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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2406752

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406752

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2406752
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS GM ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme D A et Mme F, qui demandaient l'annulation de la décision du 30 avril 2024 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) des Hauts-de-France a homologué le document unilatéral portant sur le projet de licenciement économique collectif de la société G.A.B. France Retail. Les requérantes contestaient notamment la régularité de la consultation des représentants du personnel, l'étendue des recherches de reclassement et la motivation de la décision. Le tribunal a jugé que l'administration avait procédé aux vérifications nécessaires et que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, en application des articles L. 1233-57-3 et suivants du code du travail. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu'il soit fait droit aux demandes de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2024 et le 23 août 2024, Mme G D A et Mme E F, représentées par Me Rilov, demandent au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 30 avril 2024 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) des Hauts-de-France a homologué le document unilatéral portant sur le projet de licenciement économique collectif donnant lieu à la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l'emploi de la société par actions simplifiée (SAS) à associé unique G.A.B. France Retail ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- l'administrateur judiciaire, auquel a été attribuée par le tribunal de commerce une simple mission d'assistance et non de représentation, ne pouvait, au regard des dispositions de l'article L. 631-12 du code de commerce, engager la procédure de licenciement collectif pendant la période d'observation en saisissant le comité économique et social, ni rechercher les postes disponibles en vue de l'élaboration des mesures de reclassement interne ;

- les représentants du personnel n'ont pas été régulièrement consultés et n'ont pu rendre un avis éclairé, compte tenu des informations qui leur ont été communiquées par l'administrateur, et le comité social et économique n'a pas été réuni après le jugement prononçant la liquidation judiciaire et arrêtant le plan de cession de l'entreprise ;

- l'administrateur n'a pas effectué de recherches sérieuses et loyales des possibilités de reclassement interne auprès de l'ensemble des sociétés du groupe, ni sollicité leur contribution financière ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en l'absence de contrôle de l'administration sur le périmètre du groupe en matière de reclassement ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 1° de l'article L. 1233-57-3 du code du travail en l'absence de contrôle sur la proportionnalité du plan de sauvegarde de l'emploi au regard des moyens dont dispose la société G.A.B. France Retail ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et méconnaît le 4° de l'article L. 1233-24-2 du code du travail en l'absence de détermination, dans le document unilatéral, des catégories professionnelles concernées par le licenciement collectif ; la liste qui y figure, et qui a été reprise par le tribunal de commerce dans un jugement qui n'est opposable ni à l'administration, ni à ce tribunal, n'a identifié que des postes et non des catégories ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, en l'absence de contrôle du respect par l'employeur de son obligation de sécurité ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, la société G.A.B. France Retail ayant manqué à ses obligations de santé et de sécurité dans le cadre de la procédure de licenciement collectif pour motif économique, et le document unilatéral ne prévoyant aucune mesure de suivi de la mise en œuvre du plan, en particulier au titre de l'obligation de sécurité de l'employeur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, le préfet de la région Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme D A et Mme F ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2024, la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Axyme, prise en la personne de Me Jean-Charles Demortier, en qualité de liquidateur judiciaire de la société G.A.B. France Retail, et la SELARL 2M et Associés, prise en la personne de Me Marine Pace, en qualité d'administratrice judiciaire, représentées par Me Masson, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de chacune des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que les moyens soulevés par Mme D A et Mme F ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de commerce ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Ratinaud, substituant Me Rilov, représentant les requérantes, et de Me Orsini, substituant Me Masson, représentant les liquidatrice et administratrice judiciaires de la société G.A.B. France Retail.

Considérant ce qui suit :

