mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2311355 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS RICHER ET ASSOCIES DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 22 décembre 2023 et 10 avril 2024, le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France, représenté par Me Bodart, demande au tribunal d'homologuer le protocole d'accord qu'elle a conclu le 26 novembre 2019 avec la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois.
Il soutient qu'il est fondé à demander l'homologation du protocole d'accord, dès lors qu'il existe des difficultés particulières rencontrées par les parties dans son exécution et tenant soit à un refus d'exécution de l'une des parties, soit à des désaccords sur la manière de comprendre les termes du protocole.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, représentée par Me Richer, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la demande d'homologation est irrecevable, en l'absence de difficultés particulières ;
- elle est prématurée.
Par un courrier du 16 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'homologation du protocole d'accord conclu le 26 novembre 2019, dès lors qu'il ne vise pas à remédier à une situation telle que celle créée par une annulation ou la constatation d'une illégalité qui ne peuvent donner lieu à régularisation et que son exécution ne se heurte pas à des difficultés particulières.
La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemée,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- et les observations de Me Bodart représentant le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 juillet 2019, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois a lancé un marché de travaux ayant pour objet la sécurisation de la rive nord de la baie d'Authie, où se trouve un gisement de coques, par dragage et mesure de stabilisation. Afin de permettre l'indemnisation des pêcheurs à pied professionnels concernés par ces travaux, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois a conclu un protocole d'accord le 26 novembre 2019 avec le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France. Ce protocole d'accord prévoit notamment une évaluation de la population de coques avant et après travaux afin d'organiser les modalités d'indemnisation des pêcheurs à pied, la détermination d'une clé de dédommagement pour indemniser la perte de chiffre d'affaire engendrée par les travaux à partir du calcul de pourcentage résultant de la différence de population de coques entre avant et après les travaux, le versement d'une indemnité calculée au moyen de cette clé de dédommagement pour les pêcheurs à pied régulièrement licenciés auprès du comité et la validation par la communauté d'agglomération du protocole de répartition interne du comité. Par une délibération du 16 octobre 2021, le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France a fixé le protocole de répartition des indemnités pour les pêcheurs à pied professionnels. Par un courrier du 8 novembre 2021, le comité a demandé à la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois de valider par délibération sa délibération du 16 octobre 2021. Cette demande a été implicitement rejetée. Par un courrier du 14 avril 2023, à la suite d'un courrier du 29 mars 2023 du comité demandant une réunion de travail, la communauté d'agglomération a indiqué être dans l'attente des bilans comptables relatifs à l'indemnisation prévue afin d'établir le préjudice financier supposé. Par un courrier du 31 mai 2023, le comité a refusé de communiquer ces documents et a sollicité une nouvelle réunion de travail. Par un courrier du 20 juin 2023, la communauté d'agglomération a rappelé la nécessité, selon elle, d'obtenir les bilans comptables de chacun des pêcheurs professionnels. Par un courrier du 19 juillet 2023, le comité a proposé à la communauté d'agglomération l'organisation d'une mesure de médiation qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France demande au tribunal d'homologuer le protocole d'accord conclu le 26 novembre 2019.
Sur la demande d'homologation :
2. Aux termes de l'article L. 423-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Ainsi que le prévoit l'article 2044 du code civil et sous réserve qu'elle porte sur un objet licite et contienne des concessions réciproques et équilibrées, il peut être recouru à une transaction pour terminer une contestation née ou prévenir une contestation à naître avec l'administration. La transaction est formalisée par un contrat écrit. "
3. En vertu de l'article 2044 du code civil, le contrat de transaction, par lequel les parties terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître, a entre ces parties l'autorité de la chose jugée en dernier ressort. Il est exécutoire de plein droit, sans qu'y fassent obstacle, notamment, les règles de la comptabilité publique. Par suite, en dehors des cas où la contestation à laquelle il est mis fin a été précédemment portée devant le juge administratif, des conclusions tendant à ce que celui-ci homologue une transaction sont en principe dépourvues d'objet et par suite irrecevables.
4. La recevabilité d'une telle demande d'homologation doit toutefois être admise, dans l'intérêt général, lorsque la conclusion d'une transaction vise à remédier à une situation telle que celle créée par une annulation ou la constatation d'une illégalité qui ne peuvent donner lieu à régularisation, ou lorsque son exécution se heurte à des difficultés particulières. Tel peut notamment être le cas en matière de marchés publics et de délégations de service public.
5. Le protocole d'accord dont le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France demande l'homologation a pour objet d'indemniser la perte de chiffres d'affaires des pêcheurs à pied professionnels en raison des travaux de la baie d'Authie. La circonstance que la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois refuse d'exécuter le protocole d'accord qui a été conclu en l'absence de saisine préalable du juge administratif, ne peut être regardée comme une difficulté particulière d'exécution de ce protocole. Dès lors, les conclusions du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France tendant à l'homologation du protocole d'accord conclu le 26 novembre 2019 sont irrecevables.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France la somme demandée par la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au comité régional des pêches maritimes et des élevages marins Hauts-de-France, à la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois et au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 23 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. LEMÉE
Le président,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026