre 2023, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;

- les observations de Me Mbogning, avocat de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il développe ;

- les observations de M. B ;

- le préfet de l'Aisne n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien né le 31 août 1990, demande l'annulation de l'arrêté en date du 13 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

4. En premier lieu, par un arrêté en date du 13 septembre 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Aisne, le préfet de l'Aisne a donné délégation à M. Alain Ngouoto, secrétaire général de la préfecture de l'Aisne, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit être écarté.

5. En second lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent. Ces considérations sont suffisamment développées pour permettre au requérant de comprendre et de discuter les motifs retenus par l'autorité préfectorale et pour permettre au juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance des décisions attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

7. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

8. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'il soutient, M. B a été invité, lors de son audition réalisée le 13 septembre 2023 par les services de police, à présenter ses observations orales sur la perspective de son éloignement du territoire français et à porter à la connaissance de l'autorité préfectorale tout élément de sa situation personnelle. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Aisne aurait méconnu le droit de M. B de présenter des observations doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () ; / 6° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française ; / () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que, si M. B a indiqué lors de son audition par les services de police être marié avec une ressortissante française, il a déclaré vivre à Château-Thierry chez son cousin. S'il justifie, dans le cadre de la présente instance s'être marié le 4 mai 2019 à Remiremont avec Mme C, soit depuis plus de trois ans lorsque la décision attaquée a été prise, il ne démontre pas que la communauté de vie avec son épouse, qui, selon ses propres explications, réside actuellement chez ses parents à Nîmes, perdurerait. Les explications qu'il a fournies à l'audience, quant à une séparation uniquement conjoncturelle due au choix du couple que le requérant s'installe chez son cousin dans l'Aisne le temps d'effectuer ses démarches administratives pendant que son épouse retourne vivre chez ses parents à Nîmes, sont apparues peu convaincantes et en tout état de cause, n'ont été corroborées par aucun élément. Le requérant ne produit par ailleurs aucune pièce de nature à démontrer qu'il existerait une communauté de vie entre son épouse et lui-même. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet de l'Aisne aurait méconnu les dispositions précitées du 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Par suite, ce moyen doit être écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déclaré être entré irrégulièrement en France en 2016. S'il fait valoir être marié avec une ressortissante française depuis le 4 mai 2019, il vit séparé de cette dernière et ne justifie pas, ainsi qu'il a été dit au point 10, que la communauté de vie entre eux perdurerait. Par ailleurs, il ne justifie d'aucun logement stable en France, évoquant lors de son audition devant les services de police une adresse chez un cousin, puis ultérieurement, devant le juge des libertés et de la détention et dans le cadre de la présente instance, une autre adresse chez un frère. De la même manière, s'il déclare dans son audition ne plus avoir de membres de sa famille en Tunisie, il ne justifie pas qu'il entretiendrait en France des liens familiaux ou privés d'une particulière intensité. En outre, s'il indique travailler comme cuisinier, il ne justifie pas de la réalité de cette activité. En tout état de cause, cet élément ne saurait démontrer d'une intégration professionnelle certaine et durable en France. Enfin, il ressort des termes de la décision attaquée, et il n'est pas contesté par le requérant, qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement prise à son encontre en 2020, qui lui a également fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, à l'exécution desquelles il s'est soustraie. Dans ces conditions, le préfet de l'Aisne n'a pas, en faisant obligation à M. B de quitter le territoire français, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

13. En quatrième lieu, si M. B soutient que le préfet de l'Aisne s'est fondé sur des faits inexacts lorsqu'il a pris la décision attaquée, il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

14. En dernier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. B avant de prendre la décision attaquée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 14 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français doit être écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, l'article L. 612-3 du même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

17. D'une part, ainsi que le soutient M. B, la seule circonstance qu'il soit connu du fichier automatisé des empreintes digitales, sous plusieurs identités différentes, pour de nombreuses infractions, sans que ne soit par ailleurs produit le relevé de ce fichier, est insuffisante pour retenir, en l'absence d'information quant aux suites pénales apportées à ces faits que le requérant conteste avoir commis, que son comportement constituerait à une menace pour l'ordre public. Par suite, le préfet de l'Aisne ne pouvait se fonder sur le 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité pour refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire.

18. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si M. B, qui est entré irrégulièrement en France en 2016, a indiqué avoir entamé des démarches administratives en vue de régulariser sa situation administrative, il n'avait, au jour de la décision attaquée, déposé aucune demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour. Par ailleurs, il est constant qu'il n'a pu, lorsque la décision attaquée a été prise, ni présenter de documents d'identité en cours de validité ni justifier d'une résidence effective et permanente en France, l'attestation d'hébergement produite ultérieurement faisant au surcroît état d'une adresse distincte de celle qu'il avait mentionnée lors de son audition. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant, ainsi qu'il a été dit au point 12, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prise à son égard le 18 août 2020 par la préfecture des Vosges. Dans ces conditions, et pour ces seuls motifs, le préfet de l'Aisne a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, retenir l'existence d'un risque de soustraction à la mesure d'éloignement, et ce faisant, refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

19. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 12, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 14 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français doit être écarté.

21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". En outre, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

22. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 17, la seule circonstance que M. B soit connu pour plusieurs faits au fichier automatisé des empreintes digitales est insuffisante, en elle-même, à caractériser l'existence d'une menace à l'ordre public, dès lors que le requérant conteste avoir commis de tels faits et souligne n'avoir fait l'objet d'aucune condamnation pénale en lien avec ces derniers. Toutefois, compte tenu de la durée de présence de M. B sur le territoire français, de la faiblesse de ses liens avec la France tel qu'énoncé au point 12 et de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans qu'il n'a pas exécutée, le préfet de l'Aisne n'a pas, en fixant à trois ans la durée d'interdiction de retour sur le territoire français, commis d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.

23. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 12, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés

En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

24. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 à 14, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait illégale en raison de l'illégalité de la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français doit être écarté.

25. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 13 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.

DÉCIDE :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Aisne.

Lu en audience publique le 22 septembre 2023.

La magistrate désignée,

Signé,

F. BONHOMMELa greffière,

Signé,

N. CARPENTIER

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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