1. La société G.A.B. France Retail, créée en 2015, et anciennement dénommée Scotch et Soda Retail, a pour activité l'achat et la vente au détail en France de vêtements de la marque néerlandaise " Scotch et Soda ". Elle exploite une vingtaine d'établissements situés en France métropolitaine. Elle a été placée en redressement judiciaire par un jugement du tribunal de commerce de Paris du 2 novembre 2023, la société Axyme prise en la personne de Me Jean-Charles Dumortier ayant été désignée en qualité de mandataire judiciaire et la société 2M et Associés, prise en la personne de Me Marine Pace, ayant été désignée en qualité d'administrateur judiciaire. Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) préparé par l'administrateur judiciaire, prévoyant la suppression de 25 postes, a été homologué par décision du 30 avril 2024 du directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) des Hauts-de-France. Par jugement du 20 juin 2024, le tribunal de commerce de Paris a prononcé la conversion de la procédure de redressement judiciaire en liquidation judiciaire sans poursuite d'activité, désignant la société Axyme, prise en la personne de Me Jean-Charles Demortier, en qualité de liquidateur judiciaire. Par la présente requête, Mme D A et Mme F, salariées ayant reçu leur lettre de licenciement, demandent au tribunal l'annulation de la décision précitée du 22 mars 2024.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'elle est saisie par un employeur d'une demande d'homologation d'un document élaboré en application de l'article L. 1233-24-4 du code du travail et fixant le contenu d'un plan de sauvegarde de l'emploi, il appartient à l'autorité administrative, en application de l'article L. 1233-57-3 du même code, de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, seul compétent, que la procédure d'information et de consultation des institutions représentatives du personnel a été régulière et que ce document et le plan de sauvegarde de l'emploi dont il fixe le contenu sont conformes aux exigences résultant des dispositions législatives et des stipulations conventionnelles qui le régissent et qui sont mentionnées à cet article. L'administration ne peut légalement accorder l'homologation demandée que si le comité d'entreprise ou désormais le comité social et économique a été mis à même d'émettre régulièrement un avis, d'une part, sur l'opération projetée et ses modalités d'application et, d'autre part, sur le projet de licenciement collectif et le plan de sauvegarde de l'emploi, et si le document et le plan de sauvegarde qu'il comporte contiennent tous les éléments ainsi exigés et qu'il appartient à l'administration de contrôler.

En ce qui concerne l'ordre d'examen des moyens de la requête :

3. Aux termes des septième, huitième et neuvième alinéas du II de l'article L. 1233-58 du code du travail, applicables aux entreprises en redressement ou liquidation judiciaire : " En cas de licenciements intervenus en l'absence de toute décision relative à la validation ou à l'homologation ou en cas d'annulation d'une décision ayant procédé à la validation ou à l'homologation, le juge octroie au salarié une indemnité à la charge de l'employeur qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois. L'article L. 1235-16 ne s'applique pas. / En cas d'annulation d'une décision de validation mentionnée à l'article L. 1233-57-2 ou d'homologation mentionnée à l'article L. 1233-57-3 en raison d'une insuffisance de motivation, l'autorité administrative prend une nouvelle décision suffisamment motivée, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à l'administration. Cette décision est portée par l'employeur à la connaissance des salariés licenciés à la suite de la première décision de validation ou d'homologation, par tout moyen permettant de conférer une date certaine à cette information. / Dès lors que l'autorité administrative a édicté cette nouvelle décision, l'annulation pour le seul motif d'insuffisance de motivation de la première décision de l'autorité administrative est sans incidence sur la validité du licenciement et ne donne pas lieu au versement d'une indemnité à la charge de l'employeur ".

4. Il résulte des dispositions qui viennent d'être citées que, pour les entreprises qui sont en redressement ou en liquidation judiciaire, le législateur a attaché à l'annulation pour excès de pouvoir d'une décision d'homologation ou de validation d'un plan de sauvegarde de l'emploi, des effets qui diffèrent selon que cette annulation est fondée sur un moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision en cause ou sur un autre moyen. Par suite, lorsque le juge administratif est saisi d'une requête dirigée contre une décision d'homologation ou de validation d'un plan de sauvegarde de l'emploi d'une entreprise qui est en redressement ou en liquidation judiciaire, il doit, si cette requête soulève plusieurs moyens, toujours commencer par se prononcer sur les moyens autres que celui tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision administrative, en réservant, à ce stade, un tel moyen. Lorsqu'aucun de ces moyens n'est fondé, le juge administratif doit ensuite se prononcer sur le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision administrative, lorsqu'il est soulevé.

En ce qui concerne le moyen relatif aux pouvoirs de l'administrateur judiciaire :

