vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2310271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DELOBEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 novembre 2023 et 29 novembre 2023, M. B A, demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 21 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise a fixé l'Iran comme pays de destination de la peine d'interdiction judiciaire du territoire français de cinq années à laquelle il a été condamné.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête de M. A.
Elle soutient que :
- La requête, qui ne comporte l'énoncé d'aucune conclusion et d'aucun moyen, est irrecevable ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;
- les observations de Me Delobel, avocat de M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, hormis le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée qu'il déclare abandonner ;
- les observations de M. A, assisté de M. C, interprète en langue persan,
- la préfète de l'Oise n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant iranien né le 29 mars 1985, a fait l'objet d'une interdiction judiciaire du territoire français pour une durée de cinq ans, prononcée le 30 juillet 2021 par le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer, confirmée le 17 novembre 2021 par la Cour d'appel de Douai. Par un arrêté du 21 novembre 2023, dont M. A demande l'annulation, la préfète de l'Oise a fixé l'Iran comme pays de destination de la mesure d'éloignement.
2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que la préfète de l'Oise n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. A. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
5. M. A soutient craindre pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine. Il expose avoir été emprisonné en Iran à la suite d'un accident mortel de la circulation dans lequel il était impliqué et qui a causé la mort d'un mollah. Il ajoute avoir fait, à sa sortie de prison, du commerce de livres religieux à la frontière irako-iranienne, et expose, qu'après avoir échappé à un contrôle routier, il est parti se réfugier en Turquie où il s'est converti au christianisme. Il indique que si sa demande d'asile a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 1er février 2022, il a fait une demande de réexamen au centre de rétention le 27 novembre 2023. Toutefois, le requérant, qui se borne à se prévaloir dans le cadre de la présente instance de documentations générales quant à la situation des musulmans convertis au christianisme en Iran, ne produit aucun élément attestant de la réalité de ses allégations, qui sont demeurées particulièrement imprécises à l'audience, et ne démontre pas qu'il serait exposé à un risque réel et personnel de subir des traitements contraires aux stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise a fixé l'Iran comme pays de destination de la mesure d'éloignement.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Oise.
Lu en audience publique le 1er décembre 2023.
La magistrate désignée,
Signé,
F. BONHOMMELa greffière
Signé,
N. BELHARRET
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026