jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2405825 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MANNESSIER |
Vu les procédures suivantes :
I/ Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024 sous le numéro 2406215, M. A B, demande au tribunal d'annuler la décision du même jour par laquelle le préfet du Nord a fixé la Lybie comme pays de destination de l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre le 30 mai 2024.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été édictée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- est fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français qui est elle-même irrégulière ;
- méconnaît l'autorité de la chose jugée par le jugement du tribunal de céans lu le 11 juin 2024 ;
- méconnaît tant les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- et contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.
II/ Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 et 6 juin 2024 sous le numéro 2405825, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du même jour par laquelle le préfet du Nord a ordonné son maintien en rétention administrative à la suite du dépôt, au centre de rétention administratif de Coquelles, de sa demande d'asile.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été édictée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- a méconnu son droit d'être entendu dès lors que la décision du préfet aurait été différente si il avait pris connaissance de ses craintes en Lybie ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de critère objectif de nature à justifier que sa demande d'asile aurait pour seul but de faire obstacle à son éloignement ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation du caractère dilatoire de sa demande d'asile, laquelle n'a pas, contrairement à ce qu'exige les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour seul but de faire obstacle à son éloignement ;
- et elle est empreinte d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- la convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés signée à Genève le 28 juillet 1951 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience qui s'est tenue à huis clos :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Manessier, représentant M. B, qui a conclu aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens tout en sollicitant l'admission, à titre provisoire, de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale et en ajoutant que l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. B est, à titre principal, inexistante et, à titre subsidiaire, irrégulière dès lors qu'elle méconnaît les stipulations de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les observations de Me Hacker, représentant le préfet du Nord, qui a conclu au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- et les observations de M. B, assisté de M. D E, interprète assermenté en langue arabe, qui a répondu aux questions qui lui ont été posées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant libyen né le 20 février 1999, déclare être entré en France en 2021. Il a été interpellé, le 30 mai 2024, dans le cadre d'une enquête de flagrance pour le vol d'un sac à dos, contenant notamment un ordinateur portable et un téléphone portable, dans un bar de la grand place de Roubaix. Placé en garde à vue le jour même à minuit et quarante-cinq minutes, M. B a fait l'objet d'une ordonnance pénale et a été condamné à une amende de 300 euros et convoqué au tribunal de proximité de Roubaix, le 4 septembre 2024 à 8h30, pour soustraction frauduleuse d'objet. Par ailleurs, après qu'il est apparu que M. B était dépourvu de certificat de résidence algérien, il s'est vu notifier, le 30 mai 2024, une obligation de quitter, sans délai, le territoire français à destination de la Libye assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, laquelle a été annulée, le 11 juin 2024, par la magistrate désignée du tribunal de céans en tant qu'elle fixait la Libye comme pays de renvoi et interdisait son retour sur le territoire français pour une durée d'un an. En vertu du même arrêté du 30 mai 2024, M. B a été placé en centre de rétention administrative. Y ayant formulé une demande d'asile, le 3 juin 2024, il a fait l'objet, le lendemain, d'une décision par laquelle le préfet du Nord a ordonné son maintien en rétention administrative, dont M. B sollicite l'annulation dans la requête enregistrée sous le numéro 2405825. Par ailleurs, le préfet du Nord a, par une décision du 13 juin 2024, de nouveau fixé la Lybie comme pays de destination de l'obligation de quitter le territoire français édictée à l'encontre de M. B le 30 mai 2024. Et ce dernier sollicite donc, par la requête enregistrée sous le numéro 2406215, l'annulation de cette décision du 13 juin.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2405825 et n° 2406215 visées ci-dessus concernent la situation d'un même étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a, par suite, lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les demandes d'admissions, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans les instances enregistrées sous les numéros 2405825 et 2406215.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
4. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 4 avril 2024, publié le même jour au recueil n° 126 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme C, attachée d'administration de l'Etat, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de la signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
5. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde la décision attaquée, en mentionnant que M. B, qui se déclare de nationalité libyenne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, a vu sa demande d'asile, formulée en rétention, rejetée et n'établit donc pas être exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et en faisant application des dispositions des articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen, tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut être accueilli.