5. Aux termes de l'article L. 631-12 du code de commerce, qui concerne la procédure de redressement judiciaire : " Outre les pouvoirs qui leur sont conférés par le présent titre, la mission du ou des administrateurs est fixée par le tribunal. / Ce dernier les charge ensemble ou séparément d'assister le débiteur pour tous les actes relatifs à la gestion ou certains d'entre eux, ou d'assurer seuls, entièrement ou en partie, l'administration de l'entreprise. (). / A tout moment, le tribunal peut modifier la mission de l'administrateur sur la demande de celui-ci, du mandataire judiciaire, du ministère public ou d'office. / () ". L'article L. 631-17 du code de commerce ajoute : " Lorsque des licenciements pour motif économique présentent un caractère urgent, inévitable et indispensable pendant la période d'observation, l'administrateur peut être autorisé par le juge-commissaire à procéder à ces licenciements. / Préalablement à la saisine du juge-commissaire, l'administrateur met en œuvre le plan de licenciement dans les conditions prévues à l'article L. 1233-58 du code du travail. Il joint, à l'appui de la demande qu'il adresse au juge-commissaire, l'avis recueilli et les justifications de ses diligences en vue de faciliter l'indemnisation et le reclassement des salariés, ainsi que la décision de l'autorité administrative prévue à l'article L. 1233-57-4 du code du travail. " Par ailleurs, l'article L. 1233-58 du code du travail dispose : " I. En cas de redressement ou de liquidation judiciaire, l'employeur, l'administrateur ou le liquidateur, selon le cas, qui envisage des licenciements économiques, met en œuvre un plan de licenciement dans les conditions prévues aux articles L. 1233-24-1 à L. 1233-24-4. / L'employeur, l'administrateur ou le liquidateur, selon le cas, réunit et consulte le comité social et économique dans les conditions prévues à l'article L. 2323-31 ainsi qu'aux articles : / ()/ 3° L. 1233-30, I à l'exception du dernier alinéa, et dernier alinéa du II, pour un licenciement d'au moins dix salariés dans une entreprise d'au moins cinquante salariés ; / 4° L. 1233-34 et L. 1233-35 premier alinéa et, le cas échéant, L. 2325-35 et L. 4614-12-1 du code du travail relatifs au recours à l'expert ; / 5° L. 1233-31 à L. 1233-33, L. 1233-48 et L. 1233-63, relatifs à la nature des renseignements et au contenu des mesures sociales adressés aux représentants du personnel et à l'autorité administrative ; / 6° L. 1233-49, L. 1233-61 et L. 1233-62, relatifs au plan de sauvegarde de l'emploi ;/ 7° L. 1233-57-5 et L. 1233-57-6, pour un licenciement d'au moins dix salariés dans une entreprise d'au moins cinquante salariés. "

6. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'une entreprise est placée en période d'observation dans le cadre d'une procédure de redressement judiciaire, l'administrateur judiciaire, qui ne peut procéder à des licenciements pour motif économique qu'après autorisation du juge-commissaire, doit, si ces licenciements concernent au moins dix salariés dans une entreprise d'au moins cinquante salariés, obtenir de l'autorité administrative, préalablement à la saisine du juge-commissaire, l'homologation ou la validation d'un plan de sauvegarde de l'emploi.

7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le comité social et économique de cette société a été convoqué les 25 mars 2024, 2 avril 2024, 9 avril 2024 et 24 avril 2024, non par l'administratrice judiciaire comme il est soutenu, mais par le président de cette instance, M. C B.

8. En second lieu, par un jugement du 2 novembre 2023, le tribunal de commerce de Paris a, comme il a été dit au point 1, ouvert une procédure de redressement judiciaire à l'égard de la société G.A.B. France Retail et a désigné la société 2M et Associés, prise en la personne de Me Marine Pace, en qualité d'administratrice judiciaire, laquelle s'est vue confier une mission d'assistance de la société débitrice pour tous les actes de gestion sans restriction. En application des dispositions de l'article L. 631-17 du code de commerce, citées au point 5, Me Pace pouvait régulièrement, après avoir recherché les possibilités de reclassement des salariés de la société G.A.B. France Retail, préparer un plan de licenciement collectif et solliciter de l'administration l'homologation du document unilatéral portant sur le projet de licenciement économique de vingt-cinq salariés de la société G.A.B. France Retail.

9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance par l'administrateur judiciaire de l'étendue de ses pouvoirs doit être écarté.

