vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406862 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FORTUNATO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, Mme C A, représentée par Me Fortunato, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 8 octobre 2023 par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande de carte de résident en sa qualité de conjointe de réfugié, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui remettre une autorisation de prolongation d'instruction, portant autorisation de travail, valable pendant toute la durée du réexamen, dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre
des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou, dans l'hypothèse dans laquelle l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de mettre cette même somme à son profit.
Elle soutient que :
-l'urgence est établie dès lors que, la décision dont il est demandé la suspension a des conséquences suffisamment graves et immédiates sur sa situation personnelle, l'irrégularité de sa situation la place en situation de précarité administrative, laquelle porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, et la place dans une situation économique et sanitaire difficilement réparable dès lors qu'elle est enceinte de huit mois et qu'elle ne peut bénéficier dans une telle situation de ses droits sociaux et médicaux. Elle risque donc un placement en rétention administrative, peu compatible avec son état de grossesse particulièrement avancée et son rôle de mère ;
- la décision implicite contestée est entachée d'illégalités externes, d'une part, en ce que la décision est dépourvue de la signature de son auteur, d'autre part, en ce que la décision implicite contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article L.424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à cet égard, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son conjoint, M. D B s'est vu reconnaître la qualité de réfugié.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui a produit des pièces, enregistrées le 17 juillet 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 1er juillet 2024 sous le numéro 2406244 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Féménia, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 18 juillet 2024 à 10h, en présence de Mme Merad, greffière, Mme Féménia, juge des référés, a lu son rapport et entendu les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord qui conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que l'urgence n'est pas établie dès lors que la requérante s'est vu délivrer le 10 juillet 2024 une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'au 10 octobre 2024 et ne peut ainsi se prévaloir d'une décision implicite de rejet de cette dernière ce qui rend irrecevable sa requête ; l'urgence n'est pas établie dès lors que l'attestation de prolongation d'instruction délivrée à la requérante lui permet de travailler et de se déplacer librement ; en tout état de cause sa demande de délivrance de titre de séjour était tardive au regard de la date d'expiration de la validité de son visa et par ailleurs incomplète.
Mme A était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans
les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au
règlement du présent litige, d'admettre Mme A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision
administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. Mme A, ressortissant guinéenne, née le 3 mars 1992 et dont l'époux, M. D
B s'est vu délivrer une carte pluriannuelle de séjour valable du 6 octobre 2020 au 5 octobre 2030 en qualité de réfugié, a demandé la délivrance d'une carte de résident en sa qualité de conjointe de réfugié, le 8 juin 2023 et s'est vue remettre une attestation de dépôt. Eu égard au silence gardé pendant quatre mois sur sa demande, le préfet du Nord a implicitement refusé de délivrer la carte de séjour sollicité. Toutefois, Mme A s'est vue délivrer, en cours d'instance, une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande, valable jusqu'au 10 octobre 2024.
5. Eu égard aux effets de l'attestation de prolongation d'instruction délivrée à Mme A, et
en particulier s'agissant de la possibilité pour elle de travailler et de percevoir les droits sociaux attachés à sa qualité de conjointe de réfugié, la condition tenant à l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention à bref délai du juge des référés doit être regardée comme faisant défaut en l'espèce et il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de sa requête au fond, de rejeter la demande de suspension présentée par Mme A.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. La présente ordonnance de rejet n'implique aucune mesure d'exécution et dans ces
conditions, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante à l'instance, le versement au conseil de Mme A de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à Me Fortunato et au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 19 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
J. FÉMÉNIA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026