6. En deuxième lieu, il manque à l'évidence une page dans l'arrêté du 30 mai 2024 obligeant M. B à quitter sans délai le territoire français à destination de la Lybie et ayant interdit son retour sur le territoire français. Toutefois, cet arrêté comporte les motifs propres à justifier l'obligation de quitter le territoire français édictée et mentionne l'existence même de cette dernière décision au travers de l'article 2 de son dispositif, refusant un délai de départ volontaire à l'intéressé, pour quitter le territoire français. Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir, au seul motif que l'arrêté attaqué ne comporte pas d'article 1er, que la décision du 30 mai 2024 l'obligeant à quitter le territoire français serait inexistante, privant ainsi de base légale la décision attaquée.
7. En troisième lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose notamment que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / () ".
8. Or, en l'espèce, l'arrêté incomplet du 30 mai 2024 comporte la mention de la durée de la présence alléguée de M. B sur le territoire français, et fait état, au travers de l'examen de l'atteinte portée à sa vie privée et familiale, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. Enfin, si le préfet du Nord ne mentionne pas que M. B, ainsi qu'il s'est borné à l'affirmer, aurait fui la guerre en Libye et assisté à l'assassinat de sa mère, c'est que, en l'état de l'instruction, il n'a pas tenu ces simples affirmations pour établies, estimant, par là même, que M. B ne faisait état d'aucune considération humanitaire. Ce dernier n'est donc pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le 30 mai 2024, le préfet du Nord aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'ainsi la décision du 13 juin 2024 fixant le pays de renvoi de cette obligation de quitter le territoire français serait, par la voie de l'exception, entachée d'illégalité.
9. En quatrième lieu, M. B soutient que la décision attaquée méconnaîtrait l'autorité de la chose jugée par la magistrate désignée du tribunal de céans le 11 juin 2024. En effet, cette dernière a, dans son dispositif, lu en audience publique, annulé notamment la décision du 30 mai 2024 fixant la Libye comme pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre. Néanmoins la lecture des motifs de ce jugement n'étant pas encore intervenue, il n'est pas devenu définitif et est donc, pour l'heure, dépourvu de l'autorité absolue de chose jugée, laquelle s'attache, en tout état de cause, au dispositif et au motif qui en est le soutien nécessaire. Ce moyen ne pourra donc qu'être écarté.
10. En cinquième lieu, M. B qui déclare être entré en France en 2021, à l'âge de 23 ans, n'y a jamais, avant son placement en centre de rétention administrative, formulé de demande de protection internationale. En outre, la demande d'asile qu'il a présenté le 3 juin 2024 a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 10 juin 2024. Or M. B ne fait état, dans son recours ou à l'audience, d'aucun élément précis de nature à étayer ses craintes en cas de retour en Libye. A cet égard, il apparaît peu probable que le requérant encourt le moindre risque qu'il allègue en Libye, puisqu'il est apparu peu probable que M. B soit originaire de ce pays. En effet, il n'a pas su indiquer l'indicatif téléphonique libyen, pourtant nécessaire pour les appels passés via What's app ou messenger, ni préciser son quartier de résidence à Gargarisch, ni, lorsqu'il a été appelé à nommer la mosquée qu'il fréquentait, mentionner le nom d'une mosquée existante. Surtout, interrogé sur le plat qui lui manquait le plus, M. B a mentionné une spécialité culinaire algérienne ou tunisienne, laquelle n'est pas au nombre des spécialité culinaires libyennes. Il n'est donc pas fondé à soutenir qu'en fixant la Libye comme pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre, le préfet du Nord aurait, eu égard aux risques qu'il encourt en cas de retour dans ce pays, méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En dernier lieu, M. B déclare être entré en France en 2021, à l'âge de 23 ans. Il n'y résidait que depuis moins de 3 ans à la date d'adoption de la décision attaquée. S'il soutient qu'il serait en couple avec une ressortissante française, laquelle serait enceinte de ses œuvres, il n'établit, en l'état de l'instruction, ni la réalité de cette relation, ni, a fortiori, son ancienneté ou sa stabilité alors