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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2401250

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2401250

mercredi 17 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2401250
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBALAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 février 2024, la société Le Chantilly Sport et la société Chajonv, représentées par Me Lacroix, demandent au juge des référés :

1°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 22 décembre 2023 par lequel le maire de Villeneuve d'Ascq a ordonné la fermeture au public de l'établissement " Le Chantilly " ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve d'Ascq la somme de 1 500 euros, à leur verser chacune, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent :

Sur l'urgence, que :

- la société Chajonv, en sa qualité d'exploitante du restaurant situé 1 rue Hoche, et la société Le Chantilly Sport, en sa qualité d'exploitante du centre sportif, ont intérêt à l'encontre de l'arrêté en litige ;

Sur l'urgence, que :

- la fermeture les conduirait à ne plus être en mesure de proposer du travail à leurs salariés respectifs ;

Sur le doute sérieux, que :

- l'arrêté en litige, notifié à M. D A, a été édicté au terme d'une procédure irrégulière, la mise en demeure préalable du 29 septembre 2023 et la convocation à la réunion de la commission communal de sécurité ayant été adressées à M. B A, qui n'est pas connu d'elles, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation et de celles de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- ni l'exploitant ni le propriétaire n'ont été destinataires de la mise en demeure exigée par l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation ;

- cet arrêté est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'erreurs de fait et d'appréciation ;

- la mesure d'interdiction prononcée par cet arrêté est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, la commune de Villeneuve d'Ascq, représentée par Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mis à la charge des sociétés requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir :

Sur l'urgence, que :

- les sociétés ne produisent aucune pièce comptable démontrant que l'arrêté en litige a pour effet de les priver d'une part substantielle de leur clientèle et, par suite, de leur chiffre d'affaires, et risquent ainsi de porter gravement atteinte à leur équilibre économique ;

- l'urgence à ne pas suspendre cet arrêté se déduit de son objectif de protection de la sécurité des usagers de l'établissement ;

Sur le doute sérieux, que :

- la mise en demeure du 29 septembre 2023 a pu être régulièrement notifiée, en dépit de l'erreur de prénom, les sociétés requérantes la produisent elles-mêmes, et alors que la commission communale de sécurité du 12 septembre 2023 s'est déroulée en présence de M. D A ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas, non plus, propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu :

- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 février 2024 à 15h15, en présence de Potet, greffier, M. Robbe, juge des référés, a lu son rapport et entendu :

- Me Lacroix, représentant la société Le Chantilly Sport et la société Chajonv ;

- et Me Balaÿ, représentant la commune de Villeneuve d'Ascq.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. L'ensemble immobilier situé 1 rue Hoche à Villeneuve-d'Ascq fait l'objet de deux exploitations distinctes, la première, portant sur cet ensemble à l'exception des installations sportives qui en dépendent, par la société Chajonv, présidée par M. C A, titulaire d'un bail commercial, et qui y exerce une activité de restauration avec service à table, et la seconde, portant sur ces seules installations, par la société Le Chantilly Sport, présidée par M. D A, qui bénéficie, de la part de la société Chajonv, d'un contrat de sous-location, et qui y exerce une activité de salles de sport, vente de produits, espace détente et relaxation.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par les sociétés requérantes n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, que les conclusions à fin de suspension présentées par la société Le Chantilly Sport et par la société Chajonv doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villeneuve d'Ascq qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme réclamée au titre des frais du procès par la société Le Chantilly Sport et par la société Chajonv.

5. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de la société Le Chantilly Sport et de la société Chajonv une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Villeneuve d'Ascq, au titre de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Le Chantilly Sport et de la société Chajonv est rejetée.

Article 2 : La société Le Chantilly Sport et la société Chajonv verseront solidairement à la commune de Villeneuve d'Ascq la somme de 1 000 (mille) euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Le Chantilly Sport, à la société Chajonv et à la commune de Villeneuve d'Ascq.

Fait à Lille, le 17 avril 2024.

Le juge des référés,

Signé,

J. ROBBE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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