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'information et de consultation des institutions représentatives du personnel :

10. Le II de l'article L. 2312-8 du code du travail dispose : " Le comité est informé et consulté sur les questions intéressant l'organisation, la gestion et la marche générale de l'entreprise () ". Aux termes de l'article L. 2312-53 du même code : " Le comité social et économique est informé et consulté : / 1° Avant le dépôt au greffe d'une demande d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire ; / 2° Lors d'une procédure de sauvegarde, dans les situations prévues aux articles L. 623-3 et L. 626-8 du code de commerce ; / 3° Lors d'une procédure de redressement judiciaire, dans les situations et conditions prévues aux articles L. 631-17, L. 631-18, L. 631-19 et L. 631-22 du code de commerce ; / 4° Lors d'une procédure de liquidation judiciaire, dans les situations et conditions prévues au I de l'article L. 641-1, à l'article L. 641 4, au troisième alinéa de l'article L. 641-10, aux premier et avant dernier alinéas de l'article L. 642-5 et au deuxième alinéa de l'article L. 642-9 du code de commerce. / En cas de licenciements économiques prononcés dans les cas prévus aux 3° et 4°, le comité est réuni et consulté dans les conditions prévues à l'article L. 1233-58 du présent code. "

11. Lorsqu'elle est saisie par un employeur d'une demande d'homologation d'un document élaboré en application de l'article L. 1233-24-4 du code du travail et fixant le contenu d'un plan de sauvegarde de l'emploi, il appartient à l'administration de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que la procédure d'information et de consultation du comité social et économique a été régulière. Elle ne peut légalement accorder l'homologation demandée que si le comité a été mis à même d'émettre régulièrement un avis, d'une part, sur l'opération projetée et ses modalités d'application et, d'autre part, sur le projet de licenciement collectif et le plan de sauvegarde de l'emploi. A ce titre, il appartient à l'administration de s'assurer que l'employeur a adressé au comité tous les éléments utiles pour qu'il formule ses deux avis en toute connaissance de cause, dans des conditions qui ne sont pas susceptibles d'avoir faussé sa consultation. Lorsque l'assistance d'un expert-comptable a été demandée selon les modalités prévues par ces dispositions, l'administration doit s'assurer que celui-ci a pu exercer sa mission dans des conditions permettant au comité d'entreprise de formuler ses avis en toute connaissance de cause.

12. Il ressort des pièces du dossier que la société G.A.B. France Retail se trouvait, à la date de la décision attaquée, en redressement judiciaire, un projet de poursuite de son activité avec les seuls magasins rentables étant alors envisagé, et le tribunal de commerce de Paris n'a constaté l'impossibilité de parvenir au redressement de l'entreprise que par jugement du 20 juin 2024. Par ailleurs, si un plan de cession du magasin de Rouen, avec reprise des salariés de cet établissement, était envisagé à la date de la décision attaquée, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un plan de cession ait été arrêté par le tribunal de commerce de Paris avant le 17 mai 2024, date mentionnée par les requérantes dans leurs écritures. L'absence de réunion du comité social et économique (CSE) suite aux jugements arrêtant le plan de cession et ordonnant la conversion du redressement judiciaire en liquidation judiciaire est donc en tout état de cause sans incidence sur la régularité de la décision en litige rendue antérieurement. Le CSE s'est réuni à quatre reprises les 25 mars 2024, 2 avril 2024, 9 avril 2024 et 24 avril 2024 pour discuter le projet de licenciement, valablement élaboré par l'administratrice judiciaire ainsi qu'il a été dit au point 8, et a disposé d'une information suffisante pour rendre un avis éclairé. Par suite, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que la procédure d'information et de consultation des instances représentatives du personnel serait irrégulière.

En ce qui concerne la recherche de possibilités de reclassement des salariés et d'abondement financier des mesures de reclassement :

13. Aux termes de l'article L. 1233-57-3 du code du travail : " En l'absence d'accord collectif ou en cas d'accord ne portant pas sur l'ensemble des points mentionnés aux 1° à 5° de l'article L. 1233-24-2, l'autorité administrative homologue le document élaboré par l'employeur mentionné à l'article L. 1233-24-4, après avoir vérifié la conformité de son contenu aux dispositions législatives et aux stipulations conventionnelles relatives aux éléments mentionnés aux 1° à 5° de l'article L. 1233-24-2, la régularité de la procédure d'information et de consultation du comité social et économique, le respect, le cas échéant, des obligations prévues aux articles L. 1233-57-9 à L. 1233-57-16, L. 1233-57-19 et L. 1233-57-20 et le respect par le plan de sauvegarde de l'emploi des articles L. 1233-61 à L. 1233-63 en fonction des critères suivants : / 1° Les moyens dont disposent l'entreprise, l'unité économique et sociale et le groupe ; / 2° Les mesures d'accompagnement prévues au regard de l'importance du projet de licenciement ; / 3° Les efforts de formation et d'adaptation tels que mentionnés aux articles L. 1233-4 et L. 6321-1. / Elle s'assure que l'employeur a prévu le recours au contrat de sécurisation professionnelle mentionné à l'article L. 1233-65 ou la mise en place du congé de reclassement mentionné à l'article L. 1233-71. ".

