mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2400503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BODART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2024, et un mémoire, enregistré le 31 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Jamais, demande au juge des référés :
1°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin à la suspension, prononcée par l'article 1er de l'ordonnance n° 2306449 du 26 juillet 2023 du juge des référés, de l'exécution de l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Pecquencourt lui a accordé le permis de construire n° 059 45622 00018 sur un terrain situé rue du Pont du Croquet à Pecquencourt, parcelles cadastrées OD 1785, OD 1786, OD 1788 et OD 1789 ;
2°) de mettre à la charge de Mme C D la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il peut invoquer tout élément nouveau, alors même qu'il aurait pu être soumis au juge des référés initialement saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ;
- Mme D ne justifie pas de la notification au pétitionnaire de son recours gracieux, lequel n'a donc pas prorogé le délai de recours contentieux, de sorte que, le délai de deux mois pour saisir le tribunal administratif courant à compter du 27 mars 2023, la requête enregistrée le 13 juillet 2023 est tardive ;
- si Mme D est propriétaire de l'appartement situé 74 rue du Pont Croquet, elle n'y réside pas, et ne justifie pas d'un intérêt à agir contre l'arrêté en litige ;
- si l'arrêté en litige ne comporte pas la mention du prénom et du nom de son auteur, cette circonstance est sans incidence sur sa légalité dès lors que son auteur peut être identifié sans ambiguïté par sa qualité et que la signature de cet auteur y est apposée ;
- s'il n'a pas fait mention des deux places de stationnement dans sa demande de permis de construire, c'est qu'il en ignorait alors l'existence, celles-ci n'étant matérialisées par aucune signalétique ni marquage au sol, et que, s'il n'a pas, non plus, fait mention du candélabre, cette circonstance ne démontre pas son intention de tromper l'administration, mais relève d'une simple omission, l'emplacement initial de ce candélabre ne gênant pas l'accès à son garage, de sorte que le permis de construire n'a pas été obtenu par fraude ;
- le permis de construire ne méconnaît pas les dispositions de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme, les places de stationnement invoquées par Mme D devant être regardées comme inexistantes, en l'absence d'arrêté municipal pris sur le fondement de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales, et le nouvel emplacement du candélabre ne gênant en rien l'entrée de garage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, Mme C D, représentée par Me Bodart, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- M. B ne fait état d'aucun élément nouveau justifiant qu'il soit mis fin à la suspension prescrite par l'ordonnance n° 2306449 du 26 juillet 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;
- l'arrêté en litige ne comporte la mention ni du prénom, ni du nom de son auteur, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, et la signature est illisible et ne permet pas de s'assurer de l'identité réelle de l'auteur ;
- le permis de construire a été obtenu par fraude, M. B ayant délibérément omis d'indiquer dans sa demande, d'une part, qu'un candélabre était implanté, en dehors de sa propriété, au niveau du garage projeté et ne justifiant pas de la régularité du déplacement de ce candélabre, et d'autre part, l'existence des deux places de stationnement présentes au droit de son garage, réalisées en exécution du permis de construire valant division, délivré à la société Sofim ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme, l'entrée et la sortie du garage du projet n'étant possible qu'en manœuvrant sur les places de stationnement de la résidence et donc uniquement si ces places ne sont pas déjà utilisées.
