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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2309884

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2309884

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2309884
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMARSEILLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 novembre, 15 décembre 2023, et 2 mai 2024, Mme D A, représentée par Me Marseille, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, dans les mêmes conditions, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- il a été signé par une autorité incompétente.

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale du fait de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Le 22 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit, à la demande du tribunal, l'entier dossier médical de Mme A, qui a été communiqué.

Par un mémoire, enregistré le 22 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a présenté des observations.

Mme A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Horn a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A, ressortissante albanaise née le 28 juillet 1994 à Qaf Grade (Albanie), déclare être entrée en France le 14 mars 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 19 juillet 2022, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 27 octobre 2022. Le 24 novembre 2022, elle a sollicité la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour au titre de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 25 juillet 2023, le préfet du Nord a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur le moyen commun aux décisions attaquées :

2. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 22 juin 2023, publié le même jour au recueil n° 155 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à M. C B, sous-préfet de Valenciennes, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour et faisant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision portant refus de délivrer une autorisation provisoire de séjour :

3. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante avant de prendre la décision contestée. Par suite, le moyen doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ". Aux termes de l'article

L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé / () ".

5. Pour refuser à Mme A la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour au titre de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Nord s'est fondé d'une part sur l'avis du 29 juillet 2021 du collège de médecins du service médical de l'OFII qui a estimé que l'état de santé de l'enfant de Mme A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'elle pouvait, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement adapté et qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, elle pouvait voyager sans risque et d'autre part sur la circonstance que Mme A, son mari et son fils résidaient en France depuis seulement six mois à la date de dépôt de leur demande de titre de séjour et ne justifiait pas de leur résidence habituelle en France.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, son mari et son enfant, né le 5 octobre 2017, sont entrés en France le 14 mars 2022, soit depuis un an et quatre mois à la date de la décision attaquée, et justifient résider habituellement en France depuis 21 mars 2022, ayant été d'abord hébergé au titre du dispositif d'hébergement d'urgence puis au titre du dispositif d'accueil du demandeur d'asile à compter du 1er juillet 2022. Dès lors, Mme A peut être regardée, à la date de la décision contestée, comme résidant de manière habituelle en France pour l'application des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées.

7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité ou l'impossibilité pour ce dernier de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. Il ressort des pièces du dossier que le fils de la requérante, né le 5 octobre 2017, souffre d'autisme infantile, d'épilepsie et d'hyperthyroïdie. Ces pathologies nécessitent, à la date des décisions attaquées, d'une part, un suivi pluridisciplinaire par un neurologue pédiatrique, un endocrinologue pédiatrique, un orthophoniste, ainsi que sur le plan psychomoteur et d'autre part des analyse biologiques et un suivi clinique réguliers afin d'adapter les posologies du traitement médicamenteux journalier de l'enfant composé de Valproate de sodium et de Levothyrox. Par ailleurs, il était, à la date de la décision attaquée, inscrit en classe de moyenne section de maternelle, bénéficiait de l'assistance d'un accompagnant d'élèves en situation de handicap tandis que la famille était accompagnée par une plateforme de coordination et d'orientation pour les troubles du neurodéveloppement. Par son avis du 28 juin 2023, le collège des médecins de l'OFII a considéré que l'état de santé du fils de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur leur état de santé mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Si la requérante, se prévaut d'une attestation du 20 novembre 2023 du bureau local de l'éducation du district dans lequel la famille résidait en Albanie concernant l'existence d'écoles ou d'instituts spécialisés dans l'accompagnement d'enfants en situation de handicap, traduite en français par une traductrice assermentée, cet élément ne saurait suffire à démontrer que les caractéristiques du système de santé albanais ne permettraient pas à son fils de bénéficier des soins et du suivi appropriés alors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait de fiche MedCoi produit par l'OFII qu'une prise en charge médicale spécialisée en pédopsychiatre, neuropédiatre, orthophoniste, et psychologue pour enfants est disponible en Albanie, dans l'établissement l'University Hospital Mother Teresa, Qendra Spitalore Universitare Nënë Tereza situé à Tirana. En outre, les considérations générales extraites d'un rapport de 2018 du commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, qui relèvent en des termes généraux la stigmatisation des enfants handicapés en Albanie et les difficultés de leur prise en charge sur le plan éducatif, que corroborent des observations formulées par le Défenseur des droits dans le cadre d'autres instances contentieuses, ne sont pas davantage de nature à établir que leur fils ne pourrait pas recevoir des soins appropriés à son état de santé en Albanie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A n'est arrivée que récemment sur le territoire français, à la date de la décision en litige, avec son fils et son mari, compatriote qu'elle a épousé le 17 août 2012. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait développé des liens personnels ou amicaux d'une particulière intensité sur le territoire français autre que ceux tissés avec son mari et son fils, ou qu'elle serait insérée socialement ou professionnellement. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'un refus de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour au titre de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile assortie d'une mesure d'éloignement. Si le fils de Mme A souffre d'un autisme infantile, d'épilepsie et d'hypothyroïdie, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, ainsi qu'il a été précisé au point 8, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'une prise en charge adaptée dans son pays d'origine. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer en Albanie. Enfin, elle ne justifie pas qu'elle se retrouverait en situation d'isolement, ni qu'il serait dépourvu d'attaches privées et familiales en Albanie, pays dans lequel elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-sept ans et où résident encore ses parents et ses deux frères. Dans ces circonstances, le refus d'autorisation provisoire de séjour litigieux ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celui tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doivent être écartés.

11. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale./ () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

12. Compte tenu de ce qui a été dit au point 8, le fils de la requérante peut effectivement disposer en Albanie d'un traitement approprié à son état de santé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

13. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour.

Sur les autres moyens soulevés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte de ce précède que le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant refus de séjour doit être écarté.

15. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 10, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de la requérante doivent être écartés.

16. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

17. En quatrième et dernier lieu, si l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 stipule que : " 1. Les Etats parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant () ", ces stipulations créent seulement des obligations entre Etats sans ouvrir de droits aux intéressés. Par suite, Mme A ne peut utilement s'en prévaloir pour demander l'annulation de la décision attaquée.

18. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Sur les autres moyens soulevés contre la décision fixant le pays de destination :

19. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, au préfet du Nord et à Me Marseille.

Délibéré après l'audience du 15 mai 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Féménia, présidente,

- M. Bourgau, premier conseiller,

- M. Horn, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. HORNLa présidente,

Signé

J. FÉMÉNIA

La greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2309884

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