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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2406956

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406956

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2406956
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET ACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de M. D, ressortissant géorgien, contestant un arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 28 juin 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour d'un an. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence du signataire, d'insuffisance de motivation et d'erreur manifeste d'appréciation, faute pour le requérant d'apporter des éléments probants à l'appui de ses allégations. La décision a été rendue sur le fondement des articles L. 612-10 et L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 3 juillet 2024, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le magistrat désigné du tribunal administratif d'Orléans a transmis au tribunal, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D.

Par une requête, enregistrée le 29 juin 2024, M. A D, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2024 du préfet du Pas-de-Calais en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder à un nouvel examen de sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer, sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté attaqué dispose d'une délégation de signature régulière ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Denys, conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 20 septembre 2024 à 8h30, Mme Denys :

- a présenté son rapport ;

- a constaté que M. D n'était ni présent, ni représenté ;

- a entendu les observations de Me El Assaad, représentant le préfet du Pas-de-Calais, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable puisqu'elle présente un caractère sommaire, à défaut de développer les moyens soulevés, et n'a pas été complétée et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ;

- et a prononcé la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant géorgien né le 5 septembre 1976, est entré irrégulièrement en France en 2019, selon ses déclarations. Par un arrêté du 28 juin 2024, le préfet du Pas-de-Calais lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, et l'a placé en retenue administrative durant quarante-huit heures. M. D, dont il a été mis fin à la rétention administrative, demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

2. En premier lieu, par un arrêté du 30 octobre 2023, publié le lendemain au recueil spécial n°140 des actes administratifs des services de l'Etat dans le département, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation, à M. B C, chef du bureau de l'éloignement, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet du Pas-de-Calais s'est fondé pour faire obligation à quitter le territoire français sans délai à M. D, fixer le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, et lui faire interdiction de retour sur le territoire français pendant un an. En particulier, ces termes attestent que l'ensemble des critères énoncés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été pris en considérations par l'autorité préfectorale pour fixer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français en cause. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit être écarté.

4. En dernier lieu, si le requérant fait valoir qu'il encourt des risques de persécutions dans son pays d'origine et qu'il est atteint des hépatites B et C, du virus de l'immunodéficience humaine, d'une cirrhose et de la tuberculose, il ne produit, à l'instance, aucun élément au soutien de ses allégations. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les enfants de l'intéressé, à supposer qu'ils soient présents sur le territoire français, ne sont pas à sa charge. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet du Pas-de-Calais dans l'appréciation des conséquences des décisions en litige sur la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Pas-de-Calais, le requérant n'est pas fondé à solliciter l'annulation des décisions qu'il conteste.

D É C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet du Pas-de-Calais.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A. DENYSLa greffière,

Signé

O. MONGET

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2406956

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