lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2402768 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | GUILLAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 mars 2024 et 17 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Guillaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 17 février 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 155 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet ne produit pas l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur lequel il indique se fonder ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce que son état de santé nécessite son maintien sur le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision relative au délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle, faute pour le préfet de lui avoir accordé un délai supérieur ou d'avoir apprécié la possibilité de lui octroyer un délai supérieur comme le prévoit l'article 7 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 n° 2008/115/CE.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations, enregistrées le 28 mars 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Goujon a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante rwandaise née le 1er janvier 1959, allègue être entrée en France le 7 août 2016. A la suite d'une demande de titre de séjour effectuée le 9 juillet 2018, elle a obtenu une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " pour raisons de santé, valable du 27 décembre 2018 au 26 décembre 2019, puis une carte de séjour pluriannuelle valable du 3 mars 2020 au 2 mars 2022. Mme B a sollicité, le 21 décembre 2021, le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 17 février 2023, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de revenir sur le territoire français d'une durée d'un an. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait de l'espèce, énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde pour prendre les décisions refusant la délivrance d'un titre de séjour, faisant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Ces considérations
sont suffisamment développées pour mettre utilement l'intéressée en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Par ailleurs, concernant le délai de départ de volontaire, il ressort de la décision attaquée que le préfet du Nord a accordé à la requérante le délai de trente jours prévus par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme B ne soutenant pas avoir fait valoir au préfet du Nord, à l'occasion de sa demande de titre de séjour ou avant l'édiction de la décision en cause, des circonstances exceptionnelles justifiant l'octroi d'un délai de départ volontaire supérieur, le préfet n'avait pas à motiver spécialement la fixation d'un délai de départ volontaire de trente jours. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Nord a bien procédé à un examen particulier de la situation de Mme B.
Sur la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
4. En premier lieu, les pièces versées au dossier par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) permettent de vérifier l'existence de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 27 juin 2022 sur lequel se fonde l'arrêté attaqué.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, () "
6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Par ailleurs, il n'appartient pas au juge de s'assurer que les soins dans le pays d'origine seront équivalents à ceux offerts en France mais, de s'assurer, qu'eu égard à la pathologie de l'intéressé, il y existe un traitement approprié disponible dans le pays d'origine, dans des conditions permettant d'y avoir accès.
7. Pour refuser de délivrer à Mme B le titre de séjour sollicité, le préfet du Nord s'est notamment fondé sur l'avis émis le 27 juin 2022 par le collège de médecins de l'OFII qui a estimé que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soin dans son pays d'origine, elle peut y bénéficier d'un traitement approprié et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.
8. Pour contester cette appréciation, Mme B fait valoir qu'elle est actuellement prise en charge pour une infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et prend le médicament dénommé Delstrigo qui est composé d'une association de trois antirétroviraux actifs, le Lamivudine, le Ténofovir Disoproxil, ainsi que la Doravirine et qui n'est pas disponible dans son pays d'origine. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment des observations de l'OFII, que le choix de ce médicament a été fait pour simplifier le traitement, avec un seul comprimé par jour, et qu'aucun problème n'avait été signalé avec les traitements qu'elle prenait précédemment, y compris lorsqu'elle résidait encore au Rwanda. Il ressort ainsi des pièces produites que plusieurs antirétroviraux adaptés à son état de santé sont commercialisés et accessibles au Rwanda, y compris des combinaisons comme par exemple le Lamivudine et le Tenofovir Disoproxil, déjà présents dans son traitement actuel, et le Dolutegravir, De même, concernant ses problèmes cardio-vasculaires, plusieurs médicaments sont disponibles au Rwanda, comme par exemple l'Amlodipine qui a les mêmes effets que sa thérapie actuelle par la Nicardipine. Si la requérante produit un certificat médical du 22 mars 2024, ainsi qu'un argumentaire du médecin, coordinateur médical du " Comité pour la santé des exilés " (COMEDE) de l'hôpital de Bicêtre du 28 mai 2024 qui mentionnent que sa maladie nécessite un suivi au long cours et qu'il existe un risque à modifier son traitement alors qu'elle présente plusieurs facteurs de comorbidité, ces documents ne précisent pas les raisons pour lesquelles les médicaments disponibles au Rwanda précités ne seraient pas adaptés et ne sont ainsi pas de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII. En outre, les indicateurs repris dans l'argumentaire du médecin coordinateur médical de la COMEDE pour faire état des difficultés du système de santé du Rwanda dans la prise en charge des maladies chroniques, sont remises en cause par les données produites de l'OFII, tirées du programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, qui indiquent que 93% des femmes porteuses du VIH ont un traitement antirétroviral. Par suite, Mme B n'établit pas qu'elle ne pourrait pas effectivement bénéficier au Rwanda de son traitement médicamenteux. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B qui soutient être entrée en France le 7 août 2016 n'allègue pas disposer d'attaches familiales en France, alors que trois de ses cinq enfants majeurs résident au Rwanda où elle a elle-même vécu jusqu'à l'âge de cinquante-sept ans. Par ailleurs, la requérante ne produit aucun élément de nature à démontrer une quelconque insertion sociale ou professionnelle, pas plus que l'existence de liens privés en France. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. En quatrième lieu, pour les motifs exposés aux points 8 et 10, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié (). ".
13. Il ressort des motifs exposés aux points 6 à 8 que Mme B peut bénéficier au Rwanda d'une offre de soins adaptée à ses problèmes de santé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. En deuxième lieu, pour les motifs exposés au point 10, le moyen tiré d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
15. En troisième lieu, pour les motifs exposés aux points 8 et 10, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.
Sur la décision portant le délai de départ volontaire de trente jours :
16. En premier lieu, il résulte des points 2,3 et 12 à 15 que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir d'une telle illégalité à l'encontre de la décision portant le délai de départ volontaire à trente jours.
17. En second lieu, Mme B ne saurait se prévaloir directement de la méconnaissance de dispositions de l'article 7 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 n° 2008/115/CE relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, qui ont été transposées en droit interne par celles de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si elle soutient que le préfet du Nord aurait dû lui accorder un délai de départ d'une durée supérieure, elle n'indique cependant pas quels éléments auraient été de nature à justifier une telle prolongation. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Nord doit, par suite, être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
18. En premier lieu, il résulte des points 2, 3 et 12 à 15 que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir d'une telle illégalité à l'encontre de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.
19. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
20. Il ressort des motifs exposés aux points 6 à 8 que Mme B peut bénéficier au Rwanda d'une offre de soins adaptée à ses problèmes de santé. La requérante ne faisant pas état d'un autre risque en cas de retour au Rwanda, le moyen tiré de la méconnaissance par le préfet du Nord des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
21. En premier lieu, il résulte des points 2, 3 et 12 à 15 que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir de cette illégalité à l'encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de un an.
22. Si Mme B soutient que sa situation médicale peut la contraindre à revenir en France pour faire une nouvelle demande de titre de séjour ce qu'empêcherait l'interdiction de retour, il ressort des pièces du dossier et des motifs exposés au point 8, qu'elle peut disposer d'un traitement approprié au Rwanda et qu'elle peut toujours demander, le cas échéant, l'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par suite, le préfet du Nord n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de Mme B.
23. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 février 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme. A B, à Me Guillaud et au préfet du Nord.
Copie pour information sera adressée au ministre de l'intérieur et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cotte, président,
M. Fougères, premier conseiller,
M. Goujon, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
J.-R. Goujon
Le président,
signé
O. CotteLa greffière,
signé
C. Lejeune
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026