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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2400764

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2400764

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2400764
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantLEFEBVRE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I/ Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 janvier 2024, 23 avril 2024 et 24 avril 2024 sous le numéro 2400764, M. G E, représenté par Me Lefebvre, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 septembre 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un certificat de résidence à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, dans le même délai et sous la même astreinte, de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant refus de titre de séjour et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- il n'est pas établi qu'elles aient été signées par une autorité habilitée ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la préfecture, en ne renouvelant pas son autorisation provisoire de séjour à partir du 28 décembre 2022 alors qu'elle y était légalement tenue, n'a pas permis à son employeur de solliciter une autorisation de travail qui lui aurait permis d'obtenir un certificat de résidence sur le fondement des stipulations de l'accord franco-algérien applicable à sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant compte tenu des soins que requiert l'état de santé de son fils D ;

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

- elles sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions applicables, car il justifie d'une ancienneté de séjour ainsi que d'attaches familiales en France et il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 novembre 2023.

II/ Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 janvier 2024, 23 avril 2024 et 24 avril 2024 sous le numéro 2400765, Mme B A, épouse E, représentée par Me Lefebvre, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 septembre 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un certificat de résidence à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, dans le même délai et sous la même astreinte, de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant refus de titre de séjour et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- il n'est pas établi qu'elles aient été signées par une autorité habilitée ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- les services de la préfecture ont adopté un procédé déloyal pour qu'elle présente, le 20 septembre 2023, une demande de titre de séjour ; en outre la décision de refus comporte une erreur de fait sur la date d'enregistrement de sa demande ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant compte tenu des soins que requiert l'état de santé de son fils D ;

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

- elles sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions applicables, car elle justifie d'une ancienneté de séjour ainsi que d'attaches familiales en France et elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 novembre 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Goujon ;

- et les observations de Me Lefebvre, avocat de M. et Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme E, ressortissants algériens nés respectivement le 7 décembre 1969 et le 6 novembre 1967, sont entrés en France le 4 juillet 2017 pour elle et le 28 octobre 2017 pour lui, munis de leur passeport revêtu d'un visa de court séjour à entrées multiples, délivré respectivement le 11 juin 2015 et le 29 juin 2015 par les autorités consulaires françaises et valable jusqu'au 10 juin 2020 et au 28 juin 2020. Ils ont sollicité, le 20 décembre 2018, un titre de séjour en qualité d'" accompagnant d'enfant malade " en se prévalant de l'état de santé de leur fils D, alors âgé de onze ans. Ils ont obtenu chacun la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour valable du 14 juin au 13 décembre 2019, renouvelée jusqu'au 10 juin 2020. M. et Mme E ont sollicité, le 16 juin 2020, le renouvellement de leur autorisation provisoire de séjour. Par deux arrêtés du 26 février 2021, le préfet du Nord a refusé de leur renouveler leur autorisation provisoire de séjour et de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Ces deux arrêtés ont été annulés par le tribunal par deux jugements du 10 juin 2022, qui eux-mêmes ont été annulés par deux arrêts de la cour administrative d'appel de Douai du 13 juin 2023. A la suite d'une nouvelle demande de titre de séjour de M. et Mme E présentée le 28 juillet 2023, le préfet du Nord a pris deux arrêtés du 26 septembre 2023, par lesquels il a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à leur encontre une interdiction de revenir sur le territoire français d'une durée d'un an. M. et Mme E demandent chacun l'annulation de l'arrêté qui le concerne.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2400764 et n° 2400765 visées ci-dessus concernent la situation d'un couple d'étrangers. Il y a, par suite, lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant refus de titre de séjour et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

3. Les deux arrêtés attaqués ont été signés par M. C F, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers à la préfecture du Nord. Par un arrêté du 20 septembre 2023, publié le même jour au recueil n° 253 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné, dans son article 12, délégation de signature à M. F en ce qui concerne les décisions relatives à la délivrance et au refus de délivrance d'un titre de séjour et d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées n'auraient pas été signées par une autorité compétente doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :

S'agissant des moyens communs aux deux requêtes :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme E sont présents en France depuis plus de six ans à la date des décisions attaquées, sous couvert, pour la période du 14 juin 2019 au 10 juin 2020 d'une autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnant d'un enfant malade, titre qui n'avait pas vocation à se prolonger postérieurement aux soins reçus par leur fils. S'ils font valoir que leurs quatre enfants, nés en Algérie, sont scolarisés en France, il n'est pas établi que ces derniers ne pourraient pas poursuivre une scolarité adaptée en Algérie. Bien qu'ils produisent des documents attestant que M. E est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de responsable de magasin et qu'ils soutiennent participer à des activités associatives, ces éléments sont insuffisants pour démontrer l'existence de liens privés stables et d'une particulière intensité en France alors qu'ils ont vécu en Algérie jusqu'à l'âge de quarante-huit ans pour M. E et cinquante ans pour Mme E. Ils ne démontrent pas non plus d'impossibilité de poursuivre leur vie familiale dans leur pays d'origine, avec leurs deux enfants devenus majeurs et en situation irrégulière sur le territoire français à la date des arrêtés en litige. Dès lors, en refusant de leur délivrer un titre de séjour, le préfet du Nord n'a pas porté au droit de M. et Mme E au respect de leur vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels les arrêtés contestés ont été pris et n'ont, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. En second lieux, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes ses décisions les concernant.

