mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2402494 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP MOUGEL-BROUWER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 9 et 23 mars 2024, M. A B demande au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 13 avril 2023 par lequel le maire de Saint-Pol-sur-Mer a délivré à la SA d'HLM Notre cottage un permis de construire modificatif pour adapter le dessin du local cycle par rapport aux nouvelles limites de propriété.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que les travaux de construction des vingt-six logements ont repris au mois de décembre 2023 ; la condition d'urgence est présumée remplie en application des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
* l'architecte des bâtiments de France n'a pas été consulté ;
* il n'est pas possible d'obtenir la régularisation d'un permis de construire initial au moyen d'un permis modificatif lorsque le projet initial de construction empiète sur une propriété voisine ; par conséquent, le projet méconnaît les dispositions de l'article UK 7 du règlement du plan local d'urbanisme ;
* le nouveau local à cycles tel que prévu au permis de construire modificatif empiète toujours sur sa propriété et plus particulièrement sur la parcelle cadastrée 540 AS 34 ; le bornage judiciaire réalisé en 2023 se surajoute au plan de délimitation réalisé en 1967, est nul même si le jugement qui le consacre a acquis un caractère définitif, a été mal réalisé et comporte des erreurs de mesurage ;
* le projet méconnaît les dispositions de l'article UK 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
* le permis modificatif méconnaît les dispositions des articles 676, 677 et 678 du code civil.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 21 et 25 mars 2024, la commune de Saint-Pol-sur-Mer, représentée par Me Haudiquet, demande au juge des référés de rejeter la requête de M. B et de mettre à sa charge la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne justifie pas suffisamment de sa qualité de propriétaire ;
- la requête est irrecevable dès lors que M. B n'a pas d'intérêt à contester le permis de construire modificatif qui ne fait qu'adapter le local cycle aux limites séparatives de propriété judiciairement définies ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'il n'est pas établi que les travaux de construction du local à cycles, objet du permis modificatif litigieux, seraient effectivement établis ;
- aucun des moyens invoqués n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense et une pièce complémentaire, enregistrés les 23 et 25 mars 2024, la société Notre Cottage, représentée par Me Lecat, demande au juge des référés de rejeter la requête de M. B et de mettre à sa charge la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que les travaux de construction du
local à cycles n'ont pas débuté ;
- aucun des moyens invoqués n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bergerat, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 25 mars 2024 à 15h, en présence de M. Deraoui, greffier, Mme Bergerat, juge des référés, a lu son rapport et entendu les observations de :
- M. B, qui reprend les conclusions et moyens de la requête ;
- Me Lecat, représentant la société Notre Cottage, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes motifs que le mémoire en défense ;
- et Me Haudiquet, représentant la commune de Saint-Pol-sur-Mer, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes motifs que le mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, enregistrée le 4 avril 2024, a été présentée par M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B occupe un immeuble d'habitation situé 613 rue de la République sur le territoire de la commune de Saint-Pol-sur-Mer. Cet immeuble est voisin d'un projet de construction de vingt-six logements porté par la société Notre cottage. Par un arrêté du 27 août 2019, le maire de la commune de Saint-Pol-sur-Mer a délivré à cette société un permis de construire qui a été contesté par le requérant devant le tribunal administratif de Lille. Par un jugement n° 2000886 du 11 avril 2022, le tribunal a rejeté la requête de M. B et par un arrêt n° 22DA01329 du 16 février 2023, la cour administrative d'appel de Douai a rejeté la requête présentée par M. B tendant à l'annulation du jugement du tribunal. Parallèlement, par jugement du 17 janvier 2023, le tribunal judiciaire de Dunkerque a homologué le rapport d'expertise déposé par un expert désigné aux fins de bornage et l'appel de M. B formé contre ce jugement a été jugé caduc par un arrêté du 5 décembre 2023 de la cour d'appel de Douai. M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 13 avril 2023 par lequel le maire de Saint-Pol-sur-Mer a délivré le permis de construire modificatif sollicité par la société Notre Cottage.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. B, tels que visés ci-dessus, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir et la condition tenant à l'urgence, que les conclusions présentées par M. B, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B le versement d'une somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Pol-sur-Mer et d'une somme de 1 500 euros à la société Notre cottage au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera une somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Pol-sur-Mer et une somme de 1 500 euros à la société " Notre Cottage " en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la société " Notre Cottage " et à la commune de Saint Pol sur Mer.
Fait à Lille, le 18 juin 2024.
La juge des référés,
signé
S. BERGERAT
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026