jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2309559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GOMMEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 octobre et 29 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Gommeaux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2023 en tant que le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement de certificat de résidence algérien, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour ainsi qu'une autorisation de travail, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet du Nord n'a pas jugé utile de solliciter les documents médicaux justifiant sa pathologie, en méconnaissance des dispositions des articles L. 114-5 et R. 112-11-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des stipulations du titre III du protocole du 22 décembre 1985 annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 quant au caractère réel et sérieux des études .
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a produit, à la demande du tribunal, ses résultats d'examen au titre de l'année universitaire 2021-2022, enregistrés le 14 mars 2024, qui n'ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Horn, rapporteur ;
- et les observations de Me Vrhaegen, substituant Me Gommeaux, représentant M. B.
Une note en délibéré, présentée par M. B a été enregistrée le 27 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 8 février 2003 à Mohammadia (Algérie), est entré en France le 29 août 2021 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable du 17 août au 15 novembre 2021. Il a ensuite été mis en possession d'un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " valable du 16 mars 2022 au 15 mars 2023. Le 20 juillet 2023, il a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence algérien. Par un arrêté du 30 octobre 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement de certificat de résidence algérien, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". / () ". Il appartient au préfet, saisi d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour délivré sur le fondement de ces stipulations, d'apprécier, sous le contrôle du juge, le caractère réel et sérieux des études poursuivies.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B qui s'est inscrit en première année à l'Ecole pour l'informatique et les techniques avancées (EPITA) à Strasbourg au titre de l'année universitaire 2021-2022, n'a pas validé ses examens. Au titre de l'année universitaire 2022-2023, il s'est réorienté et s'est inscrit en première année de licence mention " Sciences exactes et sciences de l'ingénierie " au sein de l'Université de Lille. Au terme des examens de cette année universitaire, il a été ajourné. Toutefois, d'une part, M. B démontre avoir validé ses examens de L1 SESI en 2022-2023 en mathématiques élémentaires avec une moyenne de 12/20, mathématiques fondamentales (UE 2) avec une note de 13,16/20, en informatique (UE 4) avec une note de 12,8/20, et en physique - force champ et énergie avec une note de 11,53/20. Il a ainsi validé au titre de l'année universitaire 2022-2023 un total de 21 crédits ECTS sur un total de 60. D'autre part, M. B établit avoir souffert d'une myocardite post-covid, ayant nécessité une hospitalisation du 6 au 11 juillet 2022 dont le compte-rendu fait état d'une perte de 6 kilogrammes en un an et d'un trouble anxieux, à la suite de laquelle lui a été prescrit, au titre d'une affection de longue durée, un traitement quotidien de bêtabloquants et d'inhibiteurs de l'enzyme de conversion pendant six mois ainsi que la réalisation des différents tests cardiaques. En outre, il produit une attestation du 23 juin 2022 de la responsable des enseignements des sciences de l'ingénieur à l'EPITA faisant état de ses difficultés mais également de ses problèmes de santé et de ses efforts de travail ainsi qu'une attestation du 14 novembre 2023 de la professeure des universités en informatique codirectrice des études de L1 SESI, précisant que M. B a " été ajourné en L1 SESI pour l'année 2022-2023 pour des raisons de santé ". Dans ces conditions, son état de santé a été de nature à perturber le déroulement de ses études en 2022-2023, lequel constitue une circonstance particulière de nature à justifier la progression limitée de M. B dans la réussite de ses études. Dès lors, en se fondant sur l'absence de caractère réel et sérieux des études de M. B en raison de son absence de progression effective et significative, le préfet du Nord a entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision portant refus de renouvellement de certificat de résidence algérien doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, sous réserve d'un changement de circonstances de fait, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Nord, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de délivrer à M. B un certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " d'une durée d'un an. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 30 octobre 2023 par lequel le préfet du Nord a rejeté la demande de M. B de renouvellement de certificat de résidence algérien, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de renouveler le certificat de résidence algérien portant la mention " étudiant " de M. B.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 27 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. HORNLa présidente,
Signé
J. FÉMÉNIA
La greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
No 2309559
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026