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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2406820

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406820

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2406820
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDORE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, M. B A, représenté par Me Dore, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite du préfet du Nord portant refus de délivrance d'une carte de résident portant la mention " réfugié " ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de résident ou à défaut de finaliser l'instruction de sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, ou, subsidiairement, d'enjoindre à l'administration de lui délivrer un document provisoire de séjour comportant une autorisation de travail, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et d'instruire sa demande de carte de résident dans le délai de dix jours, et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, en cas d'acceptation de la demande d'aide juridictionnelle, le versement à Me Dore d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à charge pour elle de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-l'urgence est établie dès lors que, d'une part, il doit être regardé comme bénéficiant d'une protection internationale et qu'il est dépourvu de tout document de séjour et que, d'autre part, la décision dont il est demandé la suspension a des conséquences suffisamment graves et illégales sur sa situation, dès lors que du fait de l'irrégularité de sa situation, il est placé en situation de précarité administrative, laquelle porte atteinte à son droit au travail puisqu'il ne perçoit plus aucun revenu, à sa liberté d'aller et venir et, à sa vie privée et familiale ;

-la décision contestée est entachée d'une illégalité externe, en ce qu'il appartient au préfet de justifier de la compétence du signataire de la décision ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'en sa qualité de réfugié la délivrance d'une carte de résident lui est de plein droit ;

- elle méconnaît les articles R.311-4, R.431-10 et R.431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-elle méconnaît les articles L.424-1, L.424-4, R.424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

-la requête enregistrée le 1er juillet 2024 sous le numéro 2406820 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, le préfet du Nord, représenté par le cabinet Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le requérant est convoqué pour se voir délivrer son titre de séjour.

Le président du tribunal a désigné Mme Féménia, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 juillet 2024 à 10h15, en présence de Mme Wisniewski, greffière, Mme Féménia, juge des référés, a lu son rapport, entendu les observations de Me Dore, représentant M. A qui conclut aux mêmes fins que sa requête introductive d'instance par les mêmes moyens et constaté l'absence du préfet du Nord et celle de son représentant.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan né le 24 avril 1993 s'est vu reconnaître la qualité de

réfugié à une date indéterminée. Il a sollicité, le 21 septembre 2022, la délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié. Il a alors été muni de plusieurs attestations de prolongation d'instruction dont la dernière a expiré le 13 juin 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui délivrer une carte de séjour.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ()".

4. Il résulte de l'instruction, que le préfet du Nord a, postérieurement à l'introduction de la requête, délivré à M. A une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour valable du 15 juillet 2024 au 14 janvier 2025 et que l'intéressé est convoqué à la préfecture le 24 juillet prochain pour se voir délivrer son titre de séjour. Par suite, les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont désormais privées d'objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais d'instance :

5. M. A a été provisoirement admis, ainsi qu'il a été dit, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, le versement d'une somme de 500 euros au titre des frais que M. A devrait y exposer, soit en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au bénéfice de Me Dore, avocate, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle serait accordé à M. A et sous réserve alors que Me Dore renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au bénéfice de M. A, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a plus de lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 500 euros à Me Dore dans les conditions mentionnées au point 5.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Dore et au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 16 juillet 2024.

La juge des référés,

Signé

J. FEMENIA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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