que ses déclarations démontrent, en tout état de cause, a minima, toute absence de vie commune. M. B doit donc être regardé comme célibataire, conformément à ses déclarations lors de son audition par les services de police. Il n'a pas d'enfant et il n'établit ni qu'il disposerait d'attaches familiales en France, ni, comme il se borne à l'affirmer, qu'il serait orphelin et ne disposerait, à l'exception d'un frère en Libye, plus d'aucune autre attache familiale dans ce pays. Enfin, s'il indique qu'il travaille ponctuellement sans autorisation comme enduiseur, rien n'indique ni qu'il était effectivement employé au jour d'adoption de la décision attaquée, ni qu'il ne pourrait pas retrouver, dans son pays d'origine, un emploi. Et M. B ne se prévaut d'aucun autre élément de nature à établir qu'il disposerait désormais en France du centre de ses intérêts privés. Il n'est donc pas fondé à soutenir qu'en fixant la Lybie comme pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre, le préfet du Nord aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins d'annulation de la décision du 13 juin 2024, par laquelle le préfet du Nord a fixé la Libye comme pays de destination de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 30 mai 2024, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision de maintien en rétention :
13. En premier lieu, le préfet du Nord énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde la décision attaquée, en mentionnant que M. B, qui allègue être entré en France en 2021, n'y a jamais sollicité l'asile avant son placement en centre de rétention administrative le 3 juin 2024 et en visant les articles L. 752-2 à L. 752-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen, tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée, ne peut être accueilli.
14. En deuxième lieu, M. B se borne à soutenir que son droit d'être entendu aurait été méconnu. Toutefois il ne se prévaut à l'audience ou dans son recours, d'aucun élément nouveau qu'il n'aurait pas déjà fait valoir lors de son audition par les services de police, le 30 mai 2024, et qui serait de nature à modifier le sens de la décision attaquée. Ce moyen doit donc être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". L'article L. 754-3 du même code dispose que : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ ".
16. En l'espèce, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet du Nord se fonde, pour considérer que la demande d'asile présentée au centre de rétention administratif par M. B a pour seul but de faire échec à son éloignement sur la circonstance que, bien que présent depuis 2021 en France, il n'y a jamais sollicité l'asile. Or il ressort des pièces du dossier que, comme le relève le préfet du Nord, ce n'est qu'après son placement en centre de rétention administrative, et, plus précisément, seulement après que ses premières démarches visant à être élargi aient échouées, et ce, alors que M. B ne s'est, devant le juge des libertés et de la détention, prévalu d'aucune crainte en cas de retour en Libye, qu'il a formulé une demande d'asile. De ce fait, la circonstance relevée par le préfet étant avérée, la demande d'asile formulée par M. B apparaît objectivement comme n'ayant pas d'autre but que de faire obstacle à son éloignement. Et ce dernier n'est donc pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou serait empreinte d'une erreur manifeste dans l'appréciation du caractère dilatoire de sa demande d'asile.
17. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 11 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en ayant ordonné son maintien en centre de rétention administrative, le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
18. Il résulte donc de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 4 juin 2024, par laquelle le préfet du Nord a ordonné le maintien du placement de M. B en centre de rétention administrative, ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans les instances enregistrées sous les numéros 2405825 et 2406215.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Nord.
Lu en audience publique le 20 juin 2024.
Le magistrat désigné,
signé
X. LARUE
La greffière,
signé
F. JANET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui la concerne ou à tous commissairesde justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2405825, 2406215
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026