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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2311082

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2311082

jeudi 23 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2311082
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCALONNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 décembre 2023, M. C B, représenté par Me Calonne, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 août 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article R.431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les dispositions des articles L.423-22 et L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2024, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Féménia,

- et les observations de Mme A, représentant le préfet du Pas-de-Calais.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant guinéen qui serait né le 2 février 2005 à Matam-Conakry (Guinée), déclare être entré sur le territoire le 24 août 2019. Il a été placé auprès de l'aide sociale à l'enfance par le tribunal judiciaire de Pontoise le 22 octobre 2019. Le tribunal pour enfants de D a ordonné le maintien de son placement jusqu'au 2 février 2023. M. B a sollicité le 14 septembre 2022 la délivrance d'un titre de séjour vie privée et familiale en se prévalant de son placement auprès de l'aide sociale à l'enfance avant ses seize ans, sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 16 août 2023 dont il sollicite l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté litigieux mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement pour mettre utilement le requérant en mesure de discuter les motifs de cet arrêté et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écartée.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / () ". En vertu de l'article L. 811-2 du même code, la vérification des actes d'état civil étrangers doit être effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. Aux termes de ce dernier article : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Ces dispositions posent une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère. Cependant, la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a produit à l'appui de sa demande de titre de séjour un jugement supplétif d'acte de naissance n°8851 du 23 septembre 2019, un extrait du registre d'état civil naissance n°7099 du 18 novembre 2018 procédant à la transcription de ce jugement supplétif, ainsi qu'une carte consulaire délivrée par l'ambassade de Guinée en France le 14 septembre 2022. Toutefois, d'une part, l'authenticité de ces documents a été remise en cause par le préfet du Pas-de-Calais à la suite d'une analyse documentaire confiée, suite au refus opposé par les services de l'ambassade de France en Guinée, au service interdépartemental de la police aux frontières du Pas-de-Calais et de la Somme, qui a conclu au caractère irrégulier de ces documents. Pour ce faire, il s'est fondé, en ce qui concerne le jugement supplétif n°8851 du 23 septembre 2019, sur la mention de fondements juridiques incorrects au regard de la date de naissance du requérant, de mention de dispositions qui ne présentent pas de rapport avec le principe du jugement supplétif, sur l'absence d'éléments permettant d'établir la filiation du requérant conformément aux dispositions du code civil guinéen, ainsi que sur la présence d'incohérence relative à la transcription de la date du jugement. En ce qui concerne l'extrait du registre d'état civil naissance n°7099, le rapport se fonde sur l'absence de mentions obligatoires au titre du code civil guinéen, ainsi que sur les incohérences quant à l'identité du signataire. Enfin, en ce qui concerne la carte consulaire, le rapport excipe de l'absence de force probante du jugement supplétif pour justifier de celle de ce document.

