lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407315 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCHRYVE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024 à 15 h 44, M. B A, représenté par Me Schryve, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en ce qu'il est bénéficiaire de la qualité de réfugié et qu'ayant sollicité le renouvellement de sa carte de résident, désormais arrivée à expiration, il n'a pas été mis en possession d'un récépissé et qu'il s'est vu notifier la suspension de son contrat de travail de technicien pour la maintenance des piscines, le 11 juillet 2024, ce qui place son employeur et la ville de Colombes, qui accueille un centre d'entraînement nautique pour les Jeux Olympiques, dans de grandes difficultés ; il ne perçoit plus en outre, depuis le 3 juillet, de prestations de la caisse d'allocations familiales ;
- le refus d'enregistrer sa demande de carte de résident et de lui délivrer un récépissé alors que son dossier est complet est manifestement illégal et porte une atteinte grave à son droit au respect de sa vie privée et familiale, à sa liberté d'aller et venir et à sa liberté de travailler.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. A, ressortissant laotien, né le 3 avril 1976 et résidant en France depuis l'âge de 4 ans, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié et a été mis en possession d'une carte de résident, valable du 4 avril 2014 au 3 avril 2024. Il en a sollicité le renouvellement le 15 mars puis le 9 avril 2024 et il demande à présent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de constater l'illégalité manifeste dont est entaché le refus de délivrance d'un récépissé de sa demande et d'adresser, en conséquence une injonction en ce sens au préfet du Nord.
3. En distinguant les trois procédures prévues par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles sont subordonnées l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, en extrême urgence, d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.
4. Si M. A se prévaut de l'inertie observée par le préfet s'agissant de la délivrance d'un récépissé de la demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle qu'au demeurant, il n'a, pour la première fois, déposée que quelque jours avant l'expiration de sa durée de validité, et alors d'une part, qu'il a le loisir de saisir le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative afin qu'il prescrive toute mesure utile, et que, d'autre part, se trouvant, en mesure de bénéficier de plein droit d'une carte de séjour du fait de son statut de réfugié de sorte qu'il ne peut faire l'objet d'aucune mesure d'éloignement, les difficultés administratives et financières qu'il invoque s'agissant de la suspension, le 11 juillet 2024, de son contrat de travail, et celle, le 3 juillet 2024, du versement de ses prestations sociales, ne peuvent, en l'état de l'instruction et faute de toute précision sur la situation et des ressources de l'ensemble de son foyer, être regardées comme caractérisant une situation d'urgence suffisant à justifier l'intervention d'une décision du juge des référés dans le très bref délai prévu par l'article L.521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée, y compris sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Schryve et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée, pour information, au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 15 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé
E. Kolbert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026