mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GOMMEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, Mme A C B, représentée par Me Gommeaux, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous pour lui remettre le titre de séjour qu'il a accepté de lui délivrer, dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, ou à défaut, de lui délivrer un récépissé dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de la décision à intervenir sous la même condition d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros hors taxes au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, en cas de refus à l'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement entre ses mains de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en dépit de ses démarches répétées, elle n'a pu obtenir un rendez-vous pour que lui soit remis le renouvellement de son titre de séjour qui a expiré le 12 mai 2023 ;
- les mesures sollicitées présentent un caractère d'utilité et d'urgence dès lors que s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour, l'urgence est présumée, qu'elle n'est pas en mesure de justifier de la régularité de sa situation pour pouvoir bénéficier des prestations sociales, et qu'elle se trouve dans une situation de précarité ;
- elles ne font pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative en l'absence de refus opposé à sa demande de renouvellement de son titre de séjour.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative
Le président du tribunal a désigné Mme Féménia, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme B, ressortissante togolaise née le 22 décembre 1978, s'est vu délivrer un titre de séjour valable jusqu'au 12 mai 2023, portant la mention " salarié ", dont le renouvellement qui a donné lieu à la délivrance d'un récépissé valable jusqu'au 5 janvier 2024, a été accepté par le préfet du Nord, ainsi que cela ressort des échanges de courriels entre la requérante et les services de la préfecture. Il n'est pas contesté, le préfet du Nord n'ayant pas produit à l'instance, que Mme B ne s'est encore vue remettre à cette date ni la nouvelle carte de séjour, qui est en cours de fabrication, ni un document provisoire attestant de la régularité de sa situation jusqu'à la délivrance matérielle de son titre de séjour.
4. Dans ces circonstances, et alors que Mme B fait valoir, sans être contredite, les incidences défavorables que l'absence de détention d'un justificatif de la régularité de son séjour emporte à ce jour, la délivrance d'un document provisoire lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler présente un caractère d'urgence et d'utilité et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet du Nord, de convoquer en préfecture Mme B dans un délai de quinze jours afin que lui soit remis le renouvellement de son titre de séjour et de lui délivrer dans un délai de quarante-huit heures et par tout moyen un document provisoire lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et l'autorisant à travailler, conformément aux prescriptions pertinentes des articles R. 431-12 à R. 431-15-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et ce jusqu'à la remise effective de sa carte de séjour, sauf à ce qu'il ait déjà été procédé, à la date de notification de la présente ordonnance, à la remise à la requérante d'un tel document provisoire ou de son titre de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Gommeaux, avocat de Mme B, d'une somme de 800 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Gommeaux renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de convoquer en préfecture Mme B dans un délai de quinze jours afin que lui soit remis son titre de séjour et de lui délivrer dans un délai de quarante-huit heures un document provisoire autorisant son séjour dans les conditions prévues au point 4 de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Me Gommeaux, conseil de Mme B, une somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C B, à Me Gommeaux et au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 16 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
J. FEMENIA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2407035
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026