jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2402609 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCHRYVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Schryve, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui remettre l'attestation provisoire de séjour portant la mention " recherche d'emploi ", dans le délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Mme B, ressortissante marocaine née le 1er janvier 1998, déclare être entrée en France le 8 septembre 2022 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", valable du 10 août 2022 au 10 août 2023. Elle indique avoir sollicité, en juin 2023, le renouvellement de ce titre de séjour, et produit à cet égard l'attestation de prolongation d'instruction de cette demande, valable du 11 août 2023 au 10 novembre 2023. Puis, dans le cadre d'un changement de statut, elle a sollicité la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour portant la mention " recherche d'emploi - création d'entreprise " par un dossier envoyé par voie postale et reçu le 25 octobre 2023 par les services de la préfecture du Nord, et a été munie d'un récépissé valable du 18 janvier 2024 au 17 avril 2024, l'autorisant à travailler à titre accessoire. Après son déménagement dans le Pas-de-Calais, Mme B a, le 15 février 2024, sollicité, auprès des services de la préfecture de ce département, la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " salarié ".
Le 1er mars 2024, Mme B a été informée, via la plateforme " démarches-simplifiées ", de ce que cette demande ne peut être enregistrée pour le motif suivant : " un titre de séjour "recherche d'emploi" a été édité par la Préfecture du Nord. Il vous appartient dans un premier temps de vous rapprocher de leur service afin qu'ils reprennent la main sur votre dossier, qu'ils finalisent la demande de titre ou qu'ils annulent cette demande, puis de déposer votre demande de changement de statut ". Par un courriel du 13 mars 2024, Mme B a demandé à la préfecture du Pas-de-Calais l'enregistrement de sa demande et la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler. Par un courriel du 9 avril 2024, les services de la préfecture du Pas-de-Calais lui ont répondu que la préfecture du Nord a " mis en commande " le titre sollicité, et qu'il appartient à l'intéressée de retirer ce titre auprès de la préfecture du Nord pour déposer une demande auprès de la préfecture du Pas-de-Calais. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui remettre cette attestation provisoire de séjour portant la mention " recherche d'emploi ".
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
5. Si les services de la préfecture du Pas-de-Calais ont, pour refuser d'enregistrer sa demande tendant à la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " salarié ", adressé un message à Mme B lui indiquant que " un titre de séjour "recherche d'emploi" a été édité par la Préfecture du Nord ", ni cette mention ni l'indication d'un titre " mis en commande " qu'il appartiendrait à l'intéressée de retirer, ne peuvent, à elle seule, en particulier dès lors qu'elles émanent de la préfecture du Pas-de-Calais, établir que le préfet du Nord aurait effectivement fait droit à la demande de l'intéressée tendant à la délivrance de ce titre de séjour. D'ailleurs, cette mention d'un titre de séjour " édité " est contredite par la suite de ce même message, selon lequel il appartient à l'intéressée de se rapprocher des services de la préfecture du Nord " afin () qu'ils finalisent la demande de titre ou qu'ils annulent cette demande ". En l'état de l'instruction, cette demande ne peut donc être regardée comme ayant donné lieu à une décision favorable et par suite à la fabrication du titre de séjour sollicité, qu'il y aurait uniquement lieu de remettre matériellement à l'intéressée.
6. Aux termes de l'article R. 432-1 de ce code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ". Il résulte de ces dispositions que le silence gardé pendant quatre mois sur une demande de titre de séjour fait naître une décision implicite de rejet, y compris dans le cas où l'intéressé a été muni d'un ou de plusieurs récépissés de sa demande en application de l'article R. 431-12 du même code, aux termes duquel " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise ".
7. Il ne résulte pas de l'instruction que le dossier de demande réceptionné par la préfecture du Nord le 25 octobre 2023, qui ne peut donc être regardé comme ayant donné lieu à une décision favorable ainsi qu'il a été indiqué au point 5, aurait fait l'objet d'un refus d'enregistrement au motif de son caractère incomplet. Ainsi, en application des dispositions ci-dessus reproduites au point précédent, cette demande est réputée avoir fait l'objet d'une décision implicite de rejet née au terme d'une délai de quatre mois suivant le dépôt, le 25 octobre 2023, du dossier estimé complet, soit le 25 février 2024, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que l'intéressée a été muni d'un récépissé valable après cette date. Dès lors, et en l'absence de péril grave avéré, le juge des référés ne saurait, sans faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet, faire droit aux conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Nord de lui délivrer l'attestation provisoire de séjour sollicitée.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetée.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme réclamée au titre des frais du procès par Mme B.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Schryve et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 18 avril 2024.
Le juge des référés,
Signé
J. ROBBE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2402609
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026