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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2309366

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2309366

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2309366
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantDEWAELE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2023, M. D A, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 1er août 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et dans l'attente, de lui délivrer un récépissé de demande l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dewaele, avocate de M. A, de la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles ont été prises par une autorité incompétente.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait quant à la nature du titre de séjour détenu par sa concubine ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 422-1 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Lançon a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant vietnamien né le 18 février 1997, est entré en France le 19 août 2015, muni d'un visa de long séjour de type D portant la mention " étudiant ", valable du 8 août 2015 au 8 août 2016. Il s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", à compter du 9 août 2016 et régulièrement renouvelée jusqu'au 22 novembre 2020, puis une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " valable du 24 décembre 2020 au 23 décembre 2022. Il en a demandé, le 22 octobre 2022, le renouvellement. Par un arrêté du 1er août 2023, le préfet du Nord a refusé de renouveler son titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français avant l'expiration d'une durée d'un an. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté précité du 1er août 2023.

Sur l'ensemble des décisions en litige :

2. En premier lieu, par un arrêté du 27 juin 2023, régulièrement publié le même jour au recueil n°158 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à M. B C, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers et signataire des décisions en litige, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroyant un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement et portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. En second lieu, d'une part, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination en litige, qui n'avaient pas à mentionner l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé, comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent. En particulier, le préfet du Nord a énoncé les éléments relatifs au parcours universitaire de l'intéressé. Ces considérations sont suffisamment développées pour permettre au requérant d'en comprendre et d'en discuter les motifs, et pour permettre au juge d'exercer son contrôle.

4. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A ait saisi le préfet d'une demande tendant à ce que lui soit accordé un délai de départ volontaire supérieur à trente jours ni fait état de circonstances tenant à sa situation personnelle de nature à justifier que lui soit accordé un tel délai, à titre exceptionnel.

5. Enfin, s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, il ressort de ses termes que le préfet du Nord a pris en compte l'ensemble des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée, qui est distinct de l'erreur de fait qui consisterait à ne pas démontrer la matérialité des faits en cause, doit être écarté.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". L'article L. 433-1 du même code dispose : " A l'exception de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié détaché ICT ", prévue à l'article L. 421-26, et de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise ", prévue à l'article L. 422-10, qui ne sont pas renouvelables, le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte.

L'autorité administrative peut procéder aux vérifications utiles pour s'assurer du maintien du droit au séjour de l'intéressé et, à cette fin, convoquer celui-ci à un ou plusieurs entretiens. / () "

8. Le renouvellement de la carte de séjour portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Il appartient ainsi au préfet, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de rechercher à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de la progression de l'étudiant dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant avec sérieux les études entreprises.

9. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'après avoir obtenu une licence de sciences, technologies, santé mention chimie au titre de l'année universitaire 2019-2020, M. A a été déclaré défaillant en première année de Master mention chimie au titre de l'année 2020-2022 et qu'il a été ajourné à l'issue de son redoublement l'année suivante. Si le requérant entend expliquer ses deux échecs par les difficultés financières consécutives à l'épidémie de Covid-19 rencontrées par ses parents restés au Vietnam et aux besoins desquels il a dû subvenir en occupant un emploi à temps partiel, ces éléments, par ailleurs non suffisamment étayés, ne sont pas de nature à justifier l'échec à son année de redoublement. En outre, l'inscription de M. A en diplôme d'université d'études françaises niveau B2 au titre de l'année 2022-2023, sans lien avec le cursus précédemment suivi, ne constitue pas une progression de l'étudiant. M. A n'établit pas, ainsi qu'il l'affirme, avoir manqué d'options pour la poursuite de ses études du fait de la communication tardive de ses résultats aux examens, circonstance qui justifierait, selon lui, cette réorientation. D'autre part, il ressort du formulaire d'examen de situation de l'intéressé qu'il était conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit renouvelé son titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartenait d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles lors du dépôt de sa demande et il lui était loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Ainsi, contrairement à ce qu'affirme le requérant, il n'appartenait pas au préfet du Nord de solliciter des explications complémentaires sur son changement d'orientation. Enfin, si son inscription en licence professionnelle Professionnalisation en chimie et développement durable, au titre de l'année universitaire suivante postérieure à la décision en litige, n'apparaît pas sans lien avec la nature des études poursuivies antérieurement, ce diplôme correspond à un niveau de trois années d'études supérieures, niveau de diplôme dont il est déjà titulaire. Dès lors, et bien qu'il présente un projet universitaire cohérent dans son dernier changement d'orientation, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation ni erreur de droit au regard des dispositions précitées des articles L. 422-1 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet du Nord a considéré que M. A ne démontrait pas la réalité et le sérieux de ses études. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions légales précitées doit être écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. A, sans enfant à charge, est arrivée en France le 19 août 2015. S'il établit vivre en concubinage avec une compatriote titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " valable jusqu''au 3 février 2024, il n'établit leur vie commune que depuis 2021, soit relativement récemment à la date de la décision en litige. Il ne justifie d'aucun autre lien personnel d'une particulière ancienneté et intensité alors qu'il n'est pas isolé dans son pays d'origine où résident ses parents, avec lesquels il a maintenu des liens, ainsi que son frère. Enfin, son insertion professionnelle, alors qu'il sollicite le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", est relativement récente. Dans ces conditions, en prenant la décision attaquée, le préfet du Nord n'a pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précitées. Par suite, le moyen doit être écarté.

12. En troisième lieu, si la compagne de M. A est titulaire, à la date de la décision en litige, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " et non " étudiant ", l'administration n'a tiré aucune conséquence de cette mention erronée pour prendre la décision en litige. En outre, ainsi qu'il a été dit précédemment, la relation de concubinage dont se prévaut le requérant présente un caractère récent. Par suite, cette erreur est sans incidence sur la légalité de la décision en litige et le moyen doit être écarté.

13. En dernier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er août 2023 par laquelle le préfet du Nord lui a refusé le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ".

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er août 2023 par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français.

Sur la décision fixant le pays de destination :

18. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er août 2023 par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "

22. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré régulièrement en France le 19 août 2015, qu'il n'a pas déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et que sa présence sur le territoire français ne représente pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 11, le requérant n'établit une vie commune avec sa petite amie compatriote que depuis 2021, ne justifie d'aucun autre lien personnel d'une particulière ancienneté et intensité et présente une insertion professionnelle relativement récente. Par suite, en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet du Nord n'a pas commis d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile, citées au point précédent. Par suite, le moyen doit être écarté.

23. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er août 2023 par laquelle le préfet du Nord lui a interdit son retour sur le territoire français avant l'expiration d'un délai d'un an.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Dewaele et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

L.-J. Lançon

Le président,

signé

J.-M. Riou

La greffière,

signé

I. Baudry

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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