mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406663 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PERINAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, M. B A, représenté par Me Perinaud, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2403697 du 2 mai 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;
3°) de modifier, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'injonction prescrite par l'ordonnance du 2 mai 2024 afin de l'assortir d'une astreinte de 250 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil ou au requérant en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le préfet n'a pas exécuté l'ordonnance n° 2403697 du 2 mai 2024 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lille a enjoint à l'autorité préfectorale de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de sa notification ;
- cette carence constitue un élément nouveau justifiant de relever le montant de l'astreinte.
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais des pièces qui ont été enregistrées et communiquées à la partie adverse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Christian, premier conseiller, pour statuer
sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juillet 2024 à 14h30, à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de M. Christian, juge des référés,
- les observations de Me Verhaegen, substituant Me Perinaud, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ; il est en outre indiqué que la seule abrogation par le préfet du Nord des arrêtés de refus de séjour du 3 février 2022 et du 1er mars 2024 ne correspondent pas à la " décision expresse " que le juge des référés lui avait enjoint de prononcer dans son ordonnance du 2 mai 2024,
- les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête au motif que l'autorité préfectorale a délivré au requérant une autorisation provisoire de séjour dans les délais requis par le juge des référés et qu'il a abrogé les arrêtés de refus de séjour dont il faisait l'objet.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. L'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut également être accordée lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé, notamment en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. L'aide juridictionnelle est attribuée de plein droit à titre provisoire dans le cadre des procédures présentant un caractère d'urgence dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat. () ".
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le cadre juridique :
3. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. En outre, les demandes relatives à l'exécution d'une précédente ordonnance sont régies par l'article L. 911-7 du code de justice administrative et celles tendant à modifier ou à compléter une précédente ordonnance sont prévues par l'article L. 521-4 du même code.
Sur les conclusions tendant à la liquidation de l'astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu le jugement d'en assurer l'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-7 du même code : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-7 de ce code : " A compter de la date d'effet de l'astreinte prononcée, même à l'encontre d'une personne privée, par le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel, le président de la juridiction ou le magistrat qu'il désigne, après avoir accompli le cas échéant de nouvelles diligences, fait part à la formation de jugement concernée de l'état d'avancement de l'exécution de la décision. La formation de jugement statue sur la liquidation de l'astreinte ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-13 du même code : " L'ordonnance prend effet à partir du jour où la partie qui doit s'y conformer en reçoit notification ".
5. La liquidation de l'astreinte à laquelle procède le juge des référés se rattache à la même instance contentieuse que celle qui a été ouverte par la demande d'astreinte dont elle est le prolongement procédural. Dès lors, il appartient au juge des référés qui a assorti d'une astreinte l'injonction faite à l'une des parties, de statuer sur les conclusions tendant à ce que cette astreinte soit liquidée. Il peut procéder à cette liquidation soit d'office, soit à la demande d'une autre partie s'il constate que les mesures qu'il avait prescrites n'ont pas été exécutées. Le juge de l'exécution, saisi aux fins de liquidation d'une astreinte précédemment prononcée, peut la majorer, ou au contraire la modérer ou la supprimer, même en cas d'inexécution constatée, compte tenu notamment des diligences accomplies par l'administration en vue de procéder à l'exécution de la chose jugée.
6. Par une ordonnance n° 2403697 du 2 mai 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a, d'une part, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, suspendu l'exécution de la décision du 1er mars 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé à M. A le renouvellement de son titre de séjour et, d'autre part, enjoint à l'autorité préfectorale de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours en prenant une décision expresse tenant compte des motifs de cette ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'issue d'un délai de quinze jours. Il résulte de l'instruction que l'ordonnance du 2 mai 2024 a été notifiée au préfet du Nord le jour même et que, le 16 mai 2024, les services préfectoraux ont délivré à M. A un récépissé de sa demande de carte de séjour valable jusqu'au 15 août 2024, puis que le préfet du Nord a procédé, le 17 juin 2024, à l'abrogation de son arrêté du 1er mars 2024. Si l'intéressé fait valoir qu'aucune décision explicite sur son droit au séjour n'a été prise dans les délais prescrits par l'ordonnance du 2 mai 2024 du juge des référés et qu'il est, dès lors, nécessaire de procéder à la liquidation de l'astreinte, il résulte toutefois de ce qui précède que son dossier de demande de titre de séjour a été mis à l'instruction le 16 mai 2024 par les services préfectoraux et que l'exécution de l'ordonnance du 2 mai 2024 était en cours à la date à laquelle il a saisi le tribunal pour obtenir la liquidation de l'astreinte.
7. Dans ces circonstances, qui manifestent la volonté du préfet du Nord d'exécuter l'ordonnance précitée, il n'y a pas lieu, en l'état, de le condamner au paiement de l'astreinte demandée. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
8. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 521-4 de ce code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
9. La décision ordonnée par le juge administratif des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, revêt, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, un caractère exécutoire et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoire. Si l'exécution d'une ordonnance demeurée sans effet peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du code de justice administrative, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter les mesures ordonnées par le juge des référés par toute mesure destinée à assurer cette exécution.
10. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 6 de la présente ordonnance, M. A est muni depuis le 16 mai 2024 d'un récépissé de dépôt de sa demande de titre de séjour. Il résulte en outre de l'instruction que le préfet du Nord a procédé, le 17 juin 2024, à l'abrogation des arrêtés de refus de séjour pris à son encontre le 1er mars 2024. Dans la mesure où l'intéressé se trouve désormais placé dans une situation régulière, la mesure demandée ne revêt pas un caractère d'urgence à la date de la présente ordonnance.
11. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions tendant au relèvement du montant de l'astreinte fixé par l'ordonnance du 2 mai 2024.
Sur les frais liés au litige :
12. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le conseil de M. A en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Perinaud.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Nord.
Lille, le 16 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. CHRISTIAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2406663
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026