14. S'agissant des mesures d'abondement financier des mesures de reclassement, l'article L. 1233-58 du même code dispose : " () / II.- Pour un licenciement d'au moins dix salariés dans une entreprise d'au moins cinquante salariés, l'accord mentionné à l'article L. 1233-24-1 est validé et le document mentionné à l'article L. 1233-24-4, élaboré par l'employeur, l'administrateur ou le liquidateur, est homologué dans les conditions fixées aux articles L. 1233-57-1 à L. 1233-57-3, aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 1233-57-4 et à l'article L. 1233-57-7. / Par dérogation au 1° de l'article L. 1233-57-3, sans préjudice de la recherche, selon le cas, par l'administrateur, le liquidateur ou l'employeur, en cas de redressement ou de liquidation judiciaire, des moyens du groupe auquel l'employeur appartient pour l'établissement du plan de sauvegarde de l'emploi, l'autorité administrative homologue le plan de sauvegarde de l'emploi après s'être assurée du respect par celui-ci des articles L. 1233-61 à L. 1233-63 au regard des moyens dont dispose l'entreprise. / () ".

15. S'agissant de la recherche des postes de reclassement, il résulte, d'une part, des articles L. 1233-61, L. 1233-62, L. 1233-24-4 et L. 1233-57-3 du code du travail et, d'autre part, de l'article L. 1233-4 du code du travail qu'au stade du document unilatéral portant PSE d'une entreprise, il revient notamment à l'autorité administrative de s'assurer qu'en application des articles L. 1233-61 et suivants du code du travail, le plan de reclassement intégré au PSE est de nature à faciliter le reclassement des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité, que l'employeur, ou l'administrateur judiciaire ou le liquidateur judiciaire selon les cas, a identifié dans le plan l'ensemble des possibilités de reclassement des salariés dans l'entreprise et, lorsque l'entreprise appartient à un groupe, que l'employeur, seul débiteur de l'obligation de reclassement, a procédé à une recherche sérieuse des postes disponibles pour un reclassement sur le territoire national dans les autres entreprises du groupe, quelle que soit la durée des contrats susceptibles d'être proposés pour pourvoir à ces postes, en indiquant dans le plan, pour l'ensemble des postes de reclassement ainsi identifiés, leur nombre, leur nature et leur localisation.

16. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le DREETS a considéré, en affirmant en page 2 de cette décision que l'administratrice judiciaire avait " accompli toutes les diligences nécessaires ", que l'ensemble des sociétés détenues par le groupe G.A.B. avait effectivement été sollicité en vue tant d'une participation au financement du PSE que pour une recherche des postes disponibles au sein de ce groupe. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de droit pour défaut de contrôle par le DREETS du périmètre du groupe doit être écarté.

17. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que par des courriers des 4 et 5 avril 2024, l'administratrice judiciaire de la société G.A.B. France Retail a sollicité les sociétés G.A.B. Management, associée unique de la société débitrice, et la société GAB Control holding NV à fins d'abondement financier du PSE et de recherche des postes disponibles en vue du reclassement des salariés concernés par ce plan. Elle a également, par des courriers du 4 avril 2024, sollicité aux mêmes fins les sociétés G.A.B. France, G.A.B. Italie SRL, G.A.B International NV, GROEP Alain Broekaert BV, Albro NV, ainsi que les sociétés Alto NV, GAB Netherlands BV, Sweet Cotton NV, GAB86 BV et GAB Luxury NV. Alors que les requérantes ne précisent pas quelle société du groupe G.A.B. aurait été omise, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administratrice judiciaire n'aurait pas recherché des possibilités de reclassement et d'abondement financier auprès de l'ensemble des sociétés du groupe G.A.B, d'autant que cette recherche a donné lieu à trois propositions de poste au sein du groupe qui viennent s'ajouter aux neuf propositions de reclassement interne. Par suite, le moyen tiré du défaut de recherches sérieuses et loyales des possibilités de reclassement interne des salariés concernés par le PSE et d'abondement financier de ce plan doit être écarté.

