mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2401816 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BARBRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces, enregistrés le 20 février 2024, le 6 mars 2024, le 7 mai 2024 et le 20 septembre 2024, ces dernières pièces n'ayant pas été communiquées, Mme A D, représentée par Me Megherby, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a retiré l'attestation de décision favorable sur sa demande de renouvellement de titre de séjour émise le 26 septembre 2023, a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant un an ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer un titre de séjour " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder au réexamen de sa situation, dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) en tout état de cause, d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
- cet arrêté a été signé par une personne dont il n'est pas établi qu'elle était compétente pour ce faire ;
- il est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- elle méconnaît le principe de sécurité juridique dès lors que le préfet du Pas-de-Calais a procédé au retrait de la décision favorable sur sa demande de renouvellement de titre de séjour en date du 26 septembre 2023, pourtant créatrice de droit, sans que ce retrait soit justifié par l'existence de faits nouveaux ;
- elle méconnaît les stipulations du titre III du protocole du 22 décembre 1985 annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article 9 du code civil ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 28 mai 2024 à 12 h 00 par une ordonnance du 13 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteil,
- les conclusions de M. Even, rapporteur public,
- les observations de Me Megherby, représentant Mme D,
- et les observations de M. C B, représentant le préfet du Pas-de-Calais.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, née 29 octobre 1994 en Algérie, de nationalité algérienne, est entrée en France le 29 septembre 2022, sous couvert d'un visa de type " D " mention " étudiant " valable du 20 septembre 2022 au 19 décembre 2022. Elle a bénéficié d'un certificat de résidence algérien portant la mention étudiant valable du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2023. A la suite de sa demande tendant au renouvellement de ce dernier titre de séjour le 2 août 2023, elle a été destinataire d'une " attestation de décision favorable ", l'informant de ce que, le 26 septembre 2023, une décision favorable avait été prise sur sa demande et de ce qu'une carte de séjour temporaire, valable du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2024, devait lui être délivrée. Par un arrêté du 23 janvier 2024, dont la requérante demande l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais a décidé du retrait de cette attestation de décision favorable, a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations, la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée. La décision de retrait ne peut intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations dans les conditions prévues aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration. "
3. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir obtenu un master de langue anglaise en 2019 en Algérie, Mme D est entrée en France le 29 septembre 2022 pour y suivre des études et s'est inscrite en première année de master en langue anglaise pour l'année universitaire 2022-2023. Ayant échoué à valider cette année, elle a expressément fait part au préfet du Pas-de-Calais de son souhait de réorientation vers la préparation d'un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " cuisine " en alternance dans une lettre qu'elle lui a adressée le 11 août 2023 en soutien à sa demande de renouvellement de titre de séjour " étudiant ". Le 26 septembre 2023, le préfet l'a informée qu'il avait pris une décision, créatrice de droits, favorable à sa demande d'admission au séjour. Si le préfet du Pas-de-Calais a, par la suite, procédé à une nouvelle analyse de la situation de la requérante et a estimé que le manque de cohérence et de progression des études de Mme D faisait obstacle à ce qu'un titre de séjour lui soit délivré à ce titre, il reste constant qu'aucun élément nouveau n'avait été porté à sa connaissance entre la décision favorable de septembre 2023 et la décision de retrait de janvier 2024 et que la situation de Mme D, qui n'avait par ailleurs pas obtenu cette décision favorable par fraude, n'avait pas évolué. Par suite, les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étaient pas remplies et le préfet du Pas-de-Calais ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, prendre la décision contestée sur le fondement desdites dispositions.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du 23 janvier 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a retiré l'attestation de décision favorable sur sa demande de renouvellement de titre de séjour émise le 26 septembre 2023. Par voie de conséquence, doivent être également annulées les décisions portant rejet de sa demande de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet du Pas-de-Calais délivre à Mme D le titre de séjour " étudiant " sollicité. Il y a lieu d'enjoindre audit préfet de procéder à cette délivrance dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
6. Il y lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a retiré l'attestation de décision favorable sur la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme D émise le 26 septembre 2023, a rejeté de sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant un an est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Pas-de-Calais de délivrer à Mme D un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme D la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au préfet du Pas-de-Calais.
Copie en sera transmise pour information au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le président,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIERE
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026