mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2309189 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP DRAGON & BIERNACKI - PIRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2023, Mmes D et E B, représentées par Me Robiquet, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 8 août 2023 par lequel le maire de Brunémont (Nord) a interdit le stationnement de tous véhicules sur la voie publique, rue des Peupliers, ainsi qu'allée des Peupliers, impasses 1, 2 et 3 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Brunémont la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite, d'une part eu égard au délai probable d'examen de leur recours au fond et, d'autre part, en ce que l'exécution de la décision attaquée leur interdit de stationner leurs véhicules personnels à proximité de leur résidence, alors que Mme D B a une mobilité réduite et qu'elle met en péril grave leur activité de vente directe de légumes et plantes aromatiques qui constitue leur unique source de revenus, leurs clients étant désormais dans l'impossibilité de stationner à proximité de leur domicile qui est également leur lieu de vente ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle présente un caractère disproportionné au regard des nécessités de l'ordre public en raison de son caractère général et absolu ;
- elle est entachée d'erreur de fait en ce qui concerne le caractère gênant du stationnement des véhicules sur les voies en cause ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2023, la commune de Brunémont, représentée par Me A, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la mise à la charge de Mmes B de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
-la requête est irrecevable à raison du défaut d'intérêt pour agir de Mmes B, lesquelles sont occupantes sans droit ni titre de la parcelle, propriété de la commune, sur laquelle se situe l'habitation légère de loisirs qui constitue leur habitation ; le juge des contentieux de la protection doit prochainement statuer au fond sur l'existence d'un bail entre la commune et Mmes B aux termes desquelles celles-ci pourraient se prévaloir de la qualité de locataires de la parcelle dont s'agir, l'existence d'un contrat de location étant contestée par la commune et le document produit par les requérantes étant manifestement un faux ;
- la requête est également irrecevable en ce que l'arrêté attaqué présente un caractère superfétatoire, le cahier des charges annexé au contrat de bail que Mmes laurent prétendent détenir prévoyant, en son article 1-G, que le stationnement sur les voies d'accès et de desserte de la parcelle qu'elles occupent est interdit ;
-subsidiairement :
- la condition d'urgence ne saurait être regardée comme remplie ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- la copie de la requête de Mmes B tendant à l'annulation de la décision attaquée;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 91-648 du 210 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 octobre 2023 à 10 heures 30 :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Me Robiquet, représentant Mmes B qui, d'une part, conclut aux mêmes fins que la requête introductive d'instance en précisant que, Mmes B ayant sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle, il y a lieu de regarder leurs conclusions relatives aux frais de l'instance comme présentées, à titre principal, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que, dans ce cas, leur conseil renonce à la part contributive de l'Etat versée au titre juridictionnelle et, à titre subsidiaire et dans le cas où elles ne seraient pas admises au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre du seul article L. 761-1 du code de justice administrative et, d'autre part, invoque les mêmes moyens que la requête, et précise que :
- le juge judiciaire du contentieux de la protection, statuant en référé sur une demande de la commune de Brunémont tendant à leur expulsion, a estimé qu'il existait une contestation sérieuse quant à l'existence d'un bail locatif les unissant à la commune, de sorte que leur intérêt pour agir ne saurait être contesté ; en tout état de cause, leur qualité d'occupantes de l'habitation légère de loisirs située sur cette parcelle leur confère un tel intérêt pour agir ;
- l'urgence ne saurait être écartée au seul motif du caractère récent de leur activité de vente de fruits et légumes ;
- les observations de M. A, représentant la commune de Brunémont, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense, par les mêmes moyens, et précise que :
- tant le précédent maire de la commune que son premier adjoint, prétendument signataire du contrat de location de la parcelle en cause dont se prévalent les requérants, attestent n'avoir jamais signé un tel contrat, de sorte que le défaut d'intérêt pour agir est caractérisé ;
- le cahier des charges annexé aux baux locatifs conclus par la commune pour la location des parcelles lui appartenant prohibant expressément toute activité commerciale sur ces parcelles, les requérantes, dont l'activité contrevient à ce cahier des charges, ne peuvent utilement soutenir que l'arrêt porté à la vente directe de leurs légumes serait de nature à caractériser une situation d'urgence.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mmes D et E B sont propriétaires d'une habitation légère de loisirs sise au 22AJ, allée des Peupliers, impasse 2 à Brunémont (Nord), la parcelle sur laquelle est située cette habitation étant, pour sa part, propriété de la commune de Brunémont. L'habitation légère de loisirs en cause constitue la résidence principale de Mmes B, lesquelles exercent à cette adresse une activité commerciale de vente directe de légumes et plantes aromatiques et condimentaires issus de leur exploitation agricole. Par arrêté du
8 août 2023, le maire de Brunémont a interdit le stationnement des véhicules sur la voie publique dans la rue des Peupliers et dans l'allée des Peupliers, impasses 1, 2 et 3. Par la présente requête, Mmes B demandent la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs ". Aux termes de l'article L. 2212-2 de ce code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, () ". Aux termes de l'article L. 2213-2 du même code : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : () 2° Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains ; () ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par Mmes B et tirés du défaut de motivation de la décision attaquée, de ce que l'interdiction portée par l'arrêté contesté est disproportionnée en ce qu'elle est générale et absolue, notamment du point de vue temporel, de ce que la décision attaquée est entachée d'erreur de fait et de ce qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du maire de Brunémont du 8 août 2023. Ainsi, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense ni de statuer sur la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Brunémont, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mmes B au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mmes B la somme demandée par la commune de Brunémont au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mmes B est rejetée.
Article 2 : les conclusions présentées par la commune de Brunémont au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mmes D et E B et à la commune de Brunémont.
Fait à Lille, le 31 octobre 2023.
Le juge des référés,
signé
Y. C
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2309189
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026