jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406203 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GUILLAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024, M. E C demande au tribunal d'annuler la décision du 11 juin 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a ordonné son maintien en rétention administrative à la suite du dépôt, au centre de rétention administratif, de sa demande d'asile.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été édictée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- a méconnu son droit d'être entendu ;
- et contrevient aux dispositions des articles L. 754-2 et L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de critère objectif de nature à justifier que sa demande d'asile aurait pour seul but de faire obstacle à son éloignement.
La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue en application de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Guillaud, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en ajoutant qu'il n'est pas établi que la décision attaquée ait été édictée postérieurement à l'enregistrement de la demande d'asile de M. C sur le registre prévu à cet effet au centre de rétention ;
- les observations de Me Kerkeni, représentant le préfet du Pas-de-Calais, qui a conclu au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- et les observations de M. C, assisté de M. A, interprète assermenté en langue vietnamienne, qui a répondu aux questions qui lui ont été posées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant vietnamien né le 3 octobre 2004, déclare être entré irrégulièrement en France le 2 juin 2024. Il a été interpellé par les services de la police aux frontières de Calais à l'occasion d'un contrôle d'identité opéré, le 5 juin 2024, dans l'enceinte de la gare SNCF de Calais à 14h20. N'étant pas à même de justifier de son droit à circuler ou séjourner en France, M. C a fait l'objet d'une mesure de retenue administrative aux fins de vérification de ce droit. Après qu'il est apparu qu'il était entré irrégulièrement en France où il n'a jamais formulé de demande visant à être autorisé à séjourner, il a fait l'objet, le 6 juin 2024, d'une obligation de quitter, sans délai, le territoire français à destination du Vietnam ainsi que d'une interdiction de retour sur le sol français d'une durée d'un an. Par ailleurs, M. C a, par le même arrêté, fait l'objet d'un placement au centre de rétention administrative de Coquelles, où il a formulé, le 11 juin 2024, une demande d'asile. Si cette dernière a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 19 juin 2024, M. C a fait l'objet, le jour même de sa demande, soit le 11 juin 2024, d'une décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a ordonné son maintien en rétention administrative. Par la présente requête, M. C demande au Tribunal l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par l'arrêté n° 2023-10-75 du 30 octobre 2023, publié le lendemain au recueil spécial n° 140 des actes administratifs des services de l'Etat dans le département, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. B D, chef du bureau de l'éloignement, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision querellée manque en fait et doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, le préfet du Pas-de-Calais énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde sa décision, en mentionnant les éléments objectifs qui justifient, selon lui, le caractère dilatoire de la demande d'asile du requérant et en faisant application des dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étranger et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée ne peut être accueilli.
4. En troisième lieu, M. C se borne à soutenir que son droit d'être entendu aurait été méconnu. Toutefois il ne se prévaut à l'audience ou dans son recours, d'aucun élément nouveau qu'il n'aurait pas déjà fait valoir lors de son audition par les services de police, le 5 juin 2024, et qui serait de nature à modifier le sens de la décision attaquée. Ce moyen doit donc être écarté.
5. En quatrième lieu, le préfet du Pas-de-Calais n'a certes pas produit le registre du centre de rétention administrative mentionnant l'enregistrement de la demande d'asile que M. C a formulé le 11 juin 2024. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du dernier visa de la décision attaquée, laquelle a été notifiée au requérant le 11 juin à 16h00, que cette demande d'asile avait bien été enregistrée à l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides avant que ne soit ordonné le maintien en rétention de son auteur. M. C n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet du Pas-de-Calais aurait méconnu les dispositions combinées des articles L. 754-2, R. 754-6 et R. 754-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". L'article L. 754-3 du même code dispose que : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ ".
7. En l'espèce, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet du Pas-de-Calais se fonde, pour considérer que la demande d'asile présentée au centre de rétention administratif par M. C a pour seul but de faire échec à son éloignement, sur le fait que, bien qu'il n'ait été présent que depuis 3 jours en France, il a déclaré y être venu pour des raisons économiques, n'y être qu'en transit à destination du Royaume Uni et vouloir, après qu'il a été informé de la possibilité qu'il fasse l'objet d'une mesure d'éloignement et d'un placement en centre de rétention administrative, y demeurer libre et pouvoir quitter le pays par ses propres moyens. Tous ces éléments étant avérés, la demande d'asile formulée par M. C, qui n'a jamais fait part, avant son introduction, de craintes actuelles et personnelles en cas de retour au Vietnam, apparaît objectivement comme n'ayant pas d'autre but que de faire obstacle à son éloignement. Et ce dernier n'est donc pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées des articles L. 754-2 et L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. Il résulte donc de ce qui précède que les conclusions de M. C aux fins d'annulation de la décision du 11 juin 2024, par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a ordonné son maintien en rétention administrative, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet du Pas-de-Calais.
Lu en audience publique le 27 juin 2024.
Le magistrat désigné,
signé
X. LARUE
La greffière,
signé
L. CAMAU
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2406203
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026