En ce qui concerne le contenu du document unilatéral :

18. En vertu de l'article L. 1233-61 du code du travail, le PSE doit comprendre un plan de reclassement visant à faciliter le reclassement sur le territoire national des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité, notamment celui des salariés âgés ou présentant des caractéristiques sociales ou de qualification rendant leur réinsertion professionnelle particulièrement difficile. Il doit prévoir, a minima, des mesures listées par l'article L. 1233-62 du même code telles que des actions de reclassement interne et externe, des actions de formation, de validation des acquis de l'expérience ou de reconversion de nature à faciliter ce reclassement, des créations d'activités nouvelles par l'entreprise, des actions de soutien à la création d'activités nouvelles ou à la reprise d'activités existantes par les salariés, des mesures de réduction ou d'aménagement du temps de travail notamment en matière d'heures supplémentaires. Enfin, l'article L. 1233-63 du même code impose au PSE de préciser les modalités de suivi de sa mise en œuvre.

S'agissant des moyens alloués au PSE :

19. Il ressort du document unilatéral homologué par la décision en litige que sont prévues des aides financières au déménagement des salariés en dehors de leur bassin d'emploi, des possibilités d'aide individuelle à la formation et des possibilités d'aide à la création ou à la reprise d'une entreprise, dans la limite d'un plafond défini par salarié, lequel est majoré d'une somme de 1 000 euros par salarié âgé de plus de 55 ans. Le PSE, qui porte sur 25 suppressions de postes, prévoit un budget total mutualisé de 37 500 euros. Alors que la société G.A.B. France Retail était, à la date de la décision litigieuse, en redressement judiciaire, avec un passif déclaré provisoire de 5 274 244 euros à la date du 3 janvier 2024 pour un actif disponible de 101 085 euros au moment de la déclaration de cessation de paiement, et que sur un effectif de 96 salariés au 24 avril 2024, la société G.A.B. France Retail ne comportait que trois salariés de plus de 54 ans, le DREETS qui n'avait pas à rechercher si le budget prévu pour financer ces mesures de reclassement était proportionné aux moyens de l'entreprise, n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 1233-58 du code du travail citées au point 13 en considérant que les moyens alloués au PSE étaient suffisants pour contribuer, de manière directe ou indirecte, au maintien dans l'emploi ou au reclassement des salariés.

S'agissant des catégories professionnelles :

20. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 631-36 du code de commerce, relatif au jugement arrêtant le plan de redressement, est inopérant en l'absence de plan de redressement arrêté à la date de la décision attaquée, la société G.A.B. France Retail se trouvant encore en période d'observation.

21. En second lieu, aux termes de l'article L. 1233-24-4 du code du travail : " A défaut d'accord mentionné à l'article L. 1233-24-1, un document élaboré par l'employeur après la dernière réunion du comité social et économique fixe le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi et précise les éléments prévus aux 1° à 5° de l'article L. 1233-24-2, dans le cadre des dispositions légales et conventionnelles en vigueur ". L'article L. 1233-24-2 de ce code dispose : " L'accord collectif mentionné à l'article L. 1233-24-1 porte sur le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi mentionné aux articles L. 1233-61 à L. 1233-63. / Il peut également porter sur : / () / 4° Le nombre de suppressions d'emploi et les catégories professionnelles concernées ; / () ".

22. Il appartient à l'administration, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'homologation d'un document qui fixe les catégories professionnelles mentionnées au 4° de l'article L. 1233-24-2 cité ci-dessus, de s'assurer, au vu de l'ensemble des éléments qui lui sont soumis, notamment des échanges avec les représentants du personnel au cours de la procédure d'information et de consultation ainsi que des justifications qu'il appartient à l'employeur de fournir, que ces catégories regroupent, en tenant compte des acquis de l'expérience professionnelle qui excèdent l'obligation d'adaptation qui incombe à l'employeur, l'ensemble des salariés qui exercent, au sein de l'entreprise, des fonctions de même nature supposant une formation professionnelle commune. Au terme de cet examen, l'administration refuse l'homologation demandée s'il apparaît que les catégories professionnelles concernées par le licenciement ont été déterminées par l'employeur en se fondant sur des considérations, telles que l'organisation de l'entreprise ou l'ancienneté des intéressés, qui sont étrangères à celles qui permettent de regrouper, compte tenu des acquis de l'expérience professionnelle, les salariés par fonctions de même nature supposant une formation professionnelle commune, ou s'il apparaît qu'une ou plusieurs catégories ont été définies dans le but de permettre le licenciement de certains salariés pour un motif inhérent à leur personne ou en raison de leur affectation sur un emploi ou dans un service dont la suppression est recherchée.

