LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2401967

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2401967

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2401967
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en formation de 2ème chambre, a examiné les recours de M. A E C, ressortissant ivoirien, contre un arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 20 novembre 2023 refusant son titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et prononçant une interdiction de retour d'un an, ainsi que contre un arrêté d'assignation à résidence du 21 février 2024. Le tribunal a rejeté l'exception de tardiveté soulevée par le préfet et a annulé l'arrêté du 20 novembre 2023, ainsi que l'arrêté d'assignation à résidence qui en découlait, en raison d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. En conséquence, il a enjoint au préfet de délivrer une carte de séjour temporaire à M. C dans un délai de deux mois, sans astreinte, et a mis à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mars 2024 et le 17 avril 2024 sous le numéro 2402966, M. A E C, représenté par Me Broisin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 20 novembre 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer une carte de séjour temporaire au titre de sa vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous la même astreinte ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- sa requête n'est pas tardive dès lors qu'il a reçu notification de l'arrêté du 20 novembre 2023 le 21 février 2024 ;

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- cette décision a été signée par une personne dont il n'est pas établi qu'elle était compétente pour ce faire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 mars 2024 et le 6 mai 2024, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est tardive, et donc irrecevable.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C par une décision du 6 mai 2024.

La clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2024 à 12 h 00 par une ordonnance en date du 22 mars 2024.

II- Par une requête enregistrée le 22 février 2024 sous le numéro 2401967, M. A E C, représenté par Me Broisin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 21 février 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a prononcé son assignation à résidence ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- cette décision est la conséquence directe de l'arrêté préfectoral du 20 novembre 2023 dont il conteste la légalité dans la requête n° 2402966 ; il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de l'arrêté du 20 novembre 2023 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Le préfet du Pas-de-Calais a produit une pièce le 6 mai 2024.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C par une décision du 8 avril 2024.

La clôture de l'instruction a été fixée au 15 juillet 2024 à 12 h 00 par une ordonnance en date du 13 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monteil,

- les observations de M. C ;

- et les observations de M. D B, représentant le préfet du Pas-de-Calais.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E C, né le 27 septembre 1978 en Côte d'Ivoire, de

nationalité ivoirienne, déclare être entré en France en 2015. Par un premier arrêté du 2 août 2021, que le requérant n'a pas contesté, le préfet du Pas-de-Calais a rejeté sa demande de délivrance de carte de séjour temporaire et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il possède la nationalité. Le préfet du Pas-de-Calais a par la suite procédé au réexamen de sa situation et par un arrêté en date du 20 novembre 2023, dont le requérant demande l'annulation dans la requête n° 2402966, le préfet du Pas-de-Calais a refusé son admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un second arrêté en date du 21 février 2024, dont le requérant demande l'annulation dans la requête n° 2401967, le préfet du Pas-de-Calais a prononcé son assignation à résidence.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2402966 et 2401967, présentées par M. C, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.

Sur les conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

3. Par deux décisions du 8 avril 2024 et du 5 mai 2024, postérieures à l'introduction des requêtes, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale respectivement dans les requêtes n° 2401967 et n° 2402966. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses demandes tendant à être admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur la recevabilité de la requête n° 2402966 :

4. Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative alors en vigueur : " I.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ".

5. Afin de procéder au réexamen de la situation de M. C, le préfet du Pas-de-Calais l'a invité, par un courrier daté du 19 octobre 2023 notifié le 23 octobre 2023, à faire valoir tout élément qu'il voudrait porter à la connaissance de l'administration à l'appui de sa demande de droit au séjour dans un délai de sept jours à compter de la réception du pli. M. C n'ayant pas transmis les éléments demandés, le préfet a pris à son encontre un arrêté en date du 20 novembre 2024 qui a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Si le requérant soutient avoir eu notification de cet arrêté seulement le 21 février 2024, lors d'un entretien dans les locaux de la police aux frontières, le préfet du Pas-de-Calais produit en défense l'accusé de réception de la lettre notifiant l'arrêté litigieux au requérant, qui prouve que le pli a été réceptionné le 22 novembre 2023. Le requérant soutient dans le cadre du présent litige que la lettre qui lui a été notifiée ne contenait pas l'arrêté litigieux, mais cette affirmation entre en contradiction avec les termes du courrier électronique qu'il a envoyé le 23 novembre 2023 au préfet du Pas-de-Calais qui apparaît être une réponse directe à la mesure qui venait de lui être notifiée. Par suite, le préfet est fondé à soutenir que la requête enregistrée le 21 mars 2024 tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2023 est tardive et donc irrecevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision d'assignation à résidence :

6. En premier lieu, pour demander l'annulation de la décision du 21 février 2024 l'assignant à résidence, M. C excipe de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français comprise dans l'arrêté du 20 novembre 2023. Toutefois, il résulte de ce qui précède que cet arrêté est devenu définitif, faute d'avoir été contesté dans le délai de recours contentieux imparti. Par suite, l'exception d'illégalité de cette décision individuelle définitive soulevée à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision portant assignation à résidence doit être écartée.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants :1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () "

8. En l'espèce, le préfet du Pas-de-Calais, avant de prendre la décision litigieuse, a constaté que le requérant n'avait pas exécuté la décision d'obligation de quitter le territoire français du 20 novembre 2023 malgré l'expiration du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé. Alors que le requérant n'avance aucun élément permettant de fixer une perspective raisonnable d'exécution de cette obligation, et alors au demeurant que le préfet fournit en défense un procès-verbal de carence en date du 23 avril 2024 des services de police de Coquelles constatant que l'intéressé ne se présente plus depuis le jeudi 29 février 2024 pour honorer son émargement dans leurs locaux, M. C n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 par le requérant doivent l'être également.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2402966 et n° 2401967 de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E C et au préfet du Pas-de-Calais.

Copie en sera transmise pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

M. Lemée, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

A.-L. MONTEIL

Le président,

Signé

X. FABRE

Le greffier,

Signé

A. DEWIÈRE

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

2, N° 2402966

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions