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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2308794

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2308794

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2308794
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDEWAELE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2023, sous le numéro 2308794, M. C D, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 7 juillet 2023 par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de séjour temporaire l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le même délai et sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- cette décision a été signée par une personne dont il n'est pas établi qu'elle était compétente pour ce faire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. D par une décision du 27 novembre 2023.

La clôture de l'instruction a été fixée au 14 décembre 2023 à 12 h 00 par une ordonnance en date du 9 octobre 2023.

II- Par une requête enregistrée le 8 mars 2024 sous le numéro 2402448, M. C D, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 27 novembre 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de séjour temporaire l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre du préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant la durée d'instruction de sa demande, dans le même délai et sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. D par une décision du 29 janvier 2024.

La clôture de l'instruction a été fixée au 8 mai 2024 à 12 h 00 par une ordonnance en date du 8 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Monteil a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C D, né le 10 août 1998 au Cameroun, de nationalité camerounaise, déclare être entré en France le 10 avril 2015, à l'âge de 16 ans. Il a fait l'objet d'un jugement en assistance éducative du juge des enfants près la cour d'appel de Douai le 21 mai 2015 jusqu'à sa majorité, soit le 10 août 2016. Il a ensuite bénéficié d'un titre de séjour " étudiant ", valable du 29 septembre 2016 au 28 septembre 2017, régulièrement renouvelé jusqu'au 27 septembre 2019. Il a alors sollicité un changement de statut et a bénéficié d'un titre de séjour " travailleur temporaire " valable du 2 décembre 2020 au 1er juin 2020, renouvelé jusqu'au 7 janvier 2022. Il a sollicité le renouvellement de cette carte de séjour le 3 janvier 2022. Par une décision en date du 7 juillet 2023, dont le requérant demande l'annulation dans la requête n°2308794, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un nouveau titre de séjour " travailleur temporaire ". M. D a alors sollicité, par une nouvelle demande, la délivrance d'une carte de séjour temporaire " salarié ". Par un arrêté en date du 27 novembre 2023, dont le requérant demande l'annulation dans la requête n°2402448, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2308794 et 2402448, présentées par M. D, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus d'un titre de séjour " travailleur temporaire " :

3. En premier lieu, la décision contestée a été prise, pour le préfet du Nord et par délégation, par Mme A B, directrice de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Nord, qui était compétente pour ce faire en vertu d'un arrêté du 14 avril 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs n° 92 de l'Etat dans le département du Nord. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision du 7 juillet 2023 cite les dispositions législatives dont elle fait application, et en particulier l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui était le seul article sur le fondement duquel le requérant avait déposé une demande de titre de séjour. Elle fait également état des éléments de fait relatifs à la situation personnelle de M. D, justifiant, selon le préfet du Nord, que l'instruction de sa demande ait pu être prolongée et que sa demande de titre de séjour fasse l'objet d'un rejet. La décision contestée, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est, par suite, suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la décision contestée, qui est suffisamment motivée et qui indique au requérant la démarche à suivre pour déposer une nouvelle demande de titre de séjour conforme à l'évolution de sa situation professionnelle, que le préfet du Nord a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant avant de prendre la décision en litige.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations () ".

7. Contrairement à ce qui est soutenu, le préfet du Nord n'a pas opposé à M. D, à qui il appartenait de produire à l'appui de sa demande tout élément qu'il estimait devoir être connu de l'administration dans le cadre de l'examen de sa situation, le caractère incomplet de sa demande, mais s'est fondé sur la circonstance, appréciée à partir des éléments transmis par le requérant, qu'il ne remplissait pas les conditions de fond permettant de lui délivrer le titre de séjour sollicité. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée déterminée ou qui fait l'objet d'un détachement conformément aux articles L. 1262-1, L. 1262-2 et L. 1262-2-1 du code du travail se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / Elle est délivrée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement, dans la limite d'un an. / Elle est renouvelée pour une durée identique à celle du contrat de travail ou du détachement. "

9. Il ressort des pièces du dossier que M. D a bénéficié d'un titre de séjour " travailleur temporaire " valable du 2 décembre 2020 au 1er juin 2020, renouvelé jusqu'au 7 janvier 2022 alors qu'il poursuivait des études en apprentissage. Si le requérant soutient que le rejet de sa demande de titre de séjour par le préfet du Nord est illégal au regard de la durée d'instruction de sa demande, ce dernier, qui justifie de cette durée d'instruction par des vérifications complémentaires en raison des prétendus antécédents judiciaires du requérant, n'était cependant pas tenu, contrairement à ce que soutient l'intéressé, à examiner cette demande dans un délai de quatre mois et lui a délivré des récépissés de séjour l'autorisant à travailler valables du 11 février 2022 au 10 août 2022, du 27 octobre 2022 au 26 janvier 2023 et du 5 mai 2023 au 4 août 2023 de telle sorte qu'il a pu poursuivre son contrat en apprentissage. Il est enfin constant que le contrat d'apprentissage du requérant a pris fin le 30 juin 2023 et qu'il ne remplissait plus, à la date de l'arrêté contesté, les conditions nécessaires à l'attribution d'un titre de séjour " travailleur temporaire ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. En l'espèce, M. D, né le 10 août 1998 au Cameroun, de nationalité camerounaise, déclare être entré en France le 10 avril 2015, à l'âge de 16 ans, et il n'est pas contesté qu'il y a résidé de façon continue depuis. Il a été confié aux services d'aide à l'enfance à compter du 21 mai 2015 jusqu'à sa majorité, soit le 10 août 2016 et a suivi une scolarité en France, obtenant un certificat d'aptitude professionnelle spécialité installateur sanitaire en juin 2017, un brevet d'études professionnel spécialité installation des systèmes énergétiques et climatiques le 29 juin 2018 et un baccalauréat professionnel spécialité technicien de maintenance de système énergétiques et climatiques le 17 août 2020. Il a ensuite poursuivi ses études en préparant un brevet de technicien supérieur à compter de 2022, sans qu'il démontre toutefois avoir obtenu ce dernier diplôme. Le requérant fait également valoir qu'il a effectué ses études en alternance, bénéficiant d'un contrat d'apprentissage avec Oégaz du 1er septembre 2019 au 30 juin 2020, puis avec Engie Home Service du 20 septembre 2021 au 30 juin 2023. A l'issue de ses études, la société Logista l'a embauché le 13 juillet 2023 en contrat à durée indéterminée comme chauffagiste. Si le contrat a été interrompu faute pour M. D d'être en possession d'un titre de séjour, le requérant se prévaut d'une nouvelle promesse d'embauche de la société Logista, en date du 20 novembre 2023. Toutefois, et même s'il n'est pas démontré dans le cadre de la présence instance que le comportement de l'intéressé constituerait une menace pour l'ordre public, le requérant, célibataire et sans enfant, n'établit pas avoir noué de liens personnels et familiaux d'une particulière intensité sur le territoire français au terme de huit années de présence continue. Alors par ailleurs qu'il ne soutient ni n'allègue être dans l'incapacité de se réinsérer socialement et professionnellement dans son pays d'origine, où résident ses parents et où il a vécu la majeure partie de sa vie, le requérant ne démontre pas, par les seules pièces produites, que le centre de sa vie personnelle et familiale serait désormais en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. En septième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment aux points 9. et 11. que le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour " travailleur temporaire " doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision de refus d'un titre de séjour " salarié " :

14. En premier lieu, la décision du 27 novembre 2023 cite les dispositions législatives et les stipulations conventionnelles dont elle fait application, en particulier, d'une part, les articles L. 421-1 et L. 414-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles L. 5221-2 et L. 5221-5 du code du travail, et, d'autre part, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle fait également état des éléments de fait relatifs à la situation personnelle et familiale de M. D, justifiant, selon le préfet du Nord, que sa demande de titre de séjour soit rejetée. La décision contestée, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est, par suite, suffisamment motivée.

15. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la décision contestée, qui est suffisamment motivée, que le préfet du Nord a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant avant de prendre la décision en litige.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / () ".

17. Il ressort des pièces du dossier que la plateforme main-d'œuvre étrangère de Béthune a clôturé, au nom et pour le compte du préfet du Nord, la demande l'autorisation de travail sollicitée par la société Logista, employeur de M. D, en faveur de ce dernier pour un emploi à temps complet en tant que chauffagiste dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée. Cette décision a été prise au motif que ladite société n'avait pas fourni les compléments d'information réclamés par l'administration, et notamment l'attestation de l'URSAFF indiquant que l'entreprise était à jour de ses cotisations sociales. Si le requérant fait valoir que la décision de clôturer sa demande n'est pas de son fait mais tient au manque de diligence de son employeur, cette circonstance n'est pas susceptible de remettre en cause le fait que le préfet du Nord était fondé à lui refuser une carte de séjour portant la mention " salarié " au motif qu'il ne disposait pas d'autorisation de travail. Par suite, le moyen est infondé et doit être écarté.

18. En quatrième et dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 11.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour " salarié " doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

20. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus du titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ". Aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".

22. La décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 précité. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant refus de séjour est suffisamment motivée. La décision contestée, qui n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte du refus de séjour, est ainsi suffisamment motivée.

23. En troisième et dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 11.

24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

25. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.

26. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant fixant le délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

27. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 par le requérant doivent l'être également.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2308794 et n°2402448 de M. D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet du Nord.

Copie en sera transmise pour information au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

M. Lemée, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

A.-L. MONTEIL

Le président,

Signé

X. FABRE

Le greffier,

Signé

A. DEWIÈRE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

2, N°2402448

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