mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2309138 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PERINAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2023, M. A C B, représenté par Me Perinaud, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de modifier, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'injonction de délivrance d'une carte de résident prescrite par l'ordonnance n° 2308651 du 6 octobre 2023, afin de l'assortir d'une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que les dispositions de l'ordonnance n° 2308651 du 6 octobre 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille prescrivant la délivrance de la carte de résident dans un délai de quatre jours n'ont pas été exécutées, seul un récépissé valable trois mois lui ayant été remis le 10 octobre 2023, les services de la préfecture ne lui ayant par ailleurs donné aucune information sur la remise de la carte.
Par un mémoire enregistré le 24 octobre 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les vérifications préalables, la fabrication, qui relève de l'imprimerie nationale, et la remise du titre de séjour sont subordonnées à des procédures incompressibles ;
- dans cette attente, le requérant s'est vu remettre un document provisoire valable du 10 octobre 2023 au 9 janvier 2024 et renouvelable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 octobre 2023 à 10 heures, à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de M. Hervouet, juge des référés,
- les observations de Me Perinaud, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et précise que :
- les services de la préfecture, qui disposent de tous les documents permettant la fabrication de la carte de résident à laquelle il a droit dès lors que le statut de réfugié lui a été accordé il y a deux ans par l'office français de protection des réfugiés et apatrides, ont à nouveau fait œuvre de désinvolture en se bornant à lui remettre un nouveau récépissé et en s'abstenant de le tenir informé de la date de remise de son titre de séjour ;
- les carences des services de la préfecture ont de graves conséquences sur sa situation personnelle puisqu'elles l'empêchent d'accéder au marché du travail en dépit de sa qualification reconnue par la délivrance d'un diplôme de master 2.
- le préfet du Nord n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
4. La décision ordonnée par le juge administratif des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, revêt, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, un caractère exécutoire et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoire. Si l'exécution d'une ordonnance demeurée sans effet peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du code de justice administrative, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter les mesures ordonnées par le juge des référés par toute mesure destinée à assurer cette exécution.
5. Par l'ordonnance n° 2308651 du 6 octobre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, enjoint au préfet du Pas-de-Calais de délivrer à M. B la carte de résident prévue par l'article 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de quatre jours à compter de la notification de cette ordonnance. Par la présente requête,
M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'ordonner que l'injonction précitée soit assortie d'une astreinte de 500 euros par jour de retard.
6. S'il résulte de l'instruction que les services de la préfecture ont délivré le 10 octobre 2023 à M. B un nouveau récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour, ils n'établissent ni ne soutiennent avoir transmis au service compétent les documents permettant la fabrication de la carte de résident à laquelle il a droit depuis deux ans en sa qualité de réfugié, indiquant au contraire que la mise en fabrication doit être précédée de la vérification des empreintes au fichier national des étrangers et de la vérification des antécédents judiciaires et annonçant au surplus un délai de rendez-vous. Dans ces conditions, le préfet du Nord ne peut être regardé comme ayant régulièrement exécuté l'ordonnance du 6 octobre 2023. Cette circonstance est constitutive d'un élément nouveau au sens et pour l'application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu de faire droit à la demande du requérant et de compléter l'injonction ordonnée par l'ordonnance n° 2308651 du 6 octobre 2023 en prononçant contre le préfet du Nord, à défaut pour lui de justifier de la remise de la carte de résident dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une astreinte de 50 euros par jour de retard jusqu'à la date de délivrance effective de la carte de séjour.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Perinaud, conseil de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à ce conseil d'une somme de 800 euros.
O R D O N N E :
Article 1 : L'injonction prescrite par l'ordonnance n° 2308651 du 6 octobre 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille est assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard prononcée à l'encontre du préfet du Nord, à compter de l'expiration d'un délai de trois jours suivant la notification de la présente ordonnance et jusqu'à la date à laquelle la mesure de délivrance de la carte de séjour aura reçu exécution.
Article 2 : Le préfet du Nord portera à la connaissance du tribunal administratif de Lille les mesures prises pour assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2308651 du 6 octobre 2023.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et de renonciation de Me Perinaud à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, celui-ci versera à ce conseil somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B, au préfet du Nord, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Perinaud.
Fait à Lille, le 25 octobre 2023.
Le président du tribunal,
juge des référés,
signé
C. HERVOUET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2309138
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026