vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2402072 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FERRAND |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 février et 6 mars 2024 sous le n° 2402072, M. A B, représenté par Me Ferrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2023 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler dans le délai de 15 jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale, par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 août 2023.
II. Par une requête enregistrée le 29 février 2024 sous le n° 2402203, M. A B, représenté par Me Ferrand, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 février 2024 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui restituer son passeport ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 731-1 et L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allart en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Allart, magistrate désignée ;
- les observations de Me Ferrand, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes par les mêmes moyens ; il soutient, en outre, que la décision portant assignation à résidence devra être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- les observations de M. B, assisté de M. C, interprète assermenté en langue arabe, qui répond aux questions posées par le tribunal dans le cadre de l'instruction.
- le préfet du Nord n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant égyptien né le 15 janvier 2005, est entré en France en août 2022 alors qu'il était mineur. Il a été confié provisoirement à l'aide sociale à l'enfance de la collectivité de Corse par une ordonnance du 5 septembre 2022 du procureur de la République de Bobigny. Il a été accueilli à la maison d'enfants à caractère social de Gravelines dans le cadre d'un partenariat avec la collectivité de Corse, et le juge des enfants près le tribunal judiciaire de Bastia, par un jugement du 7 octobre 2022, a maintenu son placement auprès du président du conseil exécutif de Corse jusqu'à l'ouverture effective de la tutelle par une ordonnance du 20 octobre 2022 du juge des tutelles. Le 7 décembre 2022, M. B a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étranger confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans. Par un arrêté du 16 mai 2023, le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et, par un arrêté du 27 février 2024, il l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par ses requêtes, M. B sollicite l'annulation de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2402072 et n° 2402203 visées ci-dessus concernent la situation du même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans l'instance n° 2402203.
Sur l'étendue du litige :
4. Il appartient à la magistrate désignée par le président du tribunal administratif, dans le cadre du présent litige, de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, et portant assignation à résidence ainsi que sur les conclusions accessoires dont elles sont assorties. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, il y a lieu de renvoyer les conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 mai 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour à une formation collégiale du présent tribunal, seule compétente pour en connaître.
Sur la légalité de la décision portant refus de séjour :
5. Pour contester, par la voie de l'exception, la légalité de la décision de refus de séjour sur le fondement de laquelle est intervenue la mesure d'éloignement dont il sollicite l'annulation, M. B soutient que le préfet du Nord a entaché sa décision d'erreur de fait.
6. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
7. Lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation ainsi portée.
8. Pour refuser de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité par celui-ci, le préfet du Nord a retenu que les activités auxquelles participait l'intéressé ne correspondaient pas à une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, qu'il se trouvait par ailleurs isolé sur le territoire français et que l'avis de la structure d'accueil ne concluait pas à l'insertion de M. B au sein de la société française.
9. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'a retenu le préfet du Nord, M. B justifie d'une inscription pour une formation de certificat d'aptitude professionnelle " peintre et applicateur de revêtements " au sein du centre de formation professionnelle Paul Machy à Gravelines pour l'année scolaire 2022-2023. Dès lors, la décision est entachée d'une erreur de fait. Or il ne résulte pas de l'instruction que l'autorité préfectorale, qui s'est également fondée sur l'avis de la structure d'accueil et la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine, aurait pris la même décision en se fondant exclusivement sur ces autres motifs. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être accueilli.
10. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 16 mai 2023, prise sur le fondement du refus de séjour entaché d'illégalité, par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, ainsi que celle, par voie de conséquence, des décisions subséquentes portant fixation du pays de destination et assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. L'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet procède au réexamen de la situation de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et qu'il lui délivre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
12. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Nord de restituer le passeport du requérant ne peuvent qu'être rejetées dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'il serait détenu par l'administration préfectorale.
Sur les frais liés au litige :
13. M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale dans le dossier n° 2402072. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Ferrand renonce dans ce dossier à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
14. Dans l'instance n° 2402203, M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire, son avocat peut donc se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Ferrand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Ferrand de la somme de 900 euros.
D E C I D E:
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans l'instance enregistrée sous le n° 2402203.
Article 2 : Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet du Nord du 16 mai 2023 portant refus de délivrance d'un titre de séjour prise à l'encontre de M. B sont renvoyées en formation collégiale.
Article 3 : L'arrêté en date du 16 mai 2023 du préfet du Nord est annulé en tant qu'il a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Article 4 : L'arrêté du 27 février 2024 par lequel le préfet du Nord a assigné à résidence M. B pour une durée de 45 jours est annulé.
Article 5 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de la situation de M. B dans le délai d'un mois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Article 6 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle dans l'instance n° 2402203 et sous réserve que Me Ferrand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Ferrand une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros sera versée à M. B.
Article 7 : Dans l'instance n° 2402072, l'Etat versera à Me Ferrand la somme de 900 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Ferrand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 8 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Maître Ferrand et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe 26 avril 2024
La magistrate désignée
Signé,
L. ALLART
La greffière,
Signé,
N. BELHARRET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2402203
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026