vendredi 10 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2309613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE - CRA COQUELLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2023, M. B D demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 3 novembre 2023 par lequel le préfet de la Somme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Somme qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;
- les observations de Me De Bouteiller, avocate de M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe ; elle soulève en outre à l'encontre des décisions attaquées le moyen tiré de la violation du droit de M. D à être entendu, tel que garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- les observations de M. D, assisté de M. A, interprète assermenté en langue arabe ;
- le préfet de la Somme n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant marocain né le 27 janvier 2004, demande l'annulation de l'arrêté en date du 3 novembre 2023 par lequel le préfet de la Somme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
2. En premier lieu, par un arrêté en date du 31 juillet 2023, publié le même jour au recueil spécial n° 2023-095 des actes de la préfecture, le préfet de la Somme a donné délégation à M. C E, directeur de cabinet du préfet, dans le cadre des permanences qu'il assure, à l'effet de signer, notamment, toutes les décisions relevant de la législation et de la réglementation relatives à l'entrée, au séjour des étrangers en France et au droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le préfet de la Somme a mentionné les circonstances de droit et de fait sur lesquelles il s'est fondé pour prendre les décisions attaquées. Ces considérations sont suffisamment développées pour permettre à M. D de comprendre et discuter les motifs de ces décisions et pour le juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
5. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été entendu le 3 novembre 2023 par les services de police du commissariat d'Amiens par le truchement d'une interprète en langue arabe, langue qu'il comprend. Si le requérant se prévaut de ce que le nom du fonctionnaire ayant procédé à cette audition n'est pas indiqué sur le compte-rendu d'audition et que ne figure pas au dossier la preuve du dysfonctionnement du logiciel de retranscription, ces éléments ne sont pas de nature, en eux-mêmes, à tenir pour non avenue l'audition dont l'intéressé reconnaît avoir fait l'objet. Par ailleurs, si M. D soutient à l'audience que les propos retranscrits sur le compte-rendu d'audition ne le concernent pas, dès lors qu'il n'a jamais indiqué vouloir aller en Espagne, il ressort toutefois de ce compte-rendu que l'intéressé, assisté de l'interprète, l'a signé. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D aurait eu à faire valoir des éléments pertinents de nature à influencer le sens des décisions prises par le préfet de la Somme. Enfin, ainsi qu'il a été énoncé au point précédent, le droit d'être entendu implique seulement que l'intéressé soit mis en mesure de présenter spontanément des observations écrites sans qu'il soit nécessaire pour le préfet d'inviter spécifiquement l'intéressé à formuler de telles observations. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu a été méconnu. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D a déclaré avoir quitté son pays d'origine en 2018. Si le requérant soutient à l'audience avoir vécu deux années en Italie chez un cousin puis avoir séjourné en Belgique dans un foyer et enfin à Paris, dans un autre foyer pour mineurs, il ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. En tout état de cause, ces éléments ne sont pas de nature à établir que l'intéressé serait intégré en France où il ne réside, selon ses déclarations, que depuis 2022, où il ne se prévaut d'aucune relation particulière et où il ne dispose à ce jour d'aucun hébergement. M. D ne démontre par ailleurs pas qu'il serait isolé dans son pays d'origine, où résident encore ses parents ainsi que ses frères et sœurs, selon ses déclarations à l'audience. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Somme aurait commis une erreur manifeste d'appréciation lorsqu'il a pris les décisions attaquées. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 13 octobre 2023 par lequel le préfet la Somme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Somme.
Lu en audience publique le 10 novembre 2023.
La magistrate désignée,
Signé,
F. BONHOMMELa greffière,
Signé,
F. JANET
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026