Par un mémoire, enregistré le 31 janvier 2024, la commune de Pecquencourt, représentée par la SCP Hicter, d'Halluin et associés, demande :
1°) qu'il soit mis fin à la suspension prononcée par l'ordonnance précitée n° 2306449 du 26 juillet 2023 du juge des référés ;
2°) de mettre à la charge de Mme C D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
Vu :
- l'ordonnance n° 2306449 du 26 juillet 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 1er février 2024 à 10h30, en présence de Mme Deregnieaux, greffière, M. Robbe, juge des référés, a lu son rapport et entendu :
- Me Jamais, représentant M. B ;
- Me Dubois-Catty, représentant la commune de Pecquencourt ;
- et Me Bodin, représentant Mme D.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité, le 24 novembre 2022, la délivrance d'un permis de construire une maison individuelle, sur un terrain situé rue du Pont du Croquet, sur le territoire de la commune de Pecquencourt. Ce permis de construire lui a été délivré par un arrêté du maire de Pecquencourt du 13 janvier 2023. Par une ordonnance n° 2306449 du 26 juillet 2023, le juge des référés a, à la demande de Mme C D, suspendu l'exécution de cet arrêté du 13 janvier 2023. M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin à cette suspension.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Les dispositions ci-dessus reproduites de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ne font pas obstacle à ce que le juge des référés modifie les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin au vu d'un moyen nouveau que lui soumettrait à cette fin l'une des parties ou toute autre personne intéressée, alors même que ce moyen aurait pu lui être soumis dès la première saisine.
4. A l'appui de sa demande tendant, sur le fondement de cet article L. 521-4 du code de justice administrative, à ce qu'il soit mis fin à la suspension prescrite par l'ordonnance n° 2306449 du 26 juillet 2023, M. B, qui n'avait pas produit de mémoire en défense à l'occasion de l'instance ayant donné lieu à cette ordonnance, soutient, pour la première fois, que les conclusions de Mme D contre cet arrêté sont irrecevables, et que les moyens fondant cette suspension ne sont pas propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige. Mme D n'est donc pas fondée à soutenir que, à l'appui de sa demande, M. B ne se prévaut d'aucun élément nouveau.
5. Pour prononcer la suspension du permis de construire délivré par l'arrêté en litige du 13 janvier 2023, et à laquelle il est demandé de mettre fin, le juge des référés, dans son ordonnance n° 2306449 du 26 juillet 2023, a admis l'intérêt à agir de Mme D en relevant sa qualité de voisine du terrain d'assiette du projet.
6. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Lorsque l'acte administratif objet du litige n'est pas susceptible de recours par le requérant, cette irrecevabilité affecte tant la demande d'annulation de cet acte que la demande tendant à sa suspension.
7. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le code de l'urbanisme, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.
8. Pour justifier de son intérêt à agir contre le permis de construire délivré par l'arrêté en litige, Mme D a, tant dans sa requête au fond que sa requête en référé présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, invoqué sa seule qualité de propriétaire du logement situé 74 rue du Pont Croquet, jouxtant le terrain d'assiette du projet autorisé par ce permis. M. B soutient, sans être sérieusement contesté sur ce point, qu'elle n'occupe pas ce logement, mais qu'elle réside au 49 C rue Suzanne Lannoy, à Masny, à environ 11 minutes en voiture de la rue du Pont Croquet. Contrairement à ce qu'elle soutient, Mme D n'a donc pas la qualité de voisin immédiat. La seule circonstance que le projet en cause jouxte le logement lui appartenant mais qu'elle n'occupe pas, ne peut suffire, à elle seule, à établir que ce projet affecte directement les conditions de jouissance de ce bien, Mme D n'indiquant pas si celui-ci est utilisé par elle, vide de toute occupation, ou mis en location auprès d'un tiers. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, et ainsi que le soutient M. B, Mme D ne justifie pas d'un intérêt à agir contre l'arrêté en litige. Par suite, tant sa demande d'annulation de cet acte que sa demande tendant à sa suspension sont irrecevables.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander qu'il soit mis fin à la suspension de l'exécution du permis de construire délivré par l'arrêté du 13 janvier 2023.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D une somme de 800 euros à verser à M. B, ainsi qu'une somme identique à verser à la commune de Pecquencourt, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme réclamée au même titre par Mme D.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est mis fin à la suspension prononcée par l'article 1er de l'ordonnance n° 2306449 du 26 juillet 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille.
Article 2 : Mme D versera à M. B et à la commune de Pecquencourt une somme de 800 euros chacun, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de Mme D présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Mme C D et à la commune de Pecquencourt.
Fait à Lille, le 6 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
J ROBBE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026