23. Le document unilatéral portant PSE de la société G.A.B. France Retail a identifié dix catégories professionnelles, dont la définition n'a donné lieu à aucune observation de la part des représentants du personnel lors des réunions du CSE. Si l'employeur a, dans un second temps, décliné ces catégories par établissement, il ne ressort pas des pièces du dossier que leur définition aurait été faite dans le but de permettre le licenciement de certains salariés dans un but inhérent à leur personne ou à leur affectation dans un établissement dont la suppression est recherchée. La liste de ces catégories professionnelles a d'ailleurs été reprise dans une ordonnance du juge-commissaire du tribunal de commerce de Paris du 2 mai 2024. Par suite, le moyen tiré de l'absence de définition des catégories professionnelles concernées par le licenciement ne peut qu'être écarté.

S'agissant de l'obligation de sécurité de l'employeur :

24. Aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. / Ces mesures comprennent : 1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; 2° Des actions d'information et de formation ; 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. / L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes ".

25. S'agissant du contrôle du respect, par l'employeur, de ses obligations en matière de prévention des risques pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, il appartient à l'administration, dans le cadre du contrôle du contenu du document unilatéral lui étant soumis en vue de son homologation, de vérifier, au vu de ces éléments d'identification et d'évaluation des risques, des débats qui se sont déroulés au sein du comité social et économique, des échanges d'informations et des observations et injonctions éventuelles formulées lors de l'élaboration du plan de sauvegarde de l'emploi, dès lors qu'ils conduisent à retenir que la réorganisation présente des risques pour la santé ou la sécurité des travailleurs, si l'employeur a arrêté des actions pour y remédier et si celles-ci correspondent à des mesures précises et concrètes, au nombre de celles prévues aux articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du code du travail, qui, prises dans leur ensemble, sont, au regard de ces risques, propres à les prévenir et à en protéger les travailleurs.

26. En premier lieu, il ressort du document unilatéral portant plan de sauvegarde de l'emploi homologué par la décision attaquée que des risques pour la santé des salariés ont été identifiés et que ce document a prévu différentes actions, parmi lesquelles la mise en place d'un système d'alerte individuelle, un accès à la plateforme d'écoute et de soutien psychologique Pro-Consult, avec un numéro vert dédié et une possibilité de consultations illimitées pour les salariés, et la sollicitation de la médecine du travail. Ces mesures qui permettent l'information et l'accompagnement des salariés sont de nature à prévenir les risques psycho-sociaux résultant, notamment, de l'incertitude liée au projet de réorganisation de l'entreprise et ses conséquences, ainsi qu'aux difficultés de reclassement éventuelles. Ces éléments ont fait l'objet d'un examen de la part du DREETS des Hauts-de-France qui concluait au caractère suffisant des mesures ainsi décrites. Par suite, les moyens tirés de l'absence de contrôle par l'administration et de l'erreur d'appréciation, doivent être écartés.

27. En second lieu, aux termes de l'article L. 1233-63 du code du travail :" Le plan de sauvegarde de l'emploi détermine les modalités de suivi de la mise en œuvre effective des mesures contenues dans le plan de reclassement prévu à l'article L. 1233-61. / () ".

28. Contrairement aux affirmations des requérantes, et ainsi que l'a relevé la décision attaquée, le document unilatéral homologué par la décision attaquée prévoit qu'une commission, composée notamment de deux représentants du personnel, se réunira une fois par mois pendant une année à compter de la dernière notification individuelle de licenciement pour effectuer un suivi de l'application des différentes mesures du plan de sauvegarde de l'emploi, parmi lesquelles figurent les mesures de protection de la santé et de la sécurité des salariés de la société G.A.B. France Retail. Le moyen doit dès lors être écarté.

En ce qui concerne la motivation de la décision :

29. Aux termes de l'article L. 1233-57-4 du code du travail : " L'autorité administrative notifie à l'employeur () la décision d'homologation dans un délai de vingt et un jours (). / Elle la notifie, dans les mêmes délais, au comité d'entreprise (). La décision prise par l'autorité administrative est motivée ".

30. Il résulte de ces dispositions que la décision expresse par laquelle l'administration homologue un document fixant le contenu d'un plan de sauvegarde de l'emploi doit énoncer les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que les personnes auxquelles cette décision est notifiée puissent à sa seule lecture en connaître les motifs. Si le respect de cette règle de motivation n'implique ni que l'administration prenne explicitement parti sur tous les éléments qu'il lui incombe de contrôler, ni qu'elle retrace dans la motivation de sa décision les étapes de la procédure préalable à son édiction, il lui appartient, toutefois, d'y faire apparaître les éléments essentiels de son examen. Doivent ainsi y figurer ceux relatifs à la régularité de la procédure d'information et de consultation des instances représentatives du personnel, ceux tenant au caractère suffisant des mesures contenues dans le plan au regard, dans les entreprises en procédure collective, des moyens de l'entreprise ainsi que, à ce titre, ceux relatifs à la recherche, par l'employeur, des postes de reclassement. En outre, il appartient, le cas échéant, à l'administration, d'indiquer dans la motivation de sa décision tout élément sur lequel elle aurait été, en raison des circonstances propres à l'espèce, spécifiquement amenée à porter une appréciation.

31. En l'espèce, la décision en litige comporte les considérations de droit qui en constituent le fondement et notamment l'article L. 631-17 du code de commerce. Par ailleurs, la décision attaquée indique les éléments de fait relatifs à la régularité de la procédure d'information et de consultation du CSE, en visant les trois réunions intervenues entre le 2 avril 2024 et le 24 avril 2024, et en précisant que l'instance représentative du personnel a pu formuler des avis en toute connaissance de cause, sur les différents sujets prévus par l'article L. 1233-30 du code du travail précité. En outre, elle relève l'existence de mesures de prévention de la santé, de la sécurité et des conditions de travail, certaines d'entre elles étant expressément mentionnées, en considérant qu'elles sont suffisantes pour éviter la survenue ou limiter les effets des risques psychosociaux pour les salariés, qu'ils soient licenciés ou maintenus dans les effectifs. De plus, elle énonce que l'administratrice judiciaire a accompli " toutes les diligences nécessaires ", notamment en sollicitant les sociétés détenues par le groupe G.A.B. afin qu'elles participent au financement du plan de sauvegarde de l'emploi et qu'elles communiquent la liste des postes de reclassement disponibles, sans qu'importe la circonstance que les sociétés sollicitées n'aient pas été nommées dans cette décision, la référence à une détention capitalistique par le groupe G.A.B. permettant de les identifier. La décision attaquée considère que le PSE est suffisant au regard des mesures d'accompagnement et des aides au reclassement prévues dans la limite d'un budget global de 37 500 euros et au regard des moyens de la société G.A.B. France Retail, notamment de son passif estimé à plus de cinq millions d'euros. Elle fait état de la proposition de contrat de sécurisation professionnelle. Elle ajoute que " le document unilatéral en litige est conforme aux dispositions législatives, notamment aux dispositions de l'article L. 1233-24-4 du code du travail en ce qu'il mentionne () le nombre de suppressions d'emploi, les catégories professionnelles concernées () ". Enfin, cette décision constate que le périmètre et la pondération des critères d'ordre des licenciements sont conformes aux dispositions de l'article L. 1233-5 du code du travail.

32. Il résulte de ce qui précède que la décision contestée permettait aux requérantes de discuter des motifs de la décision d'homologation en litige et au juge d'exercer son contrôle. Si elle ne mentionne ni l'identité de l'auteur de la demande d'homologation, ni la date de réception de sa demande, l'absence de ces éléments est sans incidence sur la régularité de la décision. En tout état de cause, ils figurent dans le courrier d'accompagnement de cette décision, produit par Mme D A et Mme F au soutien de leur requête. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

33. Il résulte de tout ce qui précède que les requérantes ne sont pas fondées à demander l'annulation de la décision du 30 avril 2024 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France a homologué le document unilatéral portant sur le projet de licenciement économique collectif donnant lieu à la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l'emploi de la société G.A.B. France Retail. Il s'ensuit que leur requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du liquidateur de la société présentées sur le fondement de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D A et Mme F est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société Axyme et la société 2M et Associés sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G D A et Mme E F, à la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Axyme, prise en la personne de Me Jean-Charles Demortier, en qualité de liquidatrice judiciaire de la société G.A.B. France Retail, à la SELARL 2M et Associés, prise en la personne de Me Marine Pace, en qualité d'administratrice judiciaire de la société G.A.B. France Retail et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie pour information en sera adressée au préfet de la région Hauts-de-France et au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France.

Délibéré après l'audience du 11 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cotte, président,

M. Fougères, premier conseiller,

M. Goujon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.

Le rapporteur,

signé

V. Fougères

Le président,

signé

O. Cotte

La greffière,

signé

J. Vandewyngaerde

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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