5. D'autre part, le service compétent de la direction interdépartementale de la police aux frontières, saisi à une date postérieure à l'arrêté contesté, a par ailleurs apporté au préfet du Pas-de-Calais, le 18 janvier 2024, en cours d'instance, son appréciation sur les pièces produites par le requérant à l'appui du présent recours, à savoir un jugement supplétif d'acte de naissance du 23 septembre 2019 n°8851, un extrait du registre d'état civil naissance daté du 7 octobre 2019 n°6118 procédant à la transcription de ce jugement supplétif, un certificat de nationalité n°7184 en date du 18 novembre 2019 établi sur production du jugement supplétif du 23 septembre 2019 ainsi qu'un extrait de casier judiciaire n°8760 du 18 novembre 2019 également établi sur production dudit jugement. Il ressort de ce rapport que le jugement du 23 septembre 2019 produit par le requérant dans la présente instance présente des différences en ce qui concerne le numéro de la marque optiquement variable et le placement des cachets par rapport au même jugement qu'il avait produit dans le cadre de sa demande de titre de séjour et qui possède un contenu quasi-identique, le second rapport relevant également l'absence des formules exécutoires conformes sur le jugement produit par le requérant dans cette instance. En ce qui concerne l'extrait d'acte de naissance produit par le requérant dans le cadre de l'instance, le rapport relève qu'il présente une date ainsi qu'une référence différente de celles qui figurent sur l'extrait qu'il a produit dans le cadre de sa demande. En ce qui concerne le certificat de nationalité, il se fonde sur des dispositions du code civil guinéen qui, à la date à laquelle il a été édicté, n'ont pas de lien avec le certificat de nationalité. De plus, ce dernier a été établi sur demande manuscrite, au visa du jugement supplétif du 23 septembre 2019 n°8851. Enfin, en ce qui concerne l'extrait du casier judiciaire, ce dernier est également établi sur la base du jugement supplétif précité. En outre, si la carte consulaire peut être de nature à prouver l'état civil de l'intéressé, les irrégularités constatées affectent sa force probante. Or, si le requérant soutient à bon droit que le caractère incomplet du processus de légalisation n'est pas de nature à exclure toute force probante des actes produits pour justifier de la nationalité ou de l'état civil, il ne conteste pas les irrégularités relevées par le préfet du Pas-de-Calais. De même, les circonstances que M. B ait toujours indiqué la même identité depuis son arrivée en France et que celle-ci, ainsi que sa minorité, n'aient pas été remises en cause par les autorités administratives ou judiciaires en charge de la protection de l'enfance sont sans incidence sur le caractère probant des documents d'état-civil produits. Dans ces conditions, le préfet du Pas-de-Calais doit être regardé comme apportant la preuve de l'absence de force probante des documents d'état civil produit. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ce moyen doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes du L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ". Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, il ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé, appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Le juge de l'excès de pouvoir exerce sur cette appréciation un entier contrôle.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré sur le territoire français en 2019 à l'âge de quatorze ans et sept mois, avant d'être confié à l'aide sociale à l'enfance en tant que mineur étranger isolé. Il justifie de l'obtention d'un certificat de formation générale en 2020 ainsi que d'un diplôme d'études en langue française A2 en 2021. Il justifie avoir suivi au titre des années 2020 à 2023 un CAP charcutier-traiteur, ayant établi un contrat de formation avec une entreprise pour une durée de 24 mois du 1 avril 2021 au 30 juin 2023. Toutefois, il n'est pas contesté que son employeur a mis un terme à ce contrat en novembre 2022 au motif que M. B présentait une posture professionnelle non adaptée, un manque de ponctualité et une difficulté de communication avec celui-ci. Si le requérant soutient avoir entamé par la suite un stage auprès d'une entreprise située à Marquise, il ne produit aucun élément de nature à justifier ces allégations et ne justifie que de l'exécution de deux missions intérimaires dans le domaine agro-alimentaire, l'une en mars 2023 et l'autre en juillet 2023. En outre, il ressort également des pièces du dossier et notamment de l'avenant au rapport socio-éducatif sur l'intégration du requérant établi le 1er décembre 2022 par la structure d'accueil que si M. B a été hébergé dans un appartement en semi-autonomie, il a dû retourner en logement collectif suite à de multiples fugues. Il ressort également de ce rapport qu'il a fait l'objet de deux dépôts de plainte, d'une part pour dégradation de biens matériels et d'autre part pour non-respect du règlement du service d'accompagnement vers l'intégration et de propos menaçants à l'égard d'une éducatrice ayant donné lieu à un avertissement pénal probatoire en date du 31 mai 2023, faits qu'il ne conteste pas. Ainsi, en retenant que M. B ne justifie pas du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation et de son insertion dans la société française, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. B déclare être entré en France en août 2019, à l'âge de quatorze ans et sept mois. Par une demande en date du 14 septembre 2022, il a sollicité du préfet du Pas-de-Calais une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L.423-23 précité. S'il se prévaut de sa relation amoureuse avec une ressortissante française depuis février 2023, le caractère récent de cette relation ne permet pas d'établir d'un lien intense, ancien et stable au regard des dispositions précitées. S'il se prévaut également de son investissement au sein du club sportif ES Saint-Léonard et de ses relations amicales sur le territoire français, les attestations, peu circonstanciées et, en ce qui concerne la première, ancienne, produites par le requérant ne permettent pas, de même, d'établir l'existence de tels liens. En outre, le requérant ne soutient pas qu'il ne pourrait pas se réinsérer socialement et professionnellement dans son pays d'origine et qu'il serait dépourvu d'attaches privée et familiale en Guinée, où il ne conteste pas qu'y réside sa mère ainsi que sa sœur. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux objectifs poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. En cinquième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En sixième et dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 9, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences la situation personnelle du requérant doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. La décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de laquelle la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise n'est pas, ainsi que cela a été exposé plus haut, entachée d'illégalité. Le moyen tiré, par la voie de l'exception, d'une telle illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

14. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. La décision portant obligation de quitter le territoire français sur le fondement de laquelle la décision fixant le pays de destination a été prise n'est pas, ainsi que cela a été exposé plus haut, entachée d'illégalité. Le moyen tiré, par la voie de l'exception, d'une telle illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.

16. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a fixé le pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant un an.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 août 2023, par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pendant un an

20. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 30 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Calonne et au préfet du Pas-de-Calais.

Délibéré après l'audience du 17 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Féménia, présidente-rapporteure,

M. Bourgau, premier conseiller,

M. Horn, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

J. FÉMÉNIA

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

Signé

T. BOURGAU La greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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