7. En l'espèce, les requérant ont un de leurs enfants, D, qui présente une anémie de Blackfan-Diamond, maladie génétique chronique rare, qui nécessite un suivi pluridisciplinaire, ainsi que des hospitalisations régulières pour des transfusions sanguines et dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si les requérants soutiennent que les décisions attaquées empêcheraient leur fils de suivre les soins que requiert son état de santé, il ressort des pièces du dossier que leur précédente demande de titre pour ce motif a été rejetée par des décisions du 26 février 2021, au vu d'un avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 28 décembre 2020, décisions définitivement validées par la cour administrative de Douai. Ni les certificats médicaux établis en 2023 qui indiquent notamment que le jeune D a besoin de faire des analyses biologiques à un rythme régulier, ni les rendez-vous médicaux ni la littérature médicale sur sa maladie ne sont de nature à remettre en cause l'appréciation portée précédemment sur la disponibilité du traitement en Algérie. Ainsi, les décisions de refus de titre de séjour attaquées, qui n'ont ni pour objet, ni pour effet de séparer M. et Mme E de leurs enfants, ne portent pas atteinte à l'intérêt supérieur de ces derniers. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

S'agissant du moyen spécifique à la requête n°2400764 :

8. Aux termes du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien modifié prévoit : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention 'salarié' : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ". L'article 9 du même accord précise que : " () / Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7 (), les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. / () ".

9. Pour refuser de délivrer à M. E le certificat de résidence sollicité, le préfet du Nord a relevé, d'une part, que l'intéressé ne disposait pas d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, et, d'autre part, qu'il était démuni de visa de long séjour. Le requérant, qui se borne à se prévaloir d'une faute de la préfecture qui, en ne lui renouvelant pas son autorisation provisoire de séjour après le 28 décembre 2022, aurait empêché son employeur d'obtenir l'autorisation de travail précitée, ne conteste pas ces éléments d'appréciation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

S'agissant du moyen spécifique à la requête n°2400765 :

10. En premier lieu, dans le cadre de l'instruction de la demande de titre de séjour de M. E, les services de la préfecture ont demandé, par un courriel du 19 septembre 2023, que son épouse leur transmette une demande de titre de séjour. Mme E soutient que l'administration a manqué à son obligation de loyauté en la poussant à faire cette demande qui a abouti à un refus, alors qu'elle ne souhaitait pas le faire.

11. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que, contrairement à ce que la requérante soutient, la préfecture l'aurait induite en erreur en lui faisant croire à une issue favorable à sa demande, ni qu'elle aurait agi dans le seul but de la rejeter, de lui délivrer une obligation de quitter le territoire et de prononcer à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an, alors qu'il ressort par ailleurs des termes de la décision attaquée que sa demande de titre a fait l'objet par le préfet du Nord d'un examen particulier. Dans ces circonstances, Mme E n'est pas fondée à soutenir que l'administration aurait recouru à un procédé déloyal entachant d'illégalité la décision en litige.

12. En second lieu, l'erreur sur la date d'enregistrement de sa demande de titre de séjour doit être regardée comme une simple erreur de plume sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

13. Il résulte des points 3 à 12 que les décisions portant refus de titre de titre de séjour ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, M. et Mme E ne sont pas fondés à se prévaloir de l'illégalité de ces décisions à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

En ce qui concerne les décisions prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

14. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

15. Il ressort des pièces du dossier que si M. et Mme E et leurs enfants sont présents en France depuis plus de six ans et que leur présence ne constitue pas une menace à l'ordre public, ils ont déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement par la préfecture du Nord. Par ailleurs, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils disposent d'attache familiale en situation régulière en France, ni qu'ils aient noué des liens d'une particulière intensité sur le territoire. Par suite, préfet du Nord n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de leur situation personnelle en prononçant à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M et Mme E ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 26 septembre 2023 émis à leur encontre. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter leurs conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme E sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G E, à Mme B A, épouse E, à Me Lefebvre et au préfet du Nord.

Copie pour information sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cotte, président,

M. Fougères, premier conseiller,

M. Goujon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

J.-R. Goujon

Le président,

signé

O. CotteLa greffière,

signé

C. Lejeune

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2400764, 2400765

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