mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406808 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FORTUNATO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Fortunato, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n°2402396 du 31 mai 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, pour la période comprise entre le 31 mai 2024 jusqu'au jour de l'exécution de cette ordonnance par l'administration ou, à défaut d'exécution jusqu'à la date de la présente ordonnance ;
3°) statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation de l'astreinte assortissant l'injonction de réexamen de sa demande de délivrance de titre de séjour prescrite par l'ordonnance n°2402396 du 31 mai 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, pour la période comprise entre le 1er juillet 2024 jusqu'au jour de l'exécution de cette ordonnance par l'administration ou, à défaut d'exécution, jusqu'à la date de la présente ordonnance ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais engagés pour l'instance et non compris dans les dépens, par application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, en cas de refus d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, à verser la même somme à Madame B en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les dispositions de l'ordonnance n°2402396 du 31 mai 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille prescrivant le réexamen de sa situation n'ont pas été exécutées.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- l'ordonnance n°2402396 du 31 mai 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Féménia pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 juillet 2024 à 10h15, en présence de Mme Wisniewski, greffière, Mme Féménia, juge des référés, a lu son rapport et constaté l'absence des parties et de leurs représentants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante congolaise née le 11 novembre 1967, qui
déclare être entrée en France le 13 juillet 2000, a été munie, en dernier lieu, d'une carte de résident valable du 21 juin 2013 au 20 juin 2023. Elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour et la délivrance d'une carte de résidente permanente. Un récépissé portant autorisation de travail lui a été délivré le 28 juin 2023 valable jusqu'au 27 décembre 2023. Par une ordonnance n°2402396 du 31 mai 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a suspendu la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de renouveler son titre de séjour, et a enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa demande et d'édicter une nouvelle décision expresse à son issue, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance et, dans l'attente de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable pendant ce réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, d'ordonner la liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance n°2402396, pour la période comprise entre le 31 mai 2024 et la date de l'ordonnance à intervenir.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 911-7 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est
provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts ". Aux termes de son article L. 911-7 : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".
4. D'une part, l'astreinte a pour finalité de contraindre la personne qui s'y refuse à
exécuter les obligations qui lui ont été assignées par une décision de justice. Sa liquidation a pour objet de tirer les conséquences du refus ou du retard mis à exécuter ces obligations. Il appartient au juge qui a assorti d'une astreinte l'injonction faite à l'une des parties, de statuer sur les conclusions tendant à ce que cette astreinte soit liquidée. Il peut alors procéder à cette liquidation s'il constate que les mesures qu'il avait prescrites n'ont pas été exécutées ou l'ont été tardivement. Il peut la modérer ou la supprimer compte tenu notamment des diligences accomplies par les parties en vue de procéder à l'exécution de la chose ordonnée, sans toutefois pouvoir remettre en cause les mesures décidées par le dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution est demandée. Toutefois, si l'administration justifie avoir adopté, en lieu et place des mesures provisoires ordonnées par le juge des référés, des mesures au moins équivalentes à celles qu'il lui a été enjoint de prendre, le juge de l'exécution peut, compte tenu des diligences ainsi accomplies, constater que l'ordonnance du juge des référés a été exécutée.
5. D'autre part, l'exécution de la décision juridictionnelle, qui enjoint au réexamen de la
demande de titre de séjour d'un étranger dans le délai imparti par cette décision, implique une prise de position expresse sur le droit à la délivrance du titre de séjour sollicité, portée à la connaissance de l'intéressé.
6. Il n'est pas contesté, le préfet du Nord n'ayant pas produit à l'instance, que Mme
B n'a toujours pas été destinataire d'une décision expresse du préfet du Nord se prononçant sur son droit à la délivrance d'une carte de résidente permanente, en dépit, d'une part de l'injonction faite au préfet du Nord d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance n°2402396 du 31 mai 2024, et, d'autre part, de l'injonction faite au préfet du Nord de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable pendant ce réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Cette ordonnance a été notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et copie a été adressée au préfet du Nord le 3 juin suivant. Il y a lieu, dès lors, de procéder, au bénéfice de Mme B, à la liquidation provisoire de l'astreinte assortissant cette injonction pour la période commençant à compter du 3 juillet 2024 et courant, jusqu'à la date de la présente ordonnance, en limitant la somme due à 1 400 euros.
Sur les frais du litige :
7. Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Fortunato, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fortunato de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'État est condamné à verser à Mme B une somme de 1 400 euros au titre de la liquidation provisoire de l'astreinte fixée par l'ordonnance n°2402396 du 31 mai 2024, pour la période allant du 3 juillet 2024 au 16 juillet 2024.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Fortunato, son conseil, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Fortunato une somme de 800 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, à Me Fortunato et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord et, par application de l'article
R. 921-7 du code de justice administrative, au ministère public près la Cour des comptes.
Fait à Lille, le 17 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
J. FEMENIA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026