lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2402343 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LAAZAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 mars 2024 et 8 mars 2024, M. B C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 3 mars 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a décidé son transfert aux autorités lituaniennes ;
2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de verser aux débats l'ensemble de la procédure judiciaire.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence du signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit puisqu'il n'a pas demandé l'asile en Lituanie ;
- elle est entachée d'une erreur de droit quant à la détermination de l'Etat responsable ;
- le préfet du Pas-de-Calais aurait dû faire application de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- la décision méconnaît l'article 3-2 du règlement en raison des défaillances systémiques existantes en Lituanie ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Krawczyk en application de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Krawczyk, magistrat désigné ;
- les observations de Me Laazaoui, avocat, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il abandonne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté ;
- les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Pas-de-Calais, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- les observations de M. C, assisté de M. A interprète assermenté en langue arabe, qui répond aux questions du Tribunal.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant syrien né le 7 octobre1999, conteste l'arrêté en date du 3 mars 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a décidé son transfert aux autorités lituaniennes.
2. Une décision de transfert est suffisamment motivée si elle mentionne le règlement du Parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande d'asile présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise le règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Il mentionne, en outre, que M. C a été enregistré en qualité de demandeur d'asile en Lituanie le 27 août 2021 que les autorités lituaniennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, ont accepté le 1er mars 2024 sa reprise en charge. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
3. M. C soutient qu'il n'a pas déposé de demande d'asile en Lituanie. Il ressort toutefois du relevé Eurodac que le requérant a été identifié comme demandeur d'asile en Lituanie le 27 août 2021 et que les autorités lituaniennes ont accepté sa reprise en charge au motif que sa demande d'asile a été rejetée. Faute d'apporter des éléments permettant de remettre en cause le résultat issu de la base de données Eurodac, le moyen ne peut qu'être écarté.
4. Le moyen tiré de l'une erreur de droit quant à la détermination de l'Etat responsable n'est pas assorti de précision suffisante pour en apprécier le bienfondé. Il ne peut qu'être écarté.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait demandé l'asile en France à la date de l'arrêté contesté. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 17 relatives au pouvoir discrétionnaire du préfet permettant de conserver l'examen d'une demande d'asile est inopérant et doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. () 2. () / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable/ ()".
7. La Lituanie est un État membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complété par le protocole de New York, et à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de la convention de Genève ainsi qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cependant, cette présomption peut être renversée, sur la base d'éléments objectifs, fiables, précis et dûment actualisés et au regard du standard de protection des droits fondamentaux garanti par le droit de l'Union, s'il y a des raisons sérieuses de croire qu'il existe des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant, notamment en raison du fait que, en cas de transfert, le demandeur de protection internationale se trouverait, indépendamment de sa volonté et de ses choix personnels, dans une situation de dénuement matériel extrême.
8. M. C soutient, d'autre part, qu'il ne peut être renvoyé en Lituanie sans risquer d'y être soumis à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard aux défaillances systémiques dans la prise en charge et l'accueil des demandeurs d'asile en Lituanie. Toutefois, en se bornant à produire des photos de cicatrices, non datées et sur lesquelles il n'est pas identifiable, de ce qu'il présente, sans l'établir, comme des sévices subis en Lituanie et quelques articles et rapport rédigés en 2022 mettant en avant les dysfonctionnements dans la procédure d'asile dans cet Etat, M. C n'apporte pas d'éléments probants de nature à établir l'existence de défaillances telles dans la procédure d'asile en Lituanie qu'elles pourraient être qualifiées de systémiques et à renverser la présomption selon laquelle son transfert aux autorités lituaniennes ne l'expose pas à un risque de traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s'ensuit que le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article 3 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 doit être écarté
9. Les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de sa situation personnelle ne sont assortis d'aucune précision permettant d'en apprécier le bienfondé, ils ne peuvent qu'être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 3 mars 2024 qui décide le transfert du requérant aux autorités lituaniennes doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Pas-de-Calais.
Prononcé en audience publique le 11 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Signé,
J. KRAWCZYKLa greffière,
Signé,
F. JANET
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026