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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2407258

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2407258

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2407258
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGOMMEAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2024, Mme D A B, représentée par Me Gommeaux, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de faire procéder sans délai à la suppression, par les services compétents, de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

5°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A B soutient que :

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un titre de séjour :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 424-1 et L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle viole les stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle justifie de circonstances particulières qui auraient dû conduire le préfet à lui octroyer un délai de départ supérieur à trente jours ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle viole les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2024 du bureau d'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Varenne en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la date de la décision attaquée.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Varenne, magistrate désignée,

- les observations de Me Cliquennois, substituant Me Gommeaux, représentant Mme A B, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; il déclare se désister du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'ensemble des décisions attaquées ; il reprend les autres moyens invoqués dans la requête, qu'il développe ;

- les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Pas-de-Calais, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;

- les observations de Mme A B, assistée de M. C, interprète assermenté en langue lingala, qui répond aux questions posées par le tribunal.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante congolaise née le 27 novembre 1985 à Brazzaville (République du Congo), demande l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / L'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut également être accordée lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé, notamment en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. / () / L'aide juridictionnelle provisoire devient définitive si le contrôle des ressources du demandeur réalisé a posteriori par le bureau d'aide juridictionnelle établit l'insuffisance des ressources. ".

3. Mme A B ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2024 du bureau d'aide juridictionnelle, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

4. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la qualité de réfugié a été reconnue en application du livre V se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. ". Aux termes de l'article L. 424-9 du même code : " L'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " d'une durée maximale de quatre ans. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance " et aux termes de l'article R. 532-57 du même code : " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire. ".

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'extrait de la base de données Telemofpra, dont les données font foi jusqu'à preuve du contraire, que la demande de protection internationale formée par Mme A B a d'abord été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 3 novembre 2023 qui lui a été notifiée 14 novembre suivant puis par un jugement de la Cour nationale du droit d'asile lu en audience publique le 29 avril 2024. Par suite, la demande d'asile de la requérante ayant été définitivement rejetée, cette dernière ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et le préfet du Pas-de-Calais a pu, sans méconnaître les dispositions citées au point précédent, refuser à l'intéressée la délivrance d'un titre de séjour. Il y a lieu, pour les mêmes motifs, d'écarter également le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'une erreur de fait au motif que la demande d'asile de Mme A B n'aurait pas été définitivement rejetée.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 juin 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, aux termes desquelles : " Dans toutes les instances qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B est entrée en France de façon irrégulière très récemment, au cours du mois de juillet 2023, accompagnée de trois de ses filles mineures également de nationalité congolaise. La décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer la cellule familiale et ne porte ainsi pas atteinte, en elle-même, à l'intérêt supérieur des enfants mineurs de l'intéressée. En outre, si la scolarité des trois enfants de la requérante présents sur le territoire français, en particulier des deux aînées, scolarisées au collège en classe de troisième et de cinquième, est remarquable, ainsi qu'en témoigne le corps enseignant, il n'est pas démontré que cette scolarité, qui n'a débuté que très récemment en France, ne pourrait se poursuivre en République du Congo où les enfants de Mme A B ont vocation à l'accompagner. Par ailleurs, Mme A B qui, ainsi qu'il a été dit, n'est présente que depuis peu sur le sol national, ne justifie d'aucun lien privé ou familial intense sur le territoire français hormis la présence de ses trois filles. En apportant la preuve de ce qu'elle bénéficie, pour elle et ses enfants, du soutien de la section de Béthune de la confédération syndicale des familles et de ce qu'elle a effectué ponctuellement des missions de bénévolat pour le Secours Populaire, Mme A B ne justifie pas davantage de ce qu'elle serait particulièrement insérée dans la société française. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le moyen tiré de la violation des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté. Il y a également lieu, pour les mêmes motifs, d'écarter le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme A B.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 juin 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais l'a obligée à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :

10. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation, par voie de conséquence, de la décision lui octroyant un délai de départ volontaire de trente jours.

11. En second lieu, aux termes de de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".

12. Compte tenu de la situation personnelle de Mme A B à la date de la décision attaquée telle qu'elle a été exposée au point 8 du présent jugement, le préfet du Pas-de-Calais n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant qu'aucune circonstance particulière ne justifiait que soit octroyé à la requérante un délai de départ supérieur à trente jours.

13. Il résulte de ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 juin 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui a accordé un délai de départ de trente jours.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation, par voie de conséquence, de la décision fixant son pays de destination.

15. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

16. Mme A B soutient qu'elle craint, en cas de retour en République du Congo, d'être exposée à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du fait des accusations portées à l'encontre de son époux par le fils du président de la République. Elle soutient, en particulier, qu'elle a été arrêtée et détenue pendant un mois dans les locaux des services de renseignements intérieurs avant son départ du Congo et a été victime, durant sa détention, de sévices d'une particulière gravité alors qu'elle était enceinte. Toutefois, le compte rendu de l'examen médico-judiciaire auquel elle s'est soumise le 20 novembre 2023 à l'unité médico-judiciaire du centre hospitalier universitaire d'Amiens qui mentionne qu'elle présente des lésions " compatibles avec les faits allégués " ne suffit pas à établir les allégations de la requérante lesquelles ne sont corroborées par aucun autre élément. La demande de protection internationale de l'intéressée a, au demeurant, été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile par un jugement lu en audience publique le 29 avril 2024. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 juin 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a fixé son pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ()". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

19. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Toutefois, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

20. La décision par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a fait interdiction à Mme A B de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et atteste de ce que l'ensemble des critères énoncés par ce dernier article a été pris en compte. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'autorité préfectorale n'était pas tenue de motiver spécifiquement son choix de faire application des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles lui offre la faculté de prendre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français lorsque la mesure d'éloignement prise à l'encontre de l'étranger est assortie d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

21. En dernier lieu, la requérante se prévaut de ce que la décision attaquée la priverait de la possibilité de solliciter un visa pour entrer sur le territoire de l'Union européenne. Toutefois, il demeurera loisible à l'intéressée, une fois la mesure d'éloignement prise à son encontre exécutée, de demander l'abrogation de la décision attaquée ainsi que le prévoit l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et eu égard, en outre, à la situation personnelle de Mme A B telle qu'elle a été exposée au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante doit être écarté.

22. Il résulte de ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 juin 2024 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

23. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'une année. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B, à Me Julie Gommeaux et au préfet du Pas-de-Calais.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La magistrate désignée

Signé

M. VARENNE

La greffière,

Signé

F. LELEU

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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