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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2309348

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2309348

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2309348
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantDEWAELE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2023, Mme A D, représentée par Me Dewaele, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dewaele, avocate de Mme D, de la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles ont été prises par une autorité incompétente.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est dépourvue de base légale et est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 110-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle n'est pas fondée sur l'accord franco-algérien ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2024, le préfet du Nord, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Lançon a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante algérienne née le 1er septembre 1953, est entrée en France le 25 mai 2017, munie d'un visa de court séjour " Etats Schengen ". Elle a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français datée du 26 novembre 2018. Le 15 novembre 2022, elle a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien en raison de ses liens personnels et familiaux en France. Par un arrêté du 26 juillet 2023, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler l'arrêté précité du 26 juillet 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions en litige :

2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 22 juin 2023, publié le même jour au recueil n° 155 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à M. C B, sous-préfet de Valenciennes, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, notamment, les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces dernières doit être écarté.

3. En second lieu, d'une part, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination, qui n'avaient pas à mentionner l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé, comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent. S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, il ressort de ses termes que le préfet du Nord a pris en compte l'ensemble des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, d'une part, aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / () ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent code régit, sous réserve du droit de l'Union européenne et des conventions internationales, l'entrée, le séjour et l'éloignement des étrangers en France ainsi que l'exercice du droit d'asile. ". L'article L. 423-23 de ce code dispose : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".

6. Les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le préfet du Nord a fait application à la situation de Mme D, ne s'appliquent pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

7. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.

8. En l'espèce, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien précité qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie. Par ailleurs, l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit et du défaut de base légale doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il ressort des pièces que Mme D est entrée régulièrement en France le 25 mai 2017. Toutefois, par les pièces qu'elle produit, en particulier les neuf certificats médicaux émis entre 2017 et 2023, elle ne justifie pas de sa présence continue depuis cette date. Par ailleurs, elle n'établit pas la réalité du lien de parenté ni l'existence de relations particulières avec les personnes désignées comme étant sa sœur, ses nièces et neveux, présents en France et résidant, à l'exception de l'un d'eux, dans des départements éloignés du Nord, département où réside la requérante. S'il est constant que cette dernière dispose en France de sa fille unique, en situation régulière de séjour, et de son petit-fils, l'intensité de leurs relations n'est pas étayée par la production de deux certificats médicaux, rédigés en des termes généraux et sur la base des déclarations de l'intéressée quant à son isolement dans son pays d'origine, la nécessité d'un " rapprochement " avec sa fille alors que celle-ci vit dans le département de L'Hérault. En outre, s'il est établi que sa fille et son petit-fils ont été victimes de violences de la part de l'ex-conjoint de cette dernière, conduisant au dépôt de multiples mains courantes et plaintes entre 2017 et 2023 et à ce qu'une ordonnance de protection du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Béziers du 24 avril 2023, Mme D ne produit pas d'éléments précis quant à la nécessité et la réalité du soutien familial que sa présence constituerait pour ses proches. Enfin, les deux certificats médicaux la concernant, rédigés en termes généraux par un médecin établi dans l'Hérault alors que la requérante a déclaré résider dans le Nord, ne sont pas suffisamment précis et circonstanciés sur la nature, la gravité de sa pathologie et la nature du traitement nécessaire à son état de santé qui imposerait qu'elle se voie délivrer un titre de séjour en France. Dans ces conditions, en prenant la décision attaquée, le préfet du Nord n'a pas méconnu les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées. Par suite, le moyen doit être écarté.

11. En dernier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de la requérante.

12. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 juillet 2023 par laquelle le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".

15. Dès lors qu'elle dispose d'éléments d'informations suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie, prévue au 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'autorité préfectorale doit, lorsqu'elle envisage de prendre une telle mesure à son égard, et alors même que l'intéressé n'a pas sollicité le bénéfice d'une prise en charge médicale en France, recueillir préalablement l'avis du collège de médecins auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

16. Ainsi qu'il a été dit au point 10, les éléments produits relativement à la situation médicale de la requérante, pour certains postérieurs à la décision en litige, sont insuffisamment précis et circonstanciés sur la nature et la gravité de la pathologie de la requérante pour justifier la consultation pour avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le fondement des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 juillet 2023 par laquelle le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision relative au délai de départ volontaire :

19. A supposer que la requérante ait entendu contester la décision portant refus d'octroi de délai de départ volontaire, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

20. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 juillet 2023 par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

22. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "

23. Si le préfet du Nord fait valoir que Mme D a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement datée du 26 novembre 2018 qu'il ne produit pas, il reste que Mme D est entrée régulièrement en France le 19 août 2015, que sa fille unique et son petit-fils sont présents en France et qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public. Par suite, en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet du Nord a commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile, citées au point précédent. Mme D est donc fondée à demander l'annulation de cette décision.

24. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 26 juillet 2023 par laquelle le préfet du Nord lui a interdit son retour sur le territoire français avant l'expiration d'un délai d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

25. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'injonction. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante pour l'essentiel, verse à Me Dewaele, avocate de Mme D, une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par sa cliente, et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 26 juillet 2023 par laquelle préfet du Nord a interdit à Mme D son retour sur le territoire français avant l'expiration d'un délai d'un an est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Dewaele et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

L.-J. Lançon

Le président,

signé

J.-M. Riou

La greffière,

signé

I. Baudry

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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