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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2403547

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2403547

vendredi 12 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2403547
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCUILLIEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 avril 2024 et 11 avril 2024, M. D A, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 5 avril 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles ont été prises par une autorité incompétente ;

- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;

En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

- elle est illégale en ce que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile quant à sa durée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;

- les observations de Me Cuilliez, avocate de M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; elle soulève en outre, à l'encontre de la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation ; elle soulève en outre, à l'encontre des décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et faisant interdiction de retour sur le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français ; elle soulève également à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation ; elle soulève enfin à l'encontre de la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ;

- les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête de M. A au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;

- et les observations de M. A, assisté de Mme E, interprète en langue arabe.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né le 5 juillet 1992, demande l'annulation de l'arrêté en date du 5 avril 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté en date du 5 février 2024, régulièrement publié le même jour au recueil spécial n° 2024-064 des actes de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme C B, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet, notamment, de signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces décisions doit être écartées.

3. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent. Ces considérations sont suffisamment développées pour permettre à M. A de comprendre et de discuter les motifs de ces décisions et pour permettre au juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.

4. En dernier lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées n'auraient pas été notifiées à M. A dans une langue qu'il comprend ne peut qu'être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

6. M. A ne peut utilement se prévaloir à l'encontre de la décision attaquée, de la méconnaissance des dispositions précitées, qui sont relatives à la délivrance d'une carte de séjour pour des raisons humanitaires ou des motifs exceptionnels, laquelle n'est pas de plein droit. Au surplus, les dispositions de cet article ne sont pas applicables aux ressortissants marocains dont le droit au séjour sur le territoire français est entièrement régi par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A est arrivé en France le 4 février 2016, muni de son passeport revêtu d'un visa long séjour délivré par les autorités consulaires françaises présentes à Fès. Il a été mis en possession d'un titre de séjour en qualité de " conjoint de français " valable du 15 janvier 2017 au 14 janvier 2018. Par un arrêté en date du 7 juin 2019, le préfet du Nord a rejeté sa demande tendant au renouvellement de sa carte de séjour, au motif que la communauté de vie avec son épouse de nationalité française avait cessé et lui a notamment fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Si M. A justifie qu'il a formé contre cet arrêté un recours gracieux, il ne démontre pas, ainsi qu'il l'a déclaré lors de son audition devant les services de police, qu'il aurait formé un recours contentieux contre la mesure d'éloignement et que cette dernière aurait été annulée. De la même manière, s'il affirme avoir déposé, postérieurement à cet arrêté, une nouvelle demande de titre de séjour auprès des services de la sous-préfecture d'Avesnes sur Helpe et s'il justifie avoir rencontré un avocat à cette fin et avoir rempli un dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour, il ne démontre pas qu'il aurait effectivement fait parvenir cette demande aux services compétents. En tout état de cause, à supposer cette démarche accomplie, il ressort des déclarations mêmes de l'intéressé que cette demande a été déposée un an avant l'arrêté en litige et qu'aucune réponse ne lui a été apportée, de sorte qu'à la date de la décision attaquée, sa demande avait fait l'objet d'un refus implicite. Dès lors, si le requérant se prévaut de sa durée de présence en France, celle-ci résulte pour une grande partie de son maintien irrégulier sur le territoire français. Par ailleurs, si M. A se prévaut de la relation de concubinage qu'il entretient avec une ressortissante marocaine qui réside en France depuis 2016 et avec laquelle il a eu deux enfants, nés en France les 18 juillet 2019 et 17 octobre 2021, sa compagne est en situation irrégulière sur le territoire français et n'a pas vocation à s'y maintenir. Rien ne s'oppose dès lors à ce que la cellule familiale se reconstitue au Maroc où le requérant a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans et où vivent ses parents ainsi que deux de ses frères et sa sœur. Enfin, si M. A justifie avoir signé à son arrivée en France un contrat d'accueil et d'intégration et avoir suivi dans ce cadre les formations alors requises, et s'il démontre travailler en tant que coiffeur depuis le 6 juin 2016 de façon déclarée, ces éléments, s'ils attestent des efforts d'intégration déployés par le requérant et de la stabilité et de la stabilité de sa situation professionnelle, sont toutefois insuffisants pour attester d'une insertion particulière en France. Le requérant ne démontre par ailleurs pas qu'il serait dans l'incapacité de se réinsérer professionnellement au Maroc. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Compte tenu de la situation de M. A telle qu'énoncée au point 8, le préfet du Nord n'a pas, en faisant obligation au requérant de quitter le territoire français, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis par cette mesure. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

12. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 8, que M. A est père de deux enfants nés en France en 2019 et 2021. Si le requérant se prévaut de la présence de ses enfants en France, rien ne s'oppose à ces derniers s'installent, avec leurs parents qui sont tous deux de nationalité marocaine et qui résident irrégulièrement en France, au Maroc, pays dont ils ont la nationalité et où résident notamment leurs grands-parents. En outre, si M. A fait valoir que ses enfants sont scolarisés, il n'allègue ni ne démontre que ces derniers seraient dans l'impossibilité de poursuivre leur scolarité au Maroc. Dans ces conditions, le préfet du Nord n'a pas, en faisant obligation à M. A de quitter le territoire français, méconnu les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 12, le moyen tiré de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 de ce code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () ".

15. D'une part, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet du Nord ne s'est pas fondé, pour refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire, sur la menace à l'ordre public que constituerait son comportement, mais sur le risque que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement soutenir, pour demander l'annulation de la décision attaquée, que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

16. D'autre part, il est établi que M. A s'est soustrait à l'exécution d'un précédent arrêté en date du 7 juin 2019 du préfet du Nord lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas été en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, ayant indiqué les avoir perdus depuis un an. Dans ces conditions, et pour ces seuls motifs, le préfet du Nord a pu retenir l'existence d'un risque que le requérant se soustraie à la mesure d'éloignement dont il faisait l'objet et, par suite, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, dès lors, être écarté.

17. En troisième lieu, compte tenu de la situation personnelle et familiale de M. A telle qu'énoncée aux points 8 et 12, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :

18. Si M. A soutient que la décision par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit ce moyen d'aucune précision suffisante permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

Sur les autres moyens dirigés contre la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français :

19. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 12, le moyen tiré de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

20. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". En outre, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

21. Compte tenu de la situation de M. A telle qu'énoncée au point 8, et notamment de sa durée de présence en France et du caractère limité de ses attaches en France, où sa compagne et ses enfants n'ont pas vocation à se maintenir, et compte tenu des circonstances qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que sa présence ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet du Nord n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à deux années la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre. Par suite, ce moyen doit être écarté.

20. En dernier lieu, compte tenu de la situation personnelle et familiale de M. A telle qu'énoncée aux points 8 et 12, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

21. Il résulte de tout ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 avril 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Marie Cuilliez et au préfet du Nord.

Lu en audience publique le 12 avril 2024.

La magistrate désignée,

Signé

F. BONHOMMELa greffière,

Signé

G. GREGOIRE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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