vendredi 19 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2311378 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CARDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Cardon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2023 par lequel le préfet de la Sarthe a ordonné son placement en rétention administrative en vue de son éloignement vers la Russie, pays dont il a la nationalité, en ce que cet arrêté désigne cet Etat comme pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue en méconnaissance du principe du contradictoire et de son droit à être préalablement entendu ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation eu égard à son état de santé, dans la mesure où il ne pourra bénéficier en Russie des soins appropriés à son état ;
- elle est entachée d'une méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2024, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable, en ce qu'elle demande l'annulation d'une décision portant pays de renvoi que l'arrêté du 26 octobre 2023 n'a ni pour objet, ni pour effet d'édicter, le pays de renvoi du requérant ayant été déterminé par un arrêté du ministre de l'intérieur du 11 mai 2021, devenu définitif, pris pour l'application d'un arrêté du ministre de l'intérieur du 4 décembre 2020 qui est toujours exécutoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".
2. En outre, l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile dispose : " L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 741-10 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge des libertés et de la détention, dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. Il est statué suivant la procédure prévue aux articles L. 743-3 à L. 743-18. ".
3. M. B, ressortissant russe d'origine tchétchène, né le 16 octobre 1982, est entré en France le 4 février 2008 pour y solliciter l'asile. Par une décision du 13 août 2008, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Par une décision du 19 juin 2009, la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a annulé la décision du 13 août 2008 précitée et a accordé le statut de réfugié à M. B. Ce dernier a ainsi été titulaire d'une carte de résident valable du 19 juin 2009 au 18 juin 2019. Par un jugement du 30 novembre 2016, le tribunal correctionnel de Paris a condamné M. B à une peine de cinq ans d'emprisonnement pour des faits de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme. Ce jugement a été confirmé par un arrêt de la cour d'appel de Paris du 12 septembre 2017. Par une décision du 30 mai 2018, l'OFPRA a retiré à l'intéressé le statut de réfugié au motif que le comportement de M. B constituait une menace grave à l'ordre public. Cette décision a été confirmée par une décision de la CNDA du 6 février 2020. Par un jugement du 15 juin 2018, le tribunal correctionnel d'Evry a également condamné l'intéressé à deux mois d'emprisonnement pour des faits de recel. Par un arrêté du 4 décembre 2020, le ministre de l'intérieur a prononcé l'expulsion de M. B du territoire français en urgence absolue. Par un arrêté du 11 mai 2021, le ministre de l'intérieur a fixé la Fédération de Russie comme pays de destination. Ces deux arrêtés ont été exécutés le 12 mai 2021. Au cours du mois de février 2023, M. B est toutefois entré de nouveau sur le territoire français en méconnaissance de l'arrêté d'expulsion toujours en vigueur. À la suite de son interpellation le 25 octobre 2023 par les services de police, l'intéressé a été placé en rétention administrative en vertu d'une décision du préfet de la Sarthe du 26 octobre 2023 en vue de son éloignement vers la Russie, pays dont il a la nationalité. M. B demande l'annulation de cet arrêté, en ce qu'il prévoit, selon lui, qu'il doit être éloigné vers la Russie.
4. L'arrêté attaqué, pris sur le fondement de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, n'a ni pour objet, ni pour effet de déterminer le pays vers lequel M. B doit être éloigné, mais uniquement de permettre son éloignement effectif du territoire. Au demeurant, ainsi qu'il a été dit au point 1 de la présente ordonnance, la détermination de la Russie comme pays de renvoi du requérant a été opérée par arrêté du ministre de l'intérieur du 11 mai 2021, dont la légalité a été confirmée en dernier lieu par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris n° 21PA06146 du 18 octobre 2022, devenu définitif. Ainsi, et sans préjudice de la circonstance que la contestation d'un arrêté pris sur le fondement de l'article L. 741-1 précité ressortit à la compétence du juge judiciaire en vertu de l'article L. 741-10 du même code, les conclusions de la requête de M. B sont dirigées contre une décision inexistante et, par suite, elles sont manifestement irrecevables.
5. Il résulte de toute ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, y compris sa demande formée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en vertu du 4° de l'article R. 222-1 du même code précité.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Olivier Cardon et au préfet de la Sarthe.
Fait à Lille, le 19 janvier 2024.
Le premier vice-président,
Signé,
Yann LIVENAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026