mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407135 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SARLU TLA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 8 juillet 2024 et le 22 juillet 2024 à 13 h 16, la société par actions simplifiée (SAS) Hivory, représentée par Me Bon-Julien, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 10 mai 2024 par lequel le maire de la commune de Bruay-la-Buissière a fait opposition à la déclaration préalable déposée par la société Hivory portant sur l'installation d'une station de téléphonie mobile ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Bruay-la-Buissière, de lui délivrer une décision provisoire de non-opposition dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bruay-la-Buissière la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, compte tenu de l'intérêt public qui s'attache au déploiement du réseau de téléphonie mobile et de son obligation contractuelle à l'égard de l'opérateur SFR pour le compte duquel elle entend réaliser l'implantation en cause ;
- elle justifie d'un moyen de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : la décision en cause est entachée d'incompétence ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que la construction est aussi liée à l'activité agricole, qu'elle desservira ; le règlement de la zone A ne saurait être interprété comme interdisant les constructions d'intérêt général ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article A11 du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'une erreur d'appréciation, à défaut d'intérêt des lieux avoisinants ;
- le motif substitué n'est pas fondé, l'installation, comportant une antenne supérieure à 12 m mais une emprise au sol, qui concerne seulement les locaux techniques, inférieure à 5 m², relevant bien de la déclaration préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2024, la commune de Bruay-la-Buissière, représentée par Me Laval, demande au juge des référés :
1°) de rejeter la requête de la société Hivory ;
2°) de mettre à la charge de la société requérante la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que la couverture du territoire de la commune est suffisante et que la société ne justifie d'aucun lien avec un opérateur ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- elle entend ajouter un motif tiré de la méconnaissance du champ d'application de la déclaration préalable, la construction ne remplissant pas les conditions de la soumission à ce régime posées pour ce type d'installations par le j) de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2407118 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 juillet 2024 à 14 h 30 :
- le rapport de M. Riou, juge des référés ;
- les observations de Me Le Rouge de Guerdavid, substituant Me Bon-Julien représentant la société Hivory ;
- et celles de Me Laval, représentant la commune de Bruay-la-Buissière.
A l'audience publique, les parties concluent aux mêmes fins que dans leurs écritures et selon, en substance, la même argumentation.
Considérant ce qui suit :
1. La société Hivory, en tant qu'exploitante d'installations de téléphonie mobile mises à disposition d'opérateurs, en l'occurrence la société SFR, a déposé, le 30 avril 2024, auprès de la commune de Bruay-la-Buissière, un dossier de demande de déclaration préalable pour l'implantation d'un pylône de téléphonie mobile avec édification d'une clôture. Par un arrêté du 10 mai 2024, le maire de la commune de Bruay-la-Buissière a fait opposition à cette déclaration préalable. Par la requête dont le juge des référés est saisi, la société Hivory demande au tribunal la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 512-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il ressort des pièces du dossier et particulièrement des cartes de couverture réseau produites par la société requérante, dont la sincérité ne peut être utilement contestée du seul fait des contradictions relevées avec les cartes de couverture réseau mises en ligne sur le site internet de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), qui n'ont pas la même précision ni la même portée, que l'installation projetée étendra significativement la couverture en réseau " 4G " d'une vaste zone, elle-même largement urbanisée, en continuité immédiate de la partie urbanisée de la commune. Il s'ensuit que, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile et aux intérêts propres de la société requérante, qui a pris des engagements vis-à-vis de l'Etat quant à la couverture du territoire par son réseau, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être, en l'espèce, regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un moyen sérieux :
5. En premier lieu, l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bruay-la-Buissière, applicable à la zone agricole dans laquelle le projet en cause se situe, interdit certes les constructions pour des activités non agricoles à l'exception de celles autorisées par l'article A2 dont la téléphonie mobile ne fait pas partie. Toutefois, d'autres articles du règlement de la zone, ainsi que le rapport de présentation pour cette zone, font référence aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif qui englobent cette activité. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article A1 du règlement de la zone d'implantation du projet est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
6. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation d'une atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants, c'est-à-dire d'une méconnaissance de l'article A11 du règlement du plan local d'urbanisme est également, en l'état de l'instruction et eu égard aux caractéristiques du projet et de son secteur d'implantation, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en cause.
7. En dernier lieu, si la commune défenderesse entend proposer une substitution de motif en faisant valoir que la décision contestée peut également être fondée sur la méconnaissance du champ d'application de la déclaration préalable, la société requérante apparaît, en l'état de l'instruction, également fondée à soutenir qu'eu égard à la hauteur et à l'emprise au sol du projet, ce motif ne peut constituer le fondement juridique de la décision contestée.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est, en l'état de l'instruction, susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
9. Il résulte de ce qui précède que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies. La société requérante est par suite fondée à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté contesté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Lorsque le juge suspend un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision ainsi suspendue interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de l'ordonnance y fait obstacle. La décision de l'administration prise en exécution de cette injonction ne revêt toutefois qu'un caractère provisoire dans l'attente du jugement à intervenir sur la requête tendant à l'annulation de l'autorisation d'urbanisme ou de la déclaration préalable en cause.
11. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision suspendue interdiraient que la demande puisse être accueillie pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de la présente ordonnance y ferait obstacle. Par suite, il doit être enjoint au maire de la commune de Bruay-la-Buissière, par une décision qui revêtira un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête en annulation de la décision attaquée, de prendre une décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée par la société Hivory, dans un délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Hivory, qui n'est pas partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la commune de Bruay-la-Buissière et non compris dans les dépens.
13. Il y a par ailleurs lieu, sur le fondement des mêmes dispositions, de mettre à la charge de la commune de Bruay-la-Buissière la somme de 1 500 euros à verser à la société requérante au titre des frais exposés par cette dernière et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 10 mai 2024 par lequel le maire de la commune de Bruay-la-Bussière a fait opposition à la déclaration préalable déposée le 30 avril 2024 par la société Hivory portant sur l'implantation d'une station de téléphonie mobile avec édification d'une clôture est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Bruay-la-Buissière de délivrer, à titre provisoire, une décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée par la société Hivory dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune de Bruay-la-Buissière versera à la société Hivory la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Bruay-la-Buissière au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Hivory et à la commune de Bruay-la-Buissière.
Fait à Lille le 23 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
J.M. Riou
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026