mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RIVIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés le 27 juin, le 9 septembre, le 10 octobre et le 15 octobre 2024, M. F A, représenté par Me Rivière, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 7 février 2024 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de certificat de résidence algérien, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte, et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de ce réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle
Il soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun aux différentes décisions :
- ces décisions ont été signées par une personne dont il n'est pas établi qu'elle était compétente pour ce faire ;
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- l'avis médical préalable a été réalisé par une personne dont il n'est pas établi qu'elle était compétente pour ce faire ;
- cette décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- il ne pouvait pas faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il bénéficiait de plein droit d'un titre de séjour en raison de son état de santé ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-1 et L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée et méconnaît à ce titre les dispositions des articles L. 612-8, L. 612-10 et L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit un mémoire en observation et des pièces enregistrées le 8 juillet 2024 et le 7 août 2024
Il fait valoir que les soins nécessaires au traitement de l'état de santé de M. A sont disponibles en Algérie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une décision du 22 avril 2024 l'aide juridictionnelle partielle a été accordée M. A, la contribution de l'Etat étant fixée à 55%.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus pendant l'audience qui s'est tenue à huis-clos :
- le rapport de Mme Monteil ;
- les conclusions de M. Even, rapporteur public ;
- et les observations de Me Cliquennois, substituant Me Rivière, et représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. F A, né le 2 juillet 1980 en Algérie, de nationalité algérienne, est entré en France le 24 octobre 2019, sous couvert d'un visa court séjour valable du 21 novembre 2017 au 20 novembre 2020 l'autorisant à séjourner dans l'espace couvert par la convention d'application Schengen pour une durée n'excédant pas 90 jours. Il a fait l'objet d'un arrêté du préfet du Nord en date du 6 janvier 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an et l'assignant à résidence pendant 45 jours, qui a été annulé par le tribunal administratif de Lille par un jugement n° 2300146 en date du 8 février 2023. Le 6 janvier 2023, il a sollicité auprès de la préfecture du Nord la délivrance d'un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " pour " raison de santé ". Par un arrêté du 7 février 2024, dont M. A demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Par une décision en date du 10 octobre 2024 produite par le requérant, le directeur général de l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) a reconnu à M. A la qualité de réfugié. Cette décision rend caduque les décisions prises le 7 février 2024 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de ces décisions présentées par le requérant.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour :
3. En premier lieu, la décision contestée a été signée, pour le préfet du Nord et par délégation, par M. C E, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers de la préfecture du Nord, qui était compétent pour ce faire en vertu d'un arrêté du 5 février 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs n°64 de l'Etat dans le département du Nord. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision du 7 février 2024 cite les dispositions législatives et stipulations conventionnelles dont elle fait application notamment le 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Elle fait également état des éléments de fait relatifs à la situation personnelle de M. A, justifiant, selon le préfet du Nord, que sa demande de titre de séjour soit rejetée. La décision contestée, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est, par suite, suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la décision contestée, qui est suffisamment motivée, que le préfet du Nord a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant avant de prendre la décision en litige.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. / () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " () le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. () ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. () ". Aux termes de l'article 6 de ce même arrêté : " () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. "
7. Il ressort des pièces du dossier que, par un avis du 30 octobre 2023, produit en défense, le collège des médecins de l'OFII a considéré que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale, que le défaut de prise en charge médicale pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que, au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine.
8. Par ailleurs, il ressort du bordereau de transmission produit que le rapport médical exigé par les dispositions précitées a été établi le 13 septembre 2023 par le docteur D puis transmis au collège des médecins de l'OFII composé des docteurs Quille, Quilliot et Mesbahy qui ont signé l'avis du 30 octobre 2023. Le médecin auteur du rapport comme les médecins signataires de l'avis ont été régulièrement désignés par la décision du 25 juillet 2023 du directeur général de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège des médecins de l'OFII doit être écarté en ses différentes branches.
9. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été infecté par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) au cours de l'année 2018 et a atteint le stade du SIDA. Il est établi par l'avis de l'OFII en date du 30 octobre 2023 que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. L'intéressé suit un traitement quotidien composé de Biktarvy, de Lipanthyl et d'ampoules d'Uvedose, qui lui ont été prescrites pour des durées de six mois en 2022, en 2023 et en 2024, nécessaires au traitement d'une pathologie virale susceptible de s'aggraver, selon deux attestations en date du 15 février 2023 et du 14 mars 2024 de la praticienne hospitalière qui le suit au centre hospitalier de Tourcoing. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant peut disposer d'un suivi hospitalier adapté et avoir accès à son traitement au sein de l'établissement hospitalier spécialisé en maladies infectieuses El Hadi Flici Ex Hopital El Kettar à Alger. Si le requérant fait valoir qu'il est originaire de la ville d'Oran, cette circonstance ne remet pas en cause la disponibilité du traitement. Par ailleurs, si l'OFII ne s'est pas prononcé sur la disponibilité de l'Uvedose et que le requérant produit la nomenclature des produits pharmaceutiques à usage de la médecine humaine de la République algérienne démocratique et populaire ainsi que des recherches sur le site Pharm'net tendant à démontrer son indisponibilité, ce médicament est un complément en vitamine D, facilement substituable. Enfin, si le requérant fait valoir par la production de plusieurs articles de presse de 2018, 2019, 2021 et 2023 les difficultés d'approvisionnement des médicaments antirétroviraux en Algérie ainsi que les risques de stigmatisation des malades du sida dans ce pays, ces éléments ne permettent pas de démontrer que le requérant serait exposé, à titre personnel, à des difficultés d'accès aux soins, et ce alors que le rapport ONUSIDA de 2022 évoqué par l'OFII ne reconnaît pas de défaillance systémique de l'Algérie dans la prise en charge des malades. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnait les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Il ressort des pièces du dossier que M. F A, né le 2 juillet 1980 en Algérie, de nationalité algérienne, est entré en France le 24 octobre 2019. Il déclare vivre une relation de couple depuis deux ans avec Mme B G, née le 3 octobre 1973, de nationalité française. Cependant, la date du début de cette relation est incertaine dès lors que Mme G déclare que le couple s'est formé le 15 juillet 2020 dans l'attestation qu'elle produit dans le présent litige, et que M. A se déclarait célibataire lors de son audition par les services de police le 6 janvier 2023. En tout état de cause, cette relation est récente, et si le requérant soutient qu'il participe à la vie familiale de sa compagne et s'occupe des enfants qu'elle a eus d'une première union, il ne démontre pas participer effectivement à l'entretien et l'éducation de ces enfants, dont il n'est pas le père et qu'il a nécessairement également rencontrés récemment. Si M. A dispose par ailleurs de deux oncles et d'un cousin à Paris, il ne démontre pas entretenir avec eux des liens d'une particulière intensité. Enfin, si le requérant fait valoir par différentes attestations qu'il a noué des liens amicaux sur le territoire français et qu'il travaille depuis le 5 juin 2021 comme aide à domicile à temps partiel pour le compte du service d'aide et d'accompagnement SAS ASPAD, activité qu'il exerce sans autorisation d'emploi, il n'apporte pas la démonstration qu'il ne pourrait se réinsérer socialement et professionnellement en Algérie, pays où il a vécu jusqu'à ses 39 ans et où résident ses deux enfants mineurs nés d'une première union ainsi que ses parents. Par suite le préfet du Nord, par la décision litigieuse, n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A de mener une vie privée et familiale normale et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. En septième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que précédemment énoncés aux points 10. et 12., la décision litigieuse n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
14. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doit être rejeté. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 par le requérant doivent l'être également.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les décisions du 7 février 2024 par lesquelles le préfet du Nord a obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et au préfet du Nord et à Me Rivière.
Copie en sera transmise pour information au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le président,
Signé
X. FABRE
Le greffier,
Signé
A. DEWIÈRE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026