vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2402719 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CARDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 et 26 mars 2024, M. B A, représenté par Me Cardon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
2°) d'annuler les décisions du 16 mars 2024 par lesquelles la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le Burkina Faso comme pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement et ce, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte, à un nouvel examen de sa situation ;
4°) et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- elle souffre d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation ;
- elle est empreinte d'une erreur de droit, la préfète de l'Oise ayant fondé la décision attaquée sur les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- et elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;
- elle est empreinte d'erreurs de fait ;
- elle méconnaît les dispositions du 1° et du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- et elle est entachée d'une erreur d'appréciation puisqu'il dispose de circonstances particulières justifiant qu'il se voit octroyer un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;
- et elle méconnaît l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- elle est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant
- et elle est empreinte, quant à sa durée, d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2024, la préfète de l'Oise a conclu au rejet de la requête de M. A en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 20 novembre 1989 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Cardon, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- M. A étant absent et la préfète de l'Oise n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant burkinabé né le 31 décembre 1983, est entré régulièrement en France le 8 août 2019, muni d'un visa qui lui avait été délivré le 10 juillet 2019 par les autorités consulaires françaises de Ouagadougou, qui était valable du 5 août au 4 novembre 2019 et qui autorisait son séjour sur le sol français pour une durée de 30 jours. Le 14 octobre 2019, il a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire. Sa demande a toutefois été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 23 avril 2021 et cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 15 novembre 2021. Le 13 janvier 2023, le préfet de l'Essonne a édicté, à l'encontre de M. A, un arrêté par lequel il a refusé de lui renouveler son attestation de demande d'asile et l'a obligé à quitter, dans un délai de 30 jours, le territoire français à destination du Burkina Faso. Si M. A a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile, celle-ci a été jugée définitivement irrecevable par la Cour nationale du droit d'asile le 20 octobre 2023. Il a été interpellé, le 15 mars 2024, sur l'autoroute A1 au péage de Chamant dans le sens Lille Paris à 15h30 et a alors fait l'objet d'une retenue administrative aux fins de vérification de son droit à circuler et séjourner sur le territoire français. Après qu'il ait constaté que M. A s'était maintenu sur le territoire français après la date d'expiration de son visa, la préfète de l'Oise a pris à son encontre, le lendemain de son interpellation, une obligation de quitter, sans délai, le territoire français à destination du Burkina Faso ainsi que d'une interdiction de retour sur le sol français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. A sollicite l'annulation de ces décisions.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment de la fiche Telemofpra du requérant et de l'obligation de quitter le territoire édictée à son encontre le 13 janvier 2023 par le préfet de l'Essonne, que M. A, qui a sollicité la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire durant la durée de validité de son visa, le 14 octobre 2019, a toujours sollicité le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour, que le préfet de l'Essonne lui a finalement refusé le 13 janvier 2023. Ainsi, M. A n'entrait pas dans le champ d'application des dispositions précitées du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et il est donc fondé à soutenir que la préfète de l'Oise a commis une erreur de droit en l'obligeant, pour ce motif, à quitter le territoire français.
5. Au surplus, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué, que la préfète de l'Oise, dans les diverses décisions attaquées, ne s'est pas livrée à un examen complet, sérieux et circonstancié de la situation de M. A. En effet, tout d'abord, outre qu'il a été relevé à tort que M. A n'avait pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour temporaire, l'arrêté indique, que M. A " ne justifie pas de la nécessité de sa présence aux côtés des membres de sa famille qu'il dit avoir en France " et qu'il " ne justifie d'aucun lien étroit avec eux " alors même qu'il s'agit de sa femme, qu'il a épousée au Burkina Faso en septembre 2018, et de ses deux filles mineures, âgées respectivement, au jour de la décision attaquée, de 4 ans et 6 mois. Il est ensuite relevé à tort que M. A, nonobstant la demande d'asile qu'il a formulée, " s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour " mais aussi, nonobstant la justification de sa domiciliation par le Samu social de Paris à l'hôtel " Ibis Budget -Bezons Rives de Seine ", sis 219 rue Michel Carré à Bezons, et la justification de son identité par la production de sa carte d'identité consulaire valable jusqu'en 2025, que M. A " ne peut justifier de la possession de documents d'identité ou de voyage en cours de validité " et qu'il " déclare une adresse sur Bezons () sans apporter de justificatif à l'appui de ses déclarations ". En outre, alors que M. A à déclarer lors de son audition qu'il voulait bien partir avec sa famille, il est relevé qu'il " ne justifie pas de circonstance de nature à établir sa volonté de quitter la France " et " ne renverse pas cette présomption ", comme s'il pouvait être présumé que tout étranger manifestait, du simple fait de sa situation irrégulière, son intention de ne pas se conformer à une obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, si l'arrêté attaqué mentionne le " Burkina Fasso " comme pays de renvoi dans son dispositif, ce sont les Philippines qui sont évoqués comme pays de nationalité de M. A dans les motifs de cette décision. Enfin, sans égard à l'âge de M. A, il est relevé qu'un séjour débuté le 8 août 2019 n'est pas d'une durée " particulièrement importante ", que, s'agissant toujours de sa femme et de ses filles mineures M. A, " a des attaches familiales en France auprès de qui sa présence n'est toutefois pas indispensable " mais aussi que " ses liens avec la France ne sont pas particulièrement anciens, intenses et stables " et que M. A " n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement " alors qu'il a été obligé de quitter le territoire français, le 13 janvier 2023, par le préfet de l'Essonne.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, M. A est fondé à solliciter l'annulation de la décision du 16 mars 2024 par laquelle la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des décisions du même jour refusant à M. A un délai de départ volontaire, fixant le Burkina Faso comme pays de destination et interdisant son retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement implique, conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il soit enjoint au préfet du Nord de procéder, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, à un nouvel examen de la situation de M. A et que lui soit délivré, sans délai, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction du prononcé d'une astreinte.
Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :
8. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, à titre provisoire, son avocat peut donc se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Cardon, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Cardon d'une somme globale de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridique totale.
Article 2 : Les décisions du 16 mars 2024, par lesquelles la préfète de l'Oise a obligé M. A à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le Burkina Faso comme pays de destination et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an, sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de procéder, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, à un nouvel examen de la situation de M. A et de lui délivrer, sans délai, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : L'Etat versera à Me Cardon, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, une somme globale de 1 000 (mille) euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Cardon et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
Le magistrat désigné,
Signé,
X. LARUE
La greffière,
Signé,
L. CAMAU
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2402719
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026