jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2308834 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AUBERTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 et 11 octobre 2023, M. A B, demande au tribunal d'annuler la décision du 5 octobre 2023 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais l'a maintenu en rétention administrative à la suite du dépôt d'une demande d'asile.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été édictée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- a méconnu son droit d'être entendu ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 744-6 et R. 744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers puisqu'il ne s'est pas vu mettre à disposition, pour l'introduction de sa demande d'asile, une assistance linguistique ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 754-2 et L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il est demandeur d'asile en Espagne et aurait dû faire l'objet d'un transfert à destination de ce pays ;
- et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa demande n'avait été introduite que dans le seul but de faire échec à la mesure d'éloignement prise à son encontre.
La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné
- les observations de Me Aubertin, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens tout en abandonnant le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- les observations de Me Faugeras, représentant le préfet du Pas-de-Calais, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- et les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète assermentée en langue géorgienne, qui a répondu aux questions qui lui ont été posées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien né le 1er février 1985, déclare être entré irrégulièrement en France aux alentours du 15 septembre 2023. Il a été interpellé, le 30 septembre 2023, à la suite d'un contrôle d'identité opéré quai du Danube sur la commune de Calais à 08h25. N'étant pas à même de justifier de son droit à séjourner ou à circuler sur le territoire français, il a fait l'objet d'une retenue aux fins de vérification de ce droit. Après qu'il est apparu qu'il n'avait jamais formulé de demande visant à être autorisé à séjourner sur le territoire français, il a fait l'objet, le jour même de son interpellation, d'une obligation de quitter, sans délai, le territoire français à destination de la Géorgie ainsi que d'une interdiction de retour sur le sol français d'une durée d'un an et d'un placement en centre de rétention administrative. Le 4 octobre 2023, M. B a formulé au centre de rétention de Coquelles une demande d'asile, à la suite de laquelle le préfet du Pas-de-Calais a, par une décision du 5 octobre 2023, ordonné son maintien en rétention administrative. Par la présente requête, M. B demande au Tribunal l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose notamment que : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ".
3. En l'espèce, si M. B a formellement déposé sa demande d'asile au centre de rétention de Coquelles le 4 octobre 2023, il ressort des pièces du dossier, et notamment de ses déclarations du 30 septembre 2023, lors de son audition durant sa retenue aux fins de vérification de son droit à séjourner et circuler en France, qu'il ne séjournait irrégulièrement que depuis deux semaines en France, pays où il souhaitait solliciter, eu égard aux craintes qu'il a exprimé à plusieurs reprises, l'asile sans toutefois savoir à quelle autorité s'adresser. Ainsi, le seul fait que M. B n'ait pas introduit de demande d'asile avant le 4 octobre 2023, moins de 3 semaines après son entrée sur le territoire français, ne saurait, en l'espèce comme se borne à l'énoncer le préfet dans sa décision, constituer un critère objectif de nature à justifier son maintien en rétention.
4. M. B est donc fondé à solliciter l'annulation de la décision du 5 octobre 2023 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais l'a maintenu en rétention administrative à la suite du dépôt d'une demande d'asile.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 octobre 2023, par laquelle le préfet du Pas-de-Calais l'a maintenu en rétention administrative à la suite du dépôt d'une demande d'asile, est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Pas-de-Calais.
Lu en audience publique le 19 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé,
X. LARUE
La greffière,
Signé,
N. BELHARRET
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2308834
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026