mardi 30 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407052 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP MASSON ET DUTAT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024 sous le n° 2407052, la société SFR, représentée par Me Bidault, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative,
la suspension de l'exécution de la décision du 24 avril 2024 par lequel le maire de la commune de Bierne a refusé de lui délivrer un certificat de non-opposition à sa déclaration préalable n° DP 59082 24 A0003 pour l'installation d'une antenne-relais de téléphonie mobile ;
2°) d'enjoindre au maire de lui délivrer un certificat de non-opposition à cette déclaration dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bierne une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- il existe un intérêt public à ce que le territoire national, y compris celui de la commune de Bierne, soit couvert par le réseau de téléphonie mobile de tous les opérateurs ;
- elle a des obligations vis-à-vis de l'autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP) en matière de couverture du territoire national ;
- son projet d'implantation tend à remédier à une faible couverture de son réseau de téléphonie mobile sur le territoire de la commune de Bierne et ses environs ;
Sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- la décision tacite de non-opposition, intervenue le 9 mars 2024, ne pouvant plus, en vertu de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, faire l'objet d'un retrait après le 9 juin 2024 ;
- en vertu de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, elle était fondée à se voir délivrer un certificat de non-opposition ;
- le motif tiré de la nécessité d'une mutualisation avec l'installation d'un autre opérateur ne pouvait, en vertu du principe d'indépendance des législations, lui être opposé ;
- en tout état de cause, l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques ne prévoit qu'un simple objectif de mutualisation et non une obligation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2024, la commune de Bierne, représentée par Me Dutat, conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Elle soutient que le certificat demandé a été délivré le 18 juillet 2024.
II. Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024 sous le n° 2407071, la société SFR, représentée par Me Bidault, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative,
la suspension de l'exécution de la décision du 18 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Bierne l'a informée du rejet tacite de sa déclaration préalable n°DP 59082 24 A0003 pour l'installation d'une antenne-relais de téléphonie mobile ;
2°) d'enjoindre au maire de lui délivrer un certificat de non-opposition à cette déclaration dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bierne une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle reprend, s'agissant de l'urgence, l'argumentation, visée ci-dessus, de la requête n° 2407052 et soutient, s'agissant du doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée que :
- la décision ne comporte pas les mentions du nom, du prénom et de la qualité de son auteur ;
- la décision de rejet ne peut pas être fondée sur le caractère incomplet de sa demande dès lors que la demande de pièces complémentaires, du 12 mars 2024, est intervenue après l'acquisition d'une décision tacite de non-opposition.
La requête a été communiquée à la commune de Bierne qui n'a pas produit de mémoire.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n°2406486 tendant à l'annulation de la décision du 24 avril 2024 ;
- la requête enregistrée sous le n°2407033 tendant à l'annulation de la décision du 18 juin 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 juillet 2024, à 14 heures, en présence de Mme Blanc, greffière :
- le rapport de M. Riou, juge des référés ;
- les observations de Me Dutat, représentant la commune de Bierne, qui conclut au non-lieu à statuer sur les deux requêtes et à la limitation de la somme mise à sa charge, le cas échéant, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société ERT Mobile, pour le compte de la société SFR, a déposé le 9 février 2024, auprès de la commune de Bierne, une déclaration préalable pour des travaux d'installation d'une antenne-relais de téléphonie mobile sur le territoire de cette commune. Par un courrier du 9 mars 2024, portant la mention d'une transmission à la société pétitionnaire le 12 mars 2024, la commune a demandé plusieurs pièces complémentaires pour l'instruction de cette déclaration. Par courrier du 24 avril 2024, la commune a indiqué à la société qu'elle disposait d'une " autorisation " tacite en vertu de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme tout en mentionnant son opposition au projet, au motif d'un défaut de mutualisation avec une antenne exploitée par un autre opérateur. Par une décision du 18 juin 2024, et non du 18 juin 2026 comme indiqué par une erreur de plume, la commune a informé la société pétitionnaire qu'une décision de rejet tacite de sa demande était intervenue, à l'expiration du délai de trois mois qui lui était imparti dans le courrier précité transmis le 12 mars 2024. Par une première requête, enregistrée sous le n° 2407052, la société SFR demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 24 avril 2024 et, par une seconde requête, enregistrée sous le n° 2407071, elle demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 18 juin 2024.
2. Les requêtes visées ci-dessus présentées par la société SFR présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule ordonnance.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le 18 juillet 2024, postérieurement à l'introduction des requêtes, le maire de la commune de Bierne a délivré un certificat de non-opposition à la déclaration préalable. Les conclusions tendant à la suspension de la décision du 24 avril 2024 et à fin d'injonction de délivrance d'un certificat de non-opposition sont désormais privées d'objet. Ce certificat ayant également pour effet, implicitement mais nécessairement, de retirer la décision du 18 juin 2024 rejetant la déclaration préalable au motif de son caractère incomplet, les conclusions à fin de suspension de cette dernière décision sont également privées d'objet. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées dans les requêtes n°2407052 et 2407071.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bierne une somme de 800 euros au titre des frais exposés par la société SFR et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées dans les requêtes n°2407052 et 2407071.
Article 2 : La commune de Bierne versera à la société SFR une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes n°2407052 et 2407071 est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SFR et à la commune de Bierne.
Lille, le 30 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
J.M. Riou
